‹ Études sur Victor Hugo. Introduction, notes et appendicesChapitre 37 sur 57 · L HOMME MODERNE · texte numérisé non relu

L HOMME MODERNE

Tous laissent quelque chose aux buissons de la route : Les troupeaux leur toison, et l'homme sa vertu!

Va pi"ier pour ton père ! — Afin que je sois digne Do voir passer en rêve un ange au vol de cygne, Pour que mon âme brûle avec les encensoirs ! Efface mes péchés sous ton souffle candide, Afin que mon cœur soit innocent et splendide Comme un pavé d'autel qu'on lave tous les soirs.

Tout le monde, excepté lui peut-être aujourd'hui, connaît ce noble poème. On n'y trouve à reprendre qu'une sorte d'excès, non dans la charité, où l'excès n'est pas possible, mais dans son expression. Or, pour ramener nos réflexions aux préoccupatious du moment, voici l'écho politique de la pensée chrétienne dont le poète était alors rempli, voici l'influence de cette pensée sur l'âme du ci-, toyen. C'est encore une prière :

O Dieu! si vous avez la France sous vos ailes. Ne souffrez pas. Seigneur, ces luttes éternelles ; Ces trônes qu'on élève et qu'on brise en courant; Ce noir torrent de lois, de passions, d'idées. Qui répand sur les mœurs ses vagues débordées ; Ces tribuns opposant, lorsqu'on les réunit. Une cliarte de plâtre au.\ abus de granit; Ces flux et ces reflux de l'onde contre l'onde ; Cette guerre toujours plus sombre et plus profonde Des partis au pouvoir, du pouvoir aux partis ; L'aversion des grands qui ronge les petits ;

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