‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 145 sur 184 · I. - kodwr bolr de frii (t*d ÉijfUMsretluï^^iUiRfts et b · texte numérisé non relu

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bien tranchées et planes, prise d'abord dans la carrière dite de la Montagne de Paris , a montré, non seulement que les diaclases principales du calcaire sont parallèles entre elles, avec quelques écarts, mais aussi qu'elles sont parallèles à celles du grès.

Des mesures prises dans d'autres cantons, dans les carrières du Mont-Aigu, du Mail Henri IV, du Mont-Merle et des Ventes -Bourbon ont donné le même résultat, ainsi que le montre le tableau.

Il est à remarquer que les diaclases les plus nettes du calcaire s'arrêtent brusquement, en arrivant à la couche de marne à laquelle elles sont superposées. Ce fait, qui a déjà été observe ailleurs, explique les étranglements et arrêts brusques que présentent les gîtes métallifères, dans des conditions analogues.

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Diacioies du cakaire inférieur (Brie) . — Le calcaire inférieur présente des diaclases remarquables par leur netteté et par leur régularité. Dans les carrières de Souppes, qui fournissent beaucoup de pierres de taille, des diaclases verticales coupent toutes les couches, y compris les masses fragmentaires, désignées sous le nom de tuf, qui supportent immédiatement la terre végétale.

Les plus apparentes de ces diaclases, qui se prolongent dans toute Tétendue des carrières, sur 100 ou 200 mètres, servent ordinairement de front-de- taille.

Leur tendance au parallélisme est manifeste ; dans Tune des carrières principales, elles se dirigent en moyenne N. 124* £. ; dans la carrière voisine, distante de moins de 200 mètres, la direction moyenne est N. 134* E.

D'autres diaclases coupent à peu près perpendiculairement les premières; leur direction, qui parait moins constante, a été trouvée en movenne N. 27* E.

L'analogie des termes que les carriers emploient pour distinguer ces deux sortes de diaclases (fils en long^ fils en travers) ^ rappelle la similitude de leurs dispositions avec les diaclases du grès, malgré la différence des roches. On observe cependant cette différence que les diaclases sont plus rapprochées dans le calcaire que dans le grès.

Il est rare qu'on puisse marcher perpendiculairement à une diaclase principale, sur plus de 2 ou 3 mètres, sans en rencontrer d'autres parallèles ; quelquefois même elles ne sont distantes que de quelques décimètres, laissant entre elles des placages, ou plaquis de rochers, suivant le terme des ouvriers. Quant aux diaclases transversales, elles sont ordinairement plus éloignées (10 à 15 mètres), et par conséquent moins nombreuses.

Considérées tant en plan qu'en coupe verticale, les diaclases présentent des inflexions fréquentes et simulent tout à

fait des failles par leurs formes, ainsi que par la vi?acité de leurs cassures. Parfois même, leurs parois paraissent présenter des stries horizontales, comme si un mouvement relatif dans ce sens les avait fait frotter Tune contre Tautre.

Observations sur Forigine des diadases. — La cassure, suivant des faces planes bien régulières, que Ton connaît dans les pavés de Fontainebleau, se fait indifféremment suivant toutes les directions, aussi bien obliquement que parallèlement aux diaclases. Celles-ci ne peuvent donc avoir leur cause dans une prédisposition originelle de la masse.

Elles présentent d'ailleurs le même régime que le banc soit à ciment calcaire ou à ciment siliceux.

Le tableau précédent fait bien ressortir Texistence, pour chacun des deux svstèmes de diaclases, d'une direction moyenne bien définie, qui est N. 105*Ë., pour le système A du grès et N. 102* E. pour le même système dans le calcaire de Beauce. Dans l'un et l'autre de ces deux terrains, la movenne du système B est N. 12* E., c'est-à-dire, très approximativement perpendiculaire à la moyenne du premier système.

On voit, en outre, que les écarts, en plus ou en moins, de nos observations, dont le nombre dépasse 500, sont, en général, beaucoup plus faibles qu'on n'aurait pu le prévoir, en voyant les inflexions et les irrégularités de chaque casure considérée séparément.

D'après la constance de direction qui règne sur de grandes étendues, les diaclases du grès, danslaforêtde Fontainebleau, ne peuvent être considérées comme des effets de retrait. Cette conclusion serait confirmée, s'il était nécessaire, par la persistance de la même direction dans les couches de calcaire voisines du grès, qui se montre ainsi indépendante de la nature minéralogîque de la roche.

