PLOIEMKNTS PAR ACTIONS EN PLUSIEURS SENS. S
Tétage de la molasse plongent sous les couches les plus anciennes avec une sorte de concordance; ailleurs, elles Tiennent buter contre ces couches plus anciennes, par l'intermédiaire d'une faille.
Il est possible d'imiter, dans leurs caractères principaux, les formes de ces renversements, quand on tient compte des données de Tobservation, notamment des conditions que la lisière des Alpes pouvait présenter pendant le dépôt de la molasse, d'après M. Studer^ et de cette circonstance signala par M. Kaurmann, aux environs de Lucerne, que le ren- Tersement, est d'autant plus prononcé que les couches miocènes, contre lesquelles butaient les couches de la chaîne, oITraient plus de résistance*.
8* En ployant les couches, on les voit souvent se disjoindre, suivant les suifaces de stratification, dans certaines de leurs parties. Cette sorte de décollement a son analogue dans la nature : on le remarque surtout lorsque, comme en Derbyshire, des épanchements métallifères ont profité de ces disjonctions pour s'y déposer [flat tvorh * ; certains liepdeStœcke.]
Dans un faisceau de couches d'abord juxtaposées , le parallélisme peut être troublé d'une autre manière par les actions qui les infléchissent, surtout si ces couches, de nature diflerentes, ne résistent pas de la même manière à ta pression. C'est une disposition analogue à celle que pré- ^ntentla face méridionale des Diablerets % vue d'Anzeindaz, cl la base de la Dent de Mordes.
* Onlopeder Sekweiz, t. H, p. 388.
* C'est c« qui résulte d'aiUeurs clairement des expériences que 11. Alphonse Favre a P^ito snr ee sujet postérieurement k celles dont il s*agit ici .
I^ la même contrée, les joints ont également servi de réoeptacie au minerai de P'^^f etces dernières veines se distinguent des précédentes, sous le nom de tchrint.
Ce lait a été d^à très-nettement représenté sur la coupe qu'Alexandre Brongniart ^ a doQDé en i8S, d'après Elle de Beaumont, alors élève ingénieur des Mines [Terrain à€ êédimaU du YicaUin, p. 47).
§ 2. CASSORES IMITANT LES FAILLES ET LES JOINTS CONGÉNÈRES, DA5S LEURS FORMES, LEUR PARALLÉLISME ET LEUR RÉPARTITIOR EN SYS- TÈMES ORTHOGONAUX OU CONJUGUÉS.
Aperça •omiiuilre sur les failles et les Jolats — L6S faillos
ont fixé tout naturellement l'attention des mineurs depuis que Werner, à la fin du siècle dernier, a démontré que les filons métalliques doivent naissance à leur remplissage. Dans de nombreux districts de filons, elles ont été étudiées dans leurs moindres détails , et elles ont été figurées d*uDe manière très-instructive, tant dans leur projection horizontale qu'en coupes verticales. En outre, dans les mines de houille, elles arrêtent à chaque instant le champ dVxploilation, à cause du déplacement relatif des couches, qui se^i produit le long de leurs parois ; aussi, dans un grand nombrp de bassins houillers, leurs caractères ont-ils été étudiô géométriquement de la manière la plus précise, et il nVn est guère qui n'ait fourni à cet égard des renseignement^ caractéristiques.
Ici, comme dans d'autres cas, la pratique a fourni dt^ données précieuses à la théorie.
En dehors des exploitations de mines, les failles ont v\*' aussi fort étudiées; car elles jouent un rôle de premier ordre dans l'écorce terrestre, qu'elles divisent en innombra* blés compartiments, en sorte de voussoirs; elles forment comme des linéaments, auxquels se coordonnent les traib du relief terrestre.
Les fissures que l'on a désignées sous le nom de jotn/j, quoique de dimension en général moindre que les faille>. ont été aussi remarquées depuis longtemps, soit à cause de
UQTiTlON DES FAILLES ET IffiS JOOfTS œNGÉNÈRES. 301
leur grand nombre, soit surtout, dans les cