Partie dissoute
Bbiqub a.
Bmqdb B.
If. 438 Si'. 512
Ptrtiii non disionte , - r
Total
lOr. 000
lOt*. 000
Analyse de la partie dissoute dans chacune des Iniques.
Silice
Alumine
Sesquioxyde de fer
Chaux
Magnésie
Potasse
Sonde
Total,
Bbique a.
Briqub B.
Il résulte de ces analyses que des silicates hydratés, à base de chaux et de potasse, et de la nature des zéolithes, se sont graduellement ajoutés à la pâle de la brique, dont ils pénètrent souvent les moindres pores; leur proportion a été trouvée de 13 à 14 pour 100 du poids total.
Celte pénétration de substances étrangères ne s'est pas faite avec uniformité. Un morceau de brique a souvent été transformé à partir de sa surface, sur une certaine épaisseur, et il s*esl encadré par des veinules concentriques, h la manière de certains rognons de jaspe. Cette dernière circonstance montre bien clairement que la compacité dos fragments résulle d'une modification qu'ils ont subie depuis qu'ils sont enveloppés dans le béton. Des différences chimiques séparent ces parties d'aspect différent.
La partie externe et compacte renferme jusqu'à 8 pour 100 d'eau ; aussi décrépite-t-elle très-fortement, lorsqu'on la chauffe au rouge ; la partie centrale et poreuse renferme beaucoup moins d'eau (2 à 3 pour 100). Ces deux variétés de briques diffèrent également par leur teneur en chaux et en potasse. Les deux bases sont beaucoup plus abondantes dans la brique compacte que dans la brique poreuse.
La forte proportion de potasse que l'analyse a révélée dans les briques à zéolilhes doit être remarquée. On sait que les argiles renferment toujours une certaine quantité de cet alcali ; mais il en existe généralement davantage dans les briques de Plombières ; de plus, elle s'y trouve à un étal où elle est facilement attaquable par les acides faibles, ce qui n'arrive pas à l'alcali contenu dans les argiles. Cet alcali parait avoir été fixé, au moins en partie, dans la brique, par le silicate alumineux qui en constitue la base et qui Ta extrait du silicate potassique, tenu en solution dans l'eau thermale. Peut-être, est-ce à une action de même genre qu'il faut attribuer la présence de la potasse dans la terre verte.
FORMATION CONTEMPORAINE DES ZfiOUTHES. 199
par exemple, dans celle qui s'est substituée aux cristaux de pyroxène, en Tyrol et ailleurs.
anbnmm ér^rmm (Algérie). — La formation Contemporaine des silicates cristallisés de la famille des zéolithes, sous Faction d'eaux thermales, n'est pas un fait accidentel, ainsi qu'on aurait pu le croire d'abord. Après avoir signalé cette production actuelle des zéolithes à Plombières (Vosges), j'ai retrouvé le même fait dans l'intérieur des maçonneries romaines, à Luxeuil (Haute-Saône)*, à Bourbonneles-Bains (Haute-Marne)*, et en Algérie', aux environs d'Oran.
A Luxeuil le phénomène est identique au précédent et confirme les conclusions que j'avais tirées des faits constatés à Plombières. Seulement, il autorise à abaisser encore la limite de la température à laquelle les silicates peuvent se former et cristalliser; car dans cette localité la température des sources ne dépasse pas 46 degrés.
En dehors des minéraux métalliques qui se sont abondamment produits à Bourbonne, d'autres, de nature trèsdifférente se sont formés dans le béton, et surtout dans les boursouflures, visibles ou microscopiques, des briques*.
Peu de semaines avant qu'il fût enlevé à la Science, M. Deshayes, professeur au Muséum, a bien voulu me remettre quelques débris de construction romaine, recueillis par lui, il y a une quarantaine d'années, lors de son voyage en Algérie, et qu'il avait oubliés depuis lors, parmi d'autres objets. Ces débris consistent en chaux, cimentant des fragments de briques et formant un béton, tout à fait sem-
» BulL de la Soc. géolog.,^- série, t. XVIIF, p. 108, 1860.
* ÀnMUt dut Mineê, 5* série, t. VIII, p. 4S&, 1876. » Cmpieg rendus, t. LXXXIV, p. 157, 1877.
* lémoire prèdié, sur Bourbouoe, p. 466 i 468.
blable à celui que les Romains ont fréquemment employé dans leurs constructions, par exemple, dans les thermes de Plombières.
En examinant ces échantillons, je ne tardai pas à reconnaître qu'un certain nombre de cavités de la chaux et de la brique sont revêtues de petits cristaux ne faisant pas effervescence et, par conséquent, ne pouvant être du carbonate de chaux. Ces cristaux sont transparents, incolores et d'une limpidité parfaite. Leurs formes cristallines y ont fait reconnaître, malgré cette uniformité d'aspect, des espèces bien distinctes.
Il est de ces cristaux dont la forme est celle d'un prisme droit u quatre faces, terminé par une pyramide tétragonale, dont les quatre faces reposent sur les arêtes du prisme ; ils offrent la plus grande ressemblance avec le minéral connu sous le nom de christianite ou harmotoine calcaire : ils s^eii rapprochent également par la valeur numérique de leurs angles. Certains cristaux offrent sur leurs faces des stries croisées, qui décèlent la macle habituelle de cette espèce (fig. 56) ; quelques-uns manifestent cette macle pardes angles rentrants.
