‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 83 sur 139 · Michaut, Sainte-Beuve avant les Lundis, chap. ii · texte numérisé non relu

Michaut, Sainte-Beuve avant les Lundis, chap. ii

représenta les illusions de la gloire, les vanités de l'imagination, sa propre condition si médiocre et si précaire, l'incertitude des temps, et, de toutes parts autour de lui, des menaces de révolutions nouvelles. Que faire d'une lyre en ces jours d'orage? La lyre fut brisée ^ » Et l'on sait bien que Joseph Delorme, c'est lui-même. Au sortir des classes, en effet, contraint par la nécessité de gagner sa vie, curieux d'ailleurs d'histoire naturelle et de physiologie, entraîné enlin par les avis d'une mère soucieuse de l'avenir, il entra à l'Ecole de Médecine. Mais il souffrit beaucoup de cette contrainte. Naturellement sombre-, attristé encore par les mornes et stoïques doctrines auxquelles il s'était attaché avec un âpre fanatisme, affligé par le spectacle quotidien des infirmités et des douleurs humaines que lui présentait l'hôpital, il éprouva d'amers découragements.

Un jour, par hasard probablement et sans autre intention que d'épancher sa peine, il en fit la confidence à son ancien maître du collège Gharlemagne, M. Dubois. Le fondateur du Globe en fut touché. 11 essaya de calmer le désespoir du jeune étudiant; il l'exhorta à persévérer dans des travaux qui lui assureraient une carrière honorable et sûre; mais,

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