‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 121 sur 139 · L, 1, 432, note · texte numérisé non relu

L, 1, 432, note

Ainsi, le seul Tableau^ sous les quatre formes qu'il a successivement revêtues, nous ofiFre en raccourci toute une histoire du romantisme de Sainte- Beuve. Nous y voyons le critique, imbu d'abord des idées et des goûts tout classiques, mais dont Fesprit s'est élargi dans le milieu du Globe^ se laisser peu à peu séduire par l'attrait des doctrines nouvelles et par l'amicale autorité du chef du Cénacle. — Bientôt il embrasse ardemment les théories de Victor Hugo. Avec un zèle infatigable, il les prêche; il essaye de les naturaliser en France; il en recherche les lointaines origines nationales ; il fait naître les occasions d'en mettre en lumière tous les mérites ; et, avec un juvénile enthousiasme, il en espère un renouvellement général des lettres françaises. — Et enfin désillusionné, déçu même, il se rabat sur les conquêtes certaines, mais partielles, du romantisme; mais il abandonne sa foi au système: il en revient aux classiques et aux règles classiques, sagement et largement comprises.

Sans doute, tout cela, nous le pouvons savoir par

ailleurs ; mais il est curieux d'en trouver une confirmation nouvelle dans les dififérentes formes d'un seul et même ouvrage, de cet ouvrage par lequel, à vingt-trois ans, avait si brillamment débuté l'illustre critique des Lundis,

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