TRAITS DU RELIEF DU SOL : PAGE
On sait que le sol de la forêt de Fontainebleau est composé de sables tertiaires appartenant aux sables supérieurs, ainsi que de couches de calcaire lacustre, dont les unes sont inférieures (Brie), les autres supérieures (Beauce) à ce sable. En général tout à fait incohérents, ces sables sont, ça et là, agglutinés sous forme de grès, principalement à leur partie supérieure, par un ciment qui est tantôt calcaire, tantôt siliceux. De là, des masses mamelonnées, tuberculeuses et aplaties dans le sens delà stratification, dont les dimensions horizontales sont très-diverses depuis quelques mètres et formant alors de simples tables, jusqu'à plusieurs centaines de mètres en tous sens, présentant, lorsque le calcaire supérieur manque, des plateaux rocheux nommés plaUières. En suivant ces plattières, surtout dans les parties où la terre végétale a été enlevée pour l'exploitation, on voit que leur surface supérieure, au lieu d'être plane, présente
des protubérances et des dépressions arrondies et très prononcées (fig. 180 et 181).
Le grès proprement dit est séparé du sable par une masse à peine agrégée, qui forme comme un passage de l'un à l'autre, et que les ouvriers nomment bousin. Les silex de la craie donnent, à une très petite échelle, une idée des formes de ces masses de grès que les ouvriers appellent bancs, et que l'on pourrait aussi nommer amax. Les uns et les autres résultent visiblement d'une concrétion. La surface originelle de ces amas de grès se distingue habituellement des surfaces arrondies par les agents atmosphériques, par un dessin réticulé ou ondulé, dont la forme se rapproche fréquemment d'hexagone et de pentagone. Leur épaisseur atteint 6 ou 7 mètres.
Dans une grande partie de leur étendue, ces grès se montrent en blocs épars, souvent volumineux, remarquables jwr le désordre dans lequel ils sont accumulés les uns sur les autres, désordre qui rappelle tout à fait celui des moraines. Les blocs ainsi épars portent ici le nom générique de R^^ chers j et ont un caractère très pittoresque, quoique Télévation des collines auxquelles ils sont superposés excède rarement 60 mètres au-dessus du sol voisin. Les collines, hérissées de blocs, occupent une fraction notable de la foret de Fontainebleau.
Diadases du grès. — Partout où le grès se montre en place, il est traversé par des joints ou diaclases. La plupart do ces diaclases sont planes, ou faiblement ondulées, à peu prt*^ verticales, et coupent très nettement le grès sur toute son épaisseur. Tandis que quelques-unes se perdent dans le sens horizontal au bout de quelques mètres, on en voit d'autre> se continuer, sans changer de caractère, sur 80 à 100 niètre> et davantage. Elles sont souvent si minces qu'elles sont à
peine reconnaissables sur leurs tranches, et qu'elles ne se révèlent que par Texploitation.
En examinant ces grès, soit dans des escarpements naturels, tels que les Gorges d'Apremont ou les Gorges de Franchard, soit dans les nombreuses carrières où ils sont exploités depuis plus de cinq siècles, on reconnaît que les joints les plus nets et les plus étendus présentent des directions à peu près constantes, non seulement dans une même carrière ou dans un même groupe de carrières, mais dans toute retendue qui a été explorée. C'est ce qui résulte clairement de plusieurs centaines de mesures que j'ai prises, lors d'un récent séjour de quelques semaines à Fontainebleau, sur une étendue superficielle d'environ 180 kilomètres carrés*. La direction prédominante varie entre N. 95^ E. etN. 118® E., et a pour moyenne N. 105' E. Une même diaclase, même quand on ne la considère que sur une vingtaine de mètres, dévie très fréquemment de 15 à 20 degrés. Les écarts autour de la moyenne s'expliquent donc facilement, et il est même remarquable que ces écarts soient aussi restreints.
