PAR DES SOURCES THERMALES
La nature fait elle-même des expériences du genre de celles que nous n'exécutons qu'avec tant de difficultés ; elle emploie probablement des procédés analogues à ceux dont elle s'est senie depuis les temps les plus reculés. Malheureusement ces réactions qui sont particulièrement instructives se produisent dans des régions plusou moins profondes et imbibées d'eau thermale, où nous ne pouvons pénétrer que rarement.
Les Romains ont étendu, autour des points d'émergence
des sources thermales, qu'ils savaient aménager si habilement» une maçonnerie ou béton (blocage), composée de fragments de briques et de pierres (grès ou calcaire), réunis par un ciment de chaux. Dans diverses localités, on a ou occasion d'entailler ces maçonneries antiques qui, depuis des siècles, étaient immergées dans de l'eau minérale, douée d'une température plus ou moins élevée ; et alors, on a reconnu que, dans certaines parties, ces masses avaient subi une action chimique, et par suite, une transformation trèsremarquable, tant au point de vue de la chimie et de la minéralogie qu'à celui de la géologie.
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C'est à Plombières (Vosges) que ces faits ont été observés pour la première fois. De plus, l'étendue et la profondeur des entailles momentanément ouvertes, dans cette localité* il y a une vingtaine d'années, ont permis d'y poursuivre les observations d'une manière très-instructive. Aussi, c'est Plombières que nous prendrons ici pour type\
Le béton, qui a été appliqué à proximité des sources thermales de Plombières s'étend sur plus de 100 mètres de longueur, avec une épaisseur qui, sur quelques points, atteint 3 mètres (fig. 52 et 53.) Cette nappe de maçonnerie repose parfois sur le granité mème^; mais en général, elle est séparée de la roche solide par du gravier d'alluvion. L'eau thermale g qui jaillissait dans le gravier se trouvait emprisonnée sous le béton, et en sortait par des cheminées verticales en pierre de taille, dans lesquelles elle s'élevait pour s'écouler ensuite vei*s les piscines : de cette manière
* Relation des «ourccs thermales de Plombières tvec les filons métâlUlires; fiDnittth*r eoutemportine des zéolithes. Comptée rendue de VAcùdémie dee «cimcft, t. XLVt. p. 1086, \9àè.^BuUetin de la Sociéié géolo^iqye de Fnnee, S* ««rie, t. Ul, 562. ItO '
FORViTlON CO.MEÏt>(mAlNK DES ZtoUTUES. tSl
les infiltrations de la rivière, qui coule dans la même nappe ée gravier, étaient isolées de l'eau thermale '. Sous l'action prolongée de l'eau minérale qui pénètre conliauellement dans le massif de béton, le ciment calcaire et les briques elles-mêmes ont été en partie transformés. Les combinaisons nouvelles qui se sont produites se montrent (taos les cavités de la masse, et particulièrement dans les boursoufflures des briques, où elles forment des enduits
tu a MTii t In isoler de la riiicre mitine i r, remblli. âcbelle de j^
mamelonnés et quelquefois cristallisés. L'examen microscopique m'a fait reconnaître que les mêmes espèces minérates se sont aussi formées dans les moindres pores de ces matériaux.
Deteriptùm det espèce» cotUemporaines recueillies à Plom- Inèret. — Les combinaisons les plus remarquables sont des silicates hydratés, de la famille des zéolithes, et de l'acide silicique libre, à divers états.
Dans beaucoup de boursoufHures des briques, il s'est déposé des cristaux incolores^ d'une limpidité parfaite, ayant la forme (le rbumboèdres voisins du cube. De même que la plupart des
' It gnnite. qii« nos rouillet ont mis i nu sur qutiques poinis, présente des surfkces '''"Uoiui^es. ibrâluiDent comme celles que l'on conaalt dans la partie sup^ieure de i« nin do II ïoïcile et d'autres ré|;ion« des Vosges, Il est remarquable de l'encontrer, sous One nappe d'eau très-cbaude el qui coule depuis une époque tris-recuMe. ces surbces ■'rntdies que rmi doit attribuer à une action glaciaire.
API'l.[r.VTIOJi AU SIÉTAVOnrilISlIE.
cristaux de chabasje, ils sont faîble-
1 ment striés parallèlement aux an'les
; (fig. 54) ; ils en présentent parfois aussi
i la macle habituelle (fig. 55). La mo-
I sure des angles des cristaux ne laisse
I aucun doute sur leur identité avec
g^ ceux de la chabasie; les caractères
b| chimiques sont tout semblables.
^1 Certaines fissures du ciment cal*
1^1 caire,ainsi que les briques, renferment