ORIGINE DES POUSSIÈRES COSMIQUES
ment de la même manière que ceux dont il vient d'être question, comme étant suivis de la découverte de météorites. Même incandescence; détonations multiples et tout à fait semblables, à la suite desquelles ils éclatent en fragments plus petits; traînées lumineuses laissées à leur suite; appa«* rition habituelle de nuages qui, après avoir perdu leur incandescence première, persistent quelque temps après la disparition du météore, souvent pendant plusieurs minutes, parfois même pendant plusieurs heures.
Toutefois, en raison de l'intérêt considérable que présentent les météorites, particulièrement pour les minéralogistes et les géologues, il peut convenir de distinguer les bolides, selon que Ton a trouvé, à la suite de leur apparition, des blocs solides lancés à la surface du sol, ou qu'on n'en a pas rencontrés. Pour abréger et éviter une périphrase, les premiers pourraient être désignés sous le nom de bolides phanérolithes et les autres sous le nom de bolides adélo» lilhes *.
Mais, il importe de le remarquer, cette séparation ne parait reposer que sur un fait fortuit. Lorsque des pierres d'aussi petites dimensions que les météorites arrivent des espaces célestes sur le sol, les plus grandes chances sont évidemment pour qu'elles se perdent, soit qu'elles tombent dans la mer ou dans des régions inhabitées, soit que, tombant dans des pays habités, elles s'enfouissent dans le sol, sans avoir eu, à une très-courte distance, de témoins qui puissent les découvrir. Ce n'est donc que dans des cas réellement exceptionnels que les masses solides, connues sous le nom de météorites j sont recueillies. Toutefois, d'après les traits multiples de ressemblance que présente leur apparition, les
> D'après deux racines connues des géologues, qui correspondent à la signiûcatioa 'les mots : apparent et »ioii apparent.
691 APPUGATiOHS DES EXPÉRIENCES.
bolides phanérolithes et les bolides adélolithcs appartiennent très-probablement à un même phénomène.
Pour montrer que la ressemblance entre les uns et les autres s'applique particulièrement à la formation des fumées qui nous occupe, il est utile de citer encore quelques exemples.
Ainsi un bolide, observé le 26 mai 1863, en Algérie , aux environs d*Âumale^ par un ciel pur, laissa dans les hautes régions de l'atmosphère, après cinq ou six violentes détonations, un nuage qui prit toutes sortes de couleurs et de formes les plus bizarres^ et d'où il tomba des boules de feu. Un autre bolide, qui apparut, le 11 novembre 1864, produisit, selon M. Boisse, une traînée d'étincelles lumineuses, qui persista plus de cinq minutes, en passant par le rougeblanc et difTérentes nuances; puis un nuage rougeâtre, parfaitement distinct, occupa 12 à 15 degrés de longueur sur 1 à 2 degrés de largeur. Un observateur d'Âgen, M. Bourrière, témoin du bolide qui, le 19 mai de cette même année, amena les météorites d'Orgueil, le rapproche de ce dernier. Ces deux bolides furent aperçus jusqu'aux environs de Paris.
En décrivant le bolide observé le 31 août 1872, aux environs de Rome, le P. Secchi* dit qu'il laissa derrière lui une traînée lumineuse, semblable à une fumée ou à un nuage éclairé par le Soleil, qui cependant n'était pas encore levé. U disparut en lançant des traita enflammés ; trois ou quatre minutes après, une détonation épouvantable se fit entendre, puis la traînée lumineuse laissée par le bolide, d'abord droite et rectiligne, se dilata, se contourna en forme de serpent, jusqu'à ce que, doute ou quinze minutes après, elle s'évanouit comme un nuage.
• OMiUrt rmiTiis, t. UX, p. 831.
* Ci^i^eê rriHliis, t. LXIV, p. 656.