A part ces diaclases principales (système A), il en est d'autres (système B) qui leur sont à peu près perpendiculaires, et que les ouvriers, en opposition avec le nom de joints en long qu'ils donnent aux premières, désignent sous le nom de jointe en travers. Celles-ci sont moins régulières et plus contournées que les premières, qui les arrêtent quelquefois ; elles sont aussi moins nombreuses. Leur direction moyenne est de N. 12® E.
Il y a donc deux systèmes de diaclases, à peu près perpendiculaires entre eux.
Tandis que les diaclases du système principal sont à une
^ Mes ex{)lorations ont ctc (acililccs par Tobli géant concours de M. de Saitit-Fare« inspecteur deslbrêts.
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«ii>Tacce uiutuelie qui ne dépasse guère 4, ou 6 mètres, et en âlleint rarement 10, celles du second svstème sont sou- Trut { !-js êluitmêes. Sur quelques points, notamment au Lon^-R'xher et au Rocher du Long-Boyau, elles sont distantes de 70, Su et ÎH> mètres, ainsi que permettent de robserrer de vastes surfaces mises à nu par Texploitation.
Leur disf«>5ition caractéristique est représentée, en persf-ective. par la carrière delà Ravine (fig. 1 78), et la figure 1 79 mctntre leur di>|[Ki$ition en plan.
ihitre ces deux catégories de joints, les ouvriers distinguent aus^î certaines cassures peu continues et très minces. s*:«us les noms de fils et de soies.
O^^nt aux j->înt5 horizontaux qui rappellent la slratifliatl:-n et qui sont quelquefois assez nombreux pour empêcher Texploitsùon, ils portent le nom de planchers.
Les M:<s épars, qu'ils résultent de Texploitatiou ou qu'ils soient nâtur^ilement isolés, présentent souvent des jointi |»:rj» ndicuîain^s entre eux dîg. Î80''; si les formes en paral- KUpif-èvie nV sont pas très fréquentes, cela résulte, en gnnie partie, de ce que ces blocs sont terminés par les surfaces mamekninèes, supérieures et inférieures, des divers t^tUCs dont ils proviennent. La figure 181 représente un rocher dout la forme est due, en partie, à la même influence des dîjkoUses.
Pour mieux fixer les idées, j*indiquerai ci-après (page 714) le résumé très sonmiaire des mesures que j*ai prises sur tie> cassures phnes bien franches, et dépassant une longueur d\i:.e dinine de mètres.
Rius ce relové, on a pris du nord au sud les collines ou rivies parai'.t les qui traversent la forêt, chacune de ces rides ct4nt suivie de Test vers Touest
iH^Kiasit lïH m.VdfW *N/«rriciir (Beauce). — Le calcaire
HëUTIVE aux cassures terrestres 109
suprripiir, dans les carrières où il est exploité, se montre
Fig. 178.— Vue peripectite d'une carrière [carrière de I» ploilé pour pitès, montre uellemenl, lur une hauteur ae i mi'i de 35 mèires, ! tjiléme* de diiclase* jorthogonales entre ellei. a, a, a. a, a. a. diaclaiea du (Titénie dirigé N. llî- E (Système A), b. b. b, b, b, dUcla>» du tyslrtat dirigé N. 18* E (Syaléme B). On remarque, en outre, dei diaclaseï horiionlales et diacoalinuel {platiehm An oit- Trien). V, grand bloc ayant de basa 4* lur l*,SO el terminé par des cassures « peu pré) reclin- [ulairca. N, bloc plus petit, panll^lépiptdique, de 0*,60 et I mètre de cAté. r, groi bloc dont uoe partie delaiiirrace estmamelannée; Q, pavéï. — Schelle d'environ^.
traversé par des cassures incomparablement plus rappro-
Fig. 179. Plan de la carrière précédente, même signification des leltrei. — Échelle de yl^.
chées que dans les couches de grès. Près de la snrface, jus-
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qu'jt deux «u trois mètres, la roche est concassée en petits
morceaux fortement réa^lutinés par un ciment calcaire, ce
qui lui a valu, de la part des ouvriers, le nom de ^étoii. En examinant les couches inférieures, on y distingue, au mi-