‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 82 sur 139 · L, I, Liv · texte numérisé non relu

L, I, Liv

3. Annoncée le 9 décembre dans la Bibliographie de la France^ avec cette mention : 29 novembre.

les variantes diverses^, suivre en abrégé toute l'histoire de son romantisme.

1. Je néglige ici. comme il est naturel, les corrections peu significatives — les fautes d'impressions supprimées :

Globe. 14 juillet 1827 des genres mêmes de poésie

— les corrections de pure forme:

Globe, 14 juillet 1827 pour en finir de suite avec les

Globe, 4 octobre

Ce concert de louanges dura...

durant cinquante années

Globe, i""^ septembre 1827

Les lauriers d'Athènes et de Rome soulevaient ces jeunes cœurs

Globe^ 29 décembre 1827

Durant la tenue des Grands Jours... (après qu'il vient d'être question de Gilles Durand)

Globe, ibid.

On dirait Lélius et Scipion jouant après avoir ôté leur ceinture

L, I, 4î»i2 des menus genres

pour en finir tout de suite [Cf. encore i73uiet 254,12.]

L, I, 11$, 17 pendant cinquante

L, I, 82,10 enleifaient ces jeunes cœurs

Pendant la tenue

L, I, 226,11 dénoué leur ceinture

— les innombrables additions de faits de détail ; ou les modifications apportées au texte primitif pour le rendre plus exact; ou les atténuations nombreuses de phrases trop absolues:

La croisade des Albigeois. . . tout en ruinant la brillante patrie des troubadours, dut contribuer à enrichir les trouvères de quelque portion de leur héritage

L, 1, 12,8 dut contribuer, ce semble^ à..

Mais, pour tirer de ces variantes tout renseignement qu'elles peuvent offrir, il importe de savoir

On conçoit même que, loin d'étouffer la poésie, elles (les guerres franco-anglaises) durent maintes fois la provoquer, en lui prêtant une noble matière

S, p. 4 Il y a peut-être bien moins de fiction qu'on ne pense dans le recueil attribué à Clotilde de Surville

Globe, 14 juillet 1827 Marot traduit même asse:{ fréquemment ce dernier (Martial)

Globe, ibid.

Quant à l'alexandrin, l'idée ne lui vient jamais d'y recourir

Globe, 4 août 1827 en sa qualité d'aumônier du roi Henri II, il ne put se dispenser, pour plaire à la reine

Globe^ 1" septembre 1827 Louis Le Roy se rendit célèbre par ses traductions

GlobCi 20 septembre 1827 Rabelais, qui était avec du Bellay du voyage d'Italie

S, p. 164 une satire dans laquelle Vauquelin conseille l'étude à son fils Désiveteaux

S, p. 212 Quelques esprits puissants mais bigarres... s^égaraient...

L, I, 13,6 elles auraient dû

L, I, I?,i9 On se prend à regretter que, sentiment et forme, tout soit fiction dans les poésies de Clotilde de Surville

L, I, 51,6 Il traduit même ce dernier

L, I, 56,8 ne lui vient presque jamais

L, I, 62,15 aumônier du dauphin, depuis roi Henri II, il ne put se dispenser, pour plaire à la future reine

L, I, 8i,i6 se préparait à devenir célèbre

L, I, 99,6 qui, vingt ans avant du Bellay^ faisait le voyage

à l'un de ses fils, qui n'est pas des Yveteaux

L, 1,284,7 esprits aussi impuissants que bigarres

Pourtant, de ces variantes, des dernières surtout, on peut tirer deux petites conclusions.

Sainte-Beuve écrit dans V Avertissement de l'édition de 1843 :

comment Sainte-Beuve a abordé son entreprise et Ta ensuite continuée.

<i. Ce livre a été mon début en littérature ; quand je F ai commencé, fêtais étudiant en médecine et f avais vingt-trois ans. Voilà mon excuse pour les incertitudes et les ignorances des premières pages. Ce que je savais le moins, c'était mon commencement. T avais bien en général Vinstinct et le goût de Vexactitude ; je n'en avais ni la méthode ni surtout ces scrupules continuels qui en sont la garantie et qui ne viennent qu'avec le temps, après les fautes commises ». Il est ici trop modeste : on est frappé au contraire de voir, dès le début, entre les articles du GZoôe et l'édition de 1828, les scrupules d'exactitude dont il est rempli et le souci de vérifier qui le tient, — à plus forte raison entre celles de 1828 et de 1843 et même entre celle de 1843 et la dernière.

D'autre part, on remarquera comment, pour corriger une idée ou supprimer une erreur, il se borne souvent à intercaler un seul mot (atténuation : peut-être, ce semble ;négaXioTi pure : ne. ..pas), sans rien changer au reste de la phrase. Ce trait ne révèle-t-il pas un homme peu capable d'improvisation, un peu dominé par ce qu'il a luimême écrit, et à l'esprit duquel une idée (même sensiblement modifiée) revient volontiers sous la forme qu'il lui a une première fois donnée? Et c'est ainsi qu'on expliquerait comment il a toujours plus lu que parlé ses cours mêmes (Cf. Michaut, Sainte-Beuve avant les Lundis, chap. xii).

Brillant élève de Finstitution Blériot à Boulognesur-Mer, du Collège Charlemagnei et du collège Bourbon; lauréat des concours généraux, et auteur de nombreux discours français et latins que ses maîtres recueillirent comme des modèles^ ; lecteur enthousiaste des poètes contemporains, Delavigne ou Lamartine, Sainte-Beuve devait naturellement être tenté de se Vouer aux lettres 2. Il le fut en effet, mais il résista à Tattrait qu'elles exerçaient sur lui. « La raison de Joseph Delorme, dit-il dans la Vie de son premier héros, fortifiée dès Tenfance par des habitudes sérieuses et soutenue d'une immense curiosité scientifique, s'éleva d'elle-même contre les inclinations du poète pour les dompter. Elle lui parla l'austère langage d'un père, lui

1. Voir Pierrot, Recueil de discours, narrations, lettres, lieux communs, développements historiques, etc., composés par les élèves de V Université modeime, suivi d'un choix de vers latins (Hachette i iii-8% 1831). Il y a 25 discours français et 27 discours latins de Sainte-Beuve. — Cf. G. Michaut, Sainte-Beuve avant les Lundis, p. 586 et 588.

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