De même que les failles dont elles offrent les caractères

de parallélisme, ces diaclases ne peuvent résulter que d'actions mécaniques exercées extérieurement aux massifs, et qui se sont produites, soit lorsque ces masses ont été portées au-dessus du niveau de la nappe d'eau sous laquelle elles ont été déposées, soit dans des mouvements ou tassements ultérieurs. C*est, en un mot, un système de cassures semblables, pour la disposition et pour Torigine, à celles que I on peut obtenir artificiellement dans une plaque par une faible torsion. De part et d'autre, les irrégularités sont de même nature.

La circonstance que, dans la nature, les diaclases d'un des systèmes sont souvent arrêtées par celles du système principal, n'empêche pas de supposer qu'elles sont contemporaines, peut-être à quelques instants près. C'est ce qu'expliquent aussi les expériences, comme on l'a vu plus hautS

Relation des diaclases avec certains traits du relief du soi — Les collines alongées et alignées à peu près parallèlement entre elles, qui accidentent le relief de la forêt de Fontainebleau, sont bien connues, et de Sénarmont, dans son excellente Description de Seins-et-MamCj n'a pas manqué d'appeler l'attention sur ce caractère. Si on prend, sur une carte du Dépôt de la Guerre, l'orientation dominante de chacun de ces chaînons, on trouve qu'elle varie en N. 98*E.etN. 106^ E,". Quelques-unes des collines couvertes de blocs ou rochers ont les longueurs de plusieurs kilomètres, et elles font suite l'une à l'autre, parfois sur 12 kilomètres et davantage (rochers de Bouligny, du Mont Morillon, de la Salamandre, de Milly, d'Arbonne) .

* Voir pages 339 et 340.

' U carte dite des chasses, exécutée yers 1810 par les ingénieurs-géographes, dont la minute est exposée dans l'une des salles du chftteau, fait très bien ressortir cet alignement général.

Cet alignement a été attribué à la direction que suivaient des courants violents, qui auraient profondément découpé le sol*.

Ce qui précède montre, indépendamment de toute hy]iothèse, qu'il y a conformité entre la direction des chainons e[ celle des diaclases qui les traversent. Dans le relief, coramt* dans les cassures internes, on observe d'ailleui*s, autour de celte moyenne, des variations à peu près de même amplitude.

Sans nier qu'originairement les ciments calcaires et siliceux, dans le sable, aient pu se déposer suivant des bander parallèles, comme il est arrivé pour certains amas de gypse ou de minerai de fer, il faut reconnaître une autre cause qui est certainement intervenue.

A mesure que la couche épaisse de sable incohérent sur laquelle gisaient les bancs de grès, était entraînée par le< eaux qui, à l'époque quaternaire, agissaient si énergiquement, même dans les régions où elles n'étaient pas à rétatdf glacier, ces bancs de grès perdaient leur support. Morcel»'^ comme ils l'étaient, dans toute leur étendue, par des rassures, ils se démembraient en blocs, dont les faces principales étaient déterminées par les cassures préexistantes, à |hu près comme il arrive aux glaciers qui, en débouchant daii> la mer, forment les banquises. En beaucoup de points, f i trouve des blocs qui, par leurs formes, s'adaptent parfaiinionl aux roches vierges ou en place, formant des plalliêreN dont elles ont été visiblement détachées, et dont elles si»ni |HHi distantes. Le développement exceptionnel dans celle n^ gioa de monceaux de blocs épars qui, après avoir glissé, oui tVhoué, et se sont souvent empilés les uns sur les autres, de manière à former des éboulis, des chaos ou des mert de n>chtTS, est donc avant tout une conséquence de la présemo dos sables qui leur servent de soubassement.

• R^^rrumi, Le Hmsêin futrisien aux âget préhtMtoriquri.

Lors de cette démolition, les diaclases principales dont la direction esl si prédominante, ont nécessairement imprimé leur direction à une partie des masses qui résistaient. C'est ce qui se produit chaque jour encore, dans le mode d'abatage désigné par les mineurs sous le nom de havage^ et par les carriers de Fontainebleau sous le nom de défouillement.

Les faits qui viennent d'être exposés, relativement à la disposition des diaclases dans les couches tertiaires de Fontainebleau, sont conformes à ceux que j'ai signalés dans les falaises de la Normandie*, et se retrouvent dans le calcaire grossier et le gjpse des environs de Paris, ainsi que je le montrerai bientôt. L'étude des joints faite avec exactitude conduira donc à des résultats dignes d'intérêt, tant pour les actions mécaniques subies par les couches de tout âge que dans leurs relations avec le relief du sol.

' Voir plus haut, pages 324 et 358.

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