‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 137 sur 184 · ORIGINE DES POUSSIÈRES COSMIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES POUSSIÈRES COSMIQUES

rite. En pénétrant à proiîmilé de certaines fissures capillaires, ils ont flambé une partie de la masse et ont contribué à la formation des marbrures foncées dont il s'agit.

g 5. APPUUnOEf A LA FORHATION DES POUSSIÈRES COSMIQUES.

— Un fait essentiel de l'apparition des bolides trouve aussi

obiErTé à QucDggouk (tegou) le 37 décembre iBoT, d'apréi le diula d'un Umoin ocnlilre, le lieulenuit AiltEbarj : le phénomène eil rcprt^scnté gu mominC dg l'explosion,

une imitation dans ces mêmes expériences. Je veux parler de cette sorte de fumée ou vapeur, intense et très étendue, qui succède, en général, à l'apparition de la masse lumineuse (fig. 256). L'incandescence, qui n'est que de courte durée, est très-fréquemment suivie d'une traînée, d'abord lumineuse, puis obscure, à la manière de ce que l'on observe journellement à la suite de la combustion d'une pièce d'ar-

690 APPUGâTKHI DES EXPÊRIEIfGES.

tifice. Cette traînée, qui souvent p^siste pendant un temps assez long, marque et conserve la disposition de la trajectoire : elle prend la place du sillon lumineux. Selon toute probabilité, lors de Tincandescence du bolide, il s*en détache, à divers états, des parcelles qui restent en suspension dans les hautes régions de l'atmosphère, jusqu'à ce que les courants aériens arrivent à les disperser.

Pour montrer que le fait est loin d'être accidentel et pour préciser lescirconstàncesqui raccompagnent,il eslnécessaire de rappeler quelques exemples. Nous choisirons ceux qui ont été l'objet d'observations exactes, d*abord parmi le> bolides auxquels correspond la trouvaille de météorites, puis parmi ceux à la suite desquels aucune chute de cette nature n'a été constatée.

Lors de la chute des météorites qui eut lieu, le 24 juillet 1790, à JulliacetBarbotan, près de Roquefort, département des Landes, il apparut un grand météore, et un petit nuage blanchâtre persista à la place où le bolide éclata ^

La chute de Laigle du 26 mai 1805, d'après la narration circonstanciée de Biot, s'annonça par un globe enflammé accompagné d'une explosion violente qui dura cinq à six miaules : c'était d'abord comme quatre coups de canon, puis une décharige ressemblant à une fusillade ; c Ce bruit partait d\m petit nuage très-élevé et de forme rectangulaire; il parût immobile tout le temps que dura le phénomène : seulement les vapeurs qui le composaient s'écartaient momenlanément de divers côtés, par Teflet des explosions succès*

^ws.*»

Au moment de la chute de météorites du 22 mars lS4i, fil à Grùnebei^, en Silésie, on vit, après de violenter lions, apparaître un nuage blanc.

• r«?c^ V. Kauiiiii, pratescnr à Pan.

• ri-«^:<Mi .cr"»** par ordre ée ITistital, an XI, p. i$.

ORIGINES mS POUSSIÈRES COSMIQUES. 69i

Dé même, un excellent observateur, M. Boissé, signale un nuage lumineux, d*une nature étrange, que laissa, après avoir disparu, le bolide apportant, le 21 octobre 1844. les météorites deFavars (Àveyron)*.

Avant Texplosion du bolide, auquel nous sommes redevables des aérolilhes tombés à Âusson etàClarac, près de Montréjeau (Haute-Garonne), on vit un jet considérable de fumée et de feu se dégager du noyau, avec quelques étincelles. Un nuage de vapeur blanchâtre se forma au centre d'explosion, et une traînée des mêmes vapeurs persista, avec ce nuage, sur toute la ligne suivie par le météore*.

Le bolide qui, le 14 mai 1865, apporta les météorites charbonneuses aux environs d'OrgueiP (Tarn-et-Garonne), se divisa en trois globes lumineux ou, selon un témoin, s'ouvrit en une gerbes d'étincelles, comme un bouquet de fusées; puis il laissa derrière lui une traînée, d'abord lumineuse, qui se transforma en une nébulosité persistante d'une durée de S à 10 minutes. D'après un autre observateur, le même bolide éclata comme un bouquet d'artifice et se divisa en une poussière élincelante, puis forma un nuage blanc, d'une durée de huit à dix minutes. C'était une traînée blanche, ressemblant à de petits nuages cotonneux , laissés sur la trace du météore.

Un petit nuage noir, d'où partit l'explosion, apparut également lors de la chute des milliers de pierres qui tombèrent, le 9 juin 1866, en Hongrie, aux environs de Knyahinya.

Un météore qui lança, le 7 septembre, 1868, des météorites à Sauguis-Saint-Étienne, près de Hauléon (Basses-Pyrénées), avait Tapparence d'une boule incandescente : avant de dis-

< Mémoires de la Société de CAveyron, 1845, p. .410.

* Comptée rendue, t. XLVU, p. 1034.

> Comptes rendus, t. LYIII, p. 010, 035 et 0C8.

692 APPLICATION DES EIPÉRIENŒS.

paraître, il éclata et projeta des fragments enflammés, laissant à sa place un léger nuage blanchâtre qui persista quelque temps*.

Les indigènes qui furent témoins, le 16 août 1875, d'une chute de météorites près de I^ Galle, en Algérie, virent, à la suite d'un bruit violent, comme un coup de tonnerre, une traînée de fumée noirâtre, au milieu de laquelle ils distinguèrent une clarté éblouissante qui se dirigeait vers la terre *.

Il s'est agi jusqu'à présent de chutes de météorites pierreuses, c'est-à-dire de celles qui ne renferment le fer qu'en grains isolés, au milieu de silicates.

Mais la même sorte de fumée d'apparence opaque a été particulièrement bien observée pendant deux chutes de for précitées, survenues depuis un siècle, et dont il reste des témoignages parfaitement authentiques.

Lors de la chute de Tholosidère de Hraschina, près d'Agrani (26 mai 1751), on aperçut, au moment de l'explosion, un nuage noir qui persista, dit-on, pendant trois heures et demie après la chute \

Au moment de la chute de fer de Braunau, en Hongrie, qui eut lieu le 14 juillet 1847, beaucoup de personnes, averties par deux violentes détonations, remarquèrent un petit nuage noir, qui s'établit horizontalement, avec acconi|uignement de violentes détonations; deux globes de feu, qui tombèrent sur le sol, sortirent de ce nuage qui devint gris, puis se dissipa ^.

Beaucoup de bolides, à la suite desquels on n*a pas trouvé de pierres lancées à la surface du sol, se présentent exacte-

• Ompiet rendus, t. LXYII, p. 873.

< Compie* irNf/MS, t. LXXXIV, p. 71.

» Kesselme^er, ouvrage précité, p. 25.

* UoiuorI, Lconhard$ Jahrbuch, 1848, p. 729.

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