‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 39 sur 139 · Du 17 février · texte numérisé non relu

Du 17 février

bat, dont on connaît la piété quasi filiale pour Fauteur des Lundis^ songea à défendre la mémoire de son ancien maître. 11 demanda à M. de Spoelberch de Lovenj oui, détenteur actuel des papiers de Sainte- Beuve, de vouloir bien chercher dans ses archives les documents qui pourraient éclaircir la question. Avec sa complaisance coutumière, M. de Lovenjoul lui communiqua un cahier de 24 pages, intitulé Notes sur les Mémoires de Chateaiib?nand et dont les pages 21-22 renferment précisément le passage contesté. M. Troubat, de l'examen de ces notes, conclut qu'elles avaient été prises directement sur le manuscrit; il alléguait comme preuve cette affirmation de Sainte-Beuve lui-même, à propos d'une autre citation : « Je donne le texte tel que je l'ai transcrit en 1834, avant les dernières corrections de l'auteur* » ; et, publiant dans la Revue bleue- le fac-

1. Chateaubriand^ I,p. 316. — Sainte-Beuve ajoute: «Du premier texte, il résultait que ce devait être quelque belle jeune femme, passagère comme lui à bord du navire, qui préoccupait le voyageur... Dans le dernier texte, il suppose que c'est une femme inconnue qui Tenflamme — cette sylphide^ sur le compte de laquelle il met tout ce qu'il ne veut pas préciser. » A ce propos, M. Bertrin écrit, dans sa thèse (p. 41) : « Notons en outre que, lorsque Sainte-Beuve copia cette partie des Mémoires encore manuscrits en 1834, il crut qu'il s'agissait d'une créature réelle, rencontrée sur le vaisseau et dont la grâce et le sourire auraient fait battre le cœur du jeune homme. Or, revenant sur ce passage, l'auteur avait précisé sa pensée de manière à rendre toute confusion impossible. » M. Bertrin admettait donc alors que Sainte- Beuve avait copié le manuscrit ? Il a donc une preuve que Sainte- Beuve a commis une confusion; et il est sûr que les corrections de l'auteur ont précisé^ non modifié sa pensée?

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