‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 92 sur 139 · Lundis, W · texte numérisé non relu

Lundis, W

essais, il n'en connaissait point ; quant à ses maîtres du Glohe, « vraiment maîtres en fait d'histoire ou de philosophie », il les savait trop peu compétents «en matière d'élégie * ». Isolé et timide, il hésitait à se lancer. Ce qu'il lui aurait fallu, c'eût été l'occasion d'essayer ses forces dans un genre intermédiaire entre le modeste compte rendu et la poésie ; c'eût été un sujet qui à la fois fit connaître son nom et lui aidât à parfaire son talent. Fort à propos, l'Académie française lui présenta l'un et l'autre. En août 1826, elle mit au concours des prix d'éloquence un Discours sur rhistoire de la langue et de la littérature françaises depuis les commencements du XK/° siècle jusqu'en 1610. Le compatriote de Sainte-Beuve, Daunou, que le jeune homme avait beaucoup connu dès l'année 1819 2, l'exhorta à tenter la chance et lui offrit même les secours de son érudition.

Ainsi encouragé, Sainte-Beuve « se mit à l'œuvre. D'abord il ne songeait qu'à remplir le programme de l'Académie. Mais, avant de faire un Discours sur l'histoire de notre littérature à cette époque, il sentit le besoin de connaître cette littérature ^ ». Comme son sujet le demandait, et comme sa nature d'esprit l'y inclinait, il commença « naturelle-

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