D'autres cristaux sont terminés en rhomboèdres dont les angles sont voisins de ceux du cube, comme dans la cha* basie ; les rhomboèdres sont groupés deux à deux, ou à faces striées, de même qu'il arrive très-fréquemment, dans la nature, pour cette même espèce. Quelques cristaux de chabasie et de christianite dépassent un millimètre et sont par conséquent reconnaissables à l'œil nu.
Dans les mêmes géodes, se rencontre aussi la calcite cristallisée, sous la forme d'un scalénoèdre aigu, dont les angles, terminaux, d'après les mesures prises par M. Des Cloizeaux. sont respectivement de 126%20'et de U4',30', et correspondent par conséquent à la notation d\. Tantôt ce scalé-
FORMATION CONTEMPORAINE DES ZÉOUTflES. SOI
noêdre est coupé, perpendiculairement à son axe, par une base fig. 63), tantôt il est surmonté d'un rhomboèdre obtus. D*autres cristaux jaunâtres, de forme indéterminée, consistent aussi en calcite.
M. Deshayes, dont la mémoire n'avait pas d'abord conservé l'origine de ces échantillons, a cru ensuite se rappeler les aToir recueillis en visitant d'anciens thermes situés non loin d'Oran. D'après les indications de ce savant, je su|h posais d'abord qu'il s'agissait des Bains-de-la-Reine, situés sur la route de Merz-el-Kébir et dont la température est de 47 degrés^ ; mais les rensignements que j'ai pris auprès de personnes connaissant parfaitement le pays, n'ont pas confirmé cette supposition. D'après M. Rocard, les sources de Merz-el-Kébir, qui ne sont aujourd'hui qu'à un très-faible niveau au-dessus de la mer, n'auraient émergé que depuis répoque romaine, par suite du mouvement d'exhaussement lent que présente la côte. Cette partie de la province d'Oran renferme de nombreuses sources thermales que l'on voit jaillir au pied des falaises, par exemple, celle de Ain-el-Turk, où l'on a trouvé des vestiges de travaux romains, et celle des Ândalouses*. Ce serait probablement de l'une de ces sources que proviendraient les échantillons dont il s*agit« Il est toutefois à regretter qu'on ne soit pas renseigné d'une manière plus précise, au moins quant à présent, et qu'on ne puisse recueillir d'autres échantillons de cette localité remarquable, dont une circonstance fortuite a révélé l'existence.
Dans le béton des thermes des environs d'Oran, la cha-
* Viui, Bechercke» sur la eaus. Ut roche» et le» giles minéraux de» propinee» i(k9ii et ^ Alger, p. 260. — Analyse de l'eau des Bains-de-la-Reine, pai* M. le docteur Sou- L«lyer. Uémutire» de Médecine, de Chirurgie et de Ptuarmaeie militaire», t. LU.
' D'après X. llocard, ces sources correspondent à une nappe qui est située à la base da umin tertiaire. Cet ingénieur a constaté, dans les sondages qu*il a eiécutés dans cette répoQ, un accroiasement de température très-rapide (1 degré par 19 mètres), quoique I oa soit dans des coocbes tertiaires et sans affleurements de roches éruptives.
basie'et la christianite se rencontrent, tantôt dans la chaux, tantôt dans les boursouflures des briques.
La chabasie présente une tendance très-marquée à s'associer aux débris de bois qui se trouvent çà et là dans le béton, et qui ont conservé leur tissu, en prenant une teinte blanchâtre. Dès qu'on voit un de ces fragments de bois, on est à peu près sûr de trouver des cristaux de chabasie, soit sur le bois lui-même, soit au milieu de ses fibres. Ce fait, que j'ai constaté également dans les maçonneries romaines de Plombières, a son analogue dans les anciennes périodes et rappelle, par exemple, la mésotype qui a parfois imprégné du bois fossile en Auvergne.
Dans les quatre gisements, dont il vient d'être question, les zéolithes se présentent avec des caractères entièrement semblables, le même aspect et la même disposition. La généralité de cette formation contemporaine en fait de plus en plus ressortir l'intérêt et montre le parti que l'on peut en tirer pour éclairer plusieurs faits de l'histoire des roches éruptives, particulièrement des roches volcaniques altérées, comme on le verra plus loin.
SUlMita d'ahudae hjdmlé, ém férouitfMi
A «Aiat-Hoaoré (Nièvre). — Parmi Ics nombreuscs substances produites ou déposées par les sources thermales actuelles, les silicates d'alumine hydratés paraissent être comparativement rares. Gomme, d'ailleurs, la production contemporaine des composés de cette catégorie offre de l'intêrèl, au point de vue de l'origine des argiles et des autres combinaisons analogues qui se sont formées dans les anciennes périodes, je mentionnerai aussi celle qui a été rencontnV, il y a quelques années, à Saint-Honoré (Nièvre) *.
* Note sur on silicate •laroineui hydraté, dépoeé par la sonroa thanilf éf