L A N C I E N II U G O
mi orgue, ni chez Musset, qui est un oiseau. I/orguc n'a jamais contenu que du vent, quoique parfois ce fût un beau vent. L'oiseau n'est jamais sorti de sa cage, encore qu'il s'y soit fort ennuyé à chanter sa chanson convenue*; jamais il n'a essaye d'un coup d'aile contre le fd de laiton qui le tenait ignominieusement captif. Il y serait resté cent ans à rossignolcr tout ce que le sansonnet de Lélia pouvait avoir de tendresse dans le cœur et de philosophie dans le cerveau. M. Hugo est plein de feu, de sang et de larmes. Il se sent vivre et se sent mourir. Il est attaqué, il combat; il est non pas en querelle, mais en guerre avec lui-même. Il prend l'énigme au sérieux; il va au sphinx, il l'interroge parmi les débris de ceux qui furent dévorés.
Il a été vaincu. A-t-il su le mot de l'énigme? A notre avis, il ne l'a jjas voulu savoir. Comme tous ceux qui ont péri, probablement (Dieu connaît ce secret), au moment de vaincre, il a préféré la défaite. Quiconque voudra l'étudier le plaindra. Il est plus vaincu que d'autres, parce qu'il pouvait mieux vaincre. Les ossements qu'il a laissés sont d'un géant.
L'âme en vivant s'altère ; et quoiqu'on toute chose La fin soit transparente et laisse voir la cause, On vieillit sous le A'ice et l'erreur abattu ; A force de marcher, l'homme erre, l'esprit doute.