IMITATION DES CUPULES PAR LES GAZ DE U POUDRE
suffire assez rapidement à leur dégagement. C'est ce qu'indiquent les figures ci-jointes.
La figure 225 représente le robinet, avant la déflagration, Dvec l'évidement intérieur indiqué par un ponctué. Les ligures 226 et 227 montrent ce même robinet, après la déflagration, et présentant, sur la partie qui n'a pas été emportée par les gaz, des effets évidents d'érosion ; sur la figure '226 le robinet occupe la même position que sur la figure 225, tandis que, sur la figure 227, on l'a tourné de 90 degrés sur la première position, de manière à montrer la cavité 0 que les gaz y ont perforée.
Ce sont des effets comparables, pour l'énergie, l'instanta* iiéité et la nature, à ceux que l'on constate quelquefois sur le trajet de la foudre ou d'une forte étincelle électrique. Les érosions s'arrêtent à peu près aux deux orifices d'écoulement. Elles n'ont pu être produites que par les gaz incandescents qui, poussés par une pression intérieure de plus de 1500 atmosphères, se sont précipités par la seule ouverture pouvant leur servir de passage, ouverture qui était extrêmement étroite. Leur vitesse devait donc être très grande et de Tordre de celle d'un projectile sortant de la bouche à feu, qui est normalement de 400 à 450 mètres par seconde.
C'est ainsi que les gaz ont d'abord fondu l'acier, puis qu'ils ont immédiatement arraché et emporté cet acier fondu, à l'étal de division extrême, exactement comme on le voit pour l'eau dans les appareils bien connus sous le nom de pulcémateurs (fig. 223). En effet, les personnes présentes perçurent immédiatement, à la gorge, une sensation caractéristique, qui dénotait la présence du fer répandu dans l'air de la chambre. De plus, on reconnut que ces mêmes gaz avaient projeté sur un écran voisin N, que le jet venait de frapper perpendiculairement, une poussière noire, magnétique et aussi impalpable que le produit d'une volatilisation.
eu CnniS aiiCTÉRtSnOCES WS lÊTfOMTES.
La formation d*ane telle poussière devra être prise en ô>iisidêraUon, dans les expériences faites, sous des pres- ^:>'QS du même ordre, en Tue de liquéfier les gaz les moins ct»rroil»l«*s.
L>rH]u*il n*Ta aucune fuite degax, Feitrémilé intérieure •rj r>I*:nel dont il s*agit n'est aucunement attaquée, non \ 1t35 que les parois de la chambre d*acier ; la pointe conique 'il r/r inel, bien qu'elle participe a la capacité dans laquelle u^'::l:^u^tion se produit, conserre toute son acuité, même a.r^.-s un*? série d'opérations.
Vzi fjlt analogue s*est produit, par accident, lors d*ex[iêrir' -'«es exécutées dans une éprouvette de forme diftérenlcd»* li zrrsi^re- Tne pièce, destinée a Tobturatiou, ayant laissé
^r-:«- »r.-<i*ni>fl« 6k fm f«elje Anail rctmir. Ob luit it<^ » .uns iiwntfiMrYS «• 4» <«p«lcs 4*air.
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irqaen on siUon pn>luiid. f<*-^>' Des traînées sn!rufr«. jasr^ i* il 1 lois 1 i.
r^l' . :'-:r in^^ c^i, fut profondément corrodée par eux *. Bien
: ,r: 1-ur iviia ait été instantanée, on peut voir sur la figure
iî> li :.5;c«5'^l::n des sillons qui y ont été excavés. Ici, Tac-
:..c ::. n:>:ue5e trahit par des traînées d*un sulfure jaune
•: ^ ;.:... c rî ra>ç^*t rappelle la pyrite de cuivre.
î i.Vvrî avev* le fait précédent, un tel contraste montre
./•-.- »-.< ^:ii fortement comprimés agissent dilTéreni-
- :. <*:l:a cuTi> rv^stent emprisonnés par une obturation ^•-" ;\:r^, tut ea étant animés de tourbillonnements n-
- -t^ ■- u qu i-> sWhapi^enl, avec une grande vitesse, suivant ^ ..^ ; -vvt'.îi iK'ierminée. Dans ce second cas, leurs parti-
:if o-s j »*<o- ' ^
M ^ or ùu àl. Vkillr- inçrnimr des fcoi'ns tî ssif iIm».
UlTATION DES CUPDLES PAR LES GAZ DE LA PODDRE. 645
cules chaudes se succèdent, dans un instant très court, sur chaque point du corps, qui est exposé à leur rrollement et à leur action destructive. Ils accumulent ainsi sur lui leur chaleur, au point de produire la fusion-, puis, ils emportent mécaniquement le métal, aussitôt qu'il est fondu, à l'état de poussière impalpable. A cet état excessivement divisé, le métal, qui est particulièrement apte à se combiner avec les corps ambiants, se sulfure immédiatement. Dans ce phénomène, qui se passe en une fraction de seconde, nous voyons : d'une part, de l'acier trempé de première qualité.
ïi(. ÏÎ9. — Lumière d'an cincm profonJéident corrodée préieiiWnt une ttria d'ttCaailltaiea I allongé! dui 1 l'action des gài de la iMudre. Le double trait poiolillé repi-ëeente la diamètre prlmilir. — CraDdeur iHiurelIc.
corrodé, suivant des sillons profonds et sinueux ; d'autre part, une abondante poussière métallique projetée, à l'état incandescent, dans l'atmosphère.
