‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 78 sur 139 · Tableau (édition définitive, Lemerre), I · texte numérisé non relu

Tableau (édition définitive, Lemerre), I

a trouvé le moyen de parler des vivants ; et pour eux, selon son habitude, il a éprouvé des sentiments successifs et contradictoires.

Puisqu'il a donné du Tableau des éditions différentes, à des époques oii précisément ses opinions sur les théories comme ses sentiments pour les personnes étaient devenus différents, si Ton suit d'un texte à Tautre les modifications qu'il a fait subir à son œuvre, on a chance de mieux connaître les oscillations de sa pensée sur les doctrines et sur les hommes. On le pourra d'autant mieux que, de ses débuts à sa mort, Sainte-Beuve n'a jamais négligé ce livre de jeunesse.

En effet, il n'existe pas moins de quatre textes du Tableau.

D'importants morceaux en ont d'abord paru en articles dans le journal doctrinaire, le Globe. Du 7 juillet 1827 au 30 avril 1828, Sainte-Beuve en a publié ainsi onze chapitres, sous les titres généraux de État de la poésie française à la fin du XF* et au eommencement du XVP siècle d'abord, puis de Poésie française ait XW siècle. Antérieurement déjà, le 14 avril 1827, à propos de l'apparition de Lettres inédites de Malherbe à Peiresc^ il avait imprimé dans le même Globe des pages sur Malherbe qui ont pris place à la fin de cette série. Ce sont, en somme, douze chapitres; et ils forment presque toute la partie du livre qui est consacrée

à la poésie proprement dite, — le thédh^e et le roman étant, dans Touvrage définitif, étudiés chacun à part. Pour la première et la principale des trois parties dont la réunion constitue le Tableau complet, le Globe offre donc un premier texte (G).

Le 19 juillet \ moins de trois mois après le dernier article du Globe, Sainte-Beuve les reprenait tous, les corrigeait et les développait, les refondait enfin dans sa première édition (2 vol. in-8% ii-596 et xxxiv-350 pages, Sautelat, Johanneau et Mesnier). Ces deux volumes, bien qu'ils aient fait quelque bruit, ne s'épuisèrent saijs doute pas vite, car la « deuxième édition », datée de 1838, n'est évidemment que la première doat la couverture et le titre ont été modifiés (Raymond Bocquet, 1838) : non seulement le texte, mais les caractères et le papier en sont tout à fait identiques, et même cette prétendue seconde édition n'a point été annoncée par la Bibliographie de la France, Cette édition, unique sous ses deux noms de « première » et de « seconde », nous présente un second texte (S).

Une édition véritablement seconde ne parut que le 4 mars 1843- (1 vol. in-12, Charpentier, 499 pages). Sainte-Beuve n'avait pas jugé à propos d'y reproduire son second volume :

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