De même, l'eau est douée dans les régions profondes et chaudes du globe, par exemple, dans les réservoirs volcaniques, d'une forte pression. La pression de celle qui force la lave à monter jusqu'au sommet de l'Etna, à plus de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, dépasse certainement 1000 atmosphères, comme t'a montré Élie de Beaumont. Elle est donc tout à fait comparable à la tension qui se développe dans la chambre où ont été faites les expériences. Lorsque, sous un effort pareil, l'eau s'échappe vers la surface, par des fissures étroites, elle doit apporter diverses sub-
CWraiS (UlUCTËRISnQDES DES HfirtORTIES.
t étinilr BObllf i-MM <
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stancesà un état de pulvérisation qui simule également la volatilisation. C'est une circonstance dont il convient sans doute, de tenir compte, notamment puur le remplissage des filons métallifères, et peut-être aussi pour l'origine de certains minéraui fixes, silicates et autres, déposés dans les cavités des massifs volcaniques, et paraissant y avoir été apportés par sublimation.
Sans recourir à des expériences spéciales, on est témoin, dans le tir des pièces d'artillerie, d'érosions analogues, produites aussi par l'écoulement des gaz comprimés.
Fig. Kl. — Croquii dondanl li cogpe ton^IndiiiilE de la culaue d'un ciinan, pour monlrcr la •itnilion relalindc la lile mobile cl de l'ima de la pièce, dini laquelle les gai prennenl naisincc. T, Ute mobilej V, V, tii de feimeture de la culasse; R, H, nmdelln abluralrica; C, C, parois de la calasse, qui est rearorcée par <les freltcs ; H, maniielle serrant à outrir et i lenncr la culasse; A, posilion delu gargousse daDsTlme de la pièce.
La figure 229 représente la lumière d'un canon, dont le diamètre a été augmenté de toute la distance comprise entre les traits pointillés et la paroi actuelle qui est devenue irrégulière et caverneuse.
Sur la figure 250, qui représente la lumière mobile d'un canon, du système actuellement employé dans l'artillerie française, on voit, dans le canal de mise à feu, des érosions
48 CUPULES CiRACTÉRISTlQUS DES MÉTÉORnES.
encore plus profondes et présentant le même caractère d'affouillements allongés. La figure 251 montre la situation de cette lumière, par rapport à l'âme de la pièce où les gaz prennent naissance.
•r Je 1 mêler, A praaJaihé 4es — gftiee« czpeséct à
— Si Ton coupe des lingots obtenus au moyen de la fusion de Facier dans les gaz comprimés de la poudre* que Ton polisse la section et qu'on la traite par un acide faible, on remarque que cet acier n'a pas une texture uniforme. Les parties voisines de la surface se dessinent nettement par une teinte particulière, suivant une
F ^ SS. ~ tut fmtxmSàer et rwîer. à proximité des sorfaces cxposccs à racUon de b pouire
^ Ta fondm. GroBîasemail de deox fois.
lisière étroite ^fig. 232). Cette différence donne Tidée d'une scrte de trempe qui correspondait à un refroidissement trè^ rxj ïde de la partie superficielle. Cependant une action ichiaiiqueexercée par lemilieuambîanty contribue peul-èlre.
Les fracments d*acier non fondus, produits avec les gaz de la ihnamite, présentent un fait semblable : l'acide y fait n:s^>r!ir« sur une section polie, une lisière qui suit les i\ r.î^ur? et qui est particulièrement nette vers le fond des c;:; uIt?s et sur les parties saillantes.
Les fers météoriques, si Ton en examine des tranclies qui ^ terminent à leurs surfaces naturelles^ offrent également ;:::e K^rviure- Comme exemple remarquable de cette dispos:::v^a. je me bornvai à citer ici un fer météorique du
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Chili, donné au Muséum par M. Domeyko, ^ns indication exacte de la provenance, et dont la surface est caractérisée à la fois par des cupules et par une croûte : cette bordure y est très nette, quoique n'atteignant pas un demi-millimètre d'épaisseur.
^5. — Expériences faites avec les gaz produits par i/explosion
de la dynamite.
Capolcs prodaites sar des prlnnes d*mcler. LoPS dcS expériences résumées précédemment, dont le but était de déterminer la rupture de masses d'acier, par l'explosion de la dynamite, je constatai, de toutes parts, la production de cupules sur les surfaces directement exposées aux gaz produits par l'explosion. Elles sont du même genre que celles obtenues antérieurement au moyen des gaz de la poudre, mais elles sont encore plus caractérisées. Ces cupules (fig. 233 à 241), dont quelques-unes atteignent 15 à 18 millimètres de diamètre et 4 à 5 millimètres de profondeur, présentent, dans la configuration de leurs parois, une série de surfaces sphéroïdales qui s'entrecoupent et qui paraissent correspondre à autant de centres d'action gyratoire. C'est comme la contre-empreinte, en creux, de certains groupes de bulles gazeuses qui apparaissent à la surface des liquides dont elles se dégagent. Elles rappellent aussi, mais également en creux, la configuration de divers minéraux mamelonnés, tels que la calcédoine ou l'hématite ^
Souvent ces cupules se sont elles-mêmes groupées et alignées, comme les anneaux d'une même chaîne, sur plusieurs
* Lorsque des gouttes de pluie tombent sur de l'argile, elles produisent également àes cupules, d'une forme rappelant bien celle dont il s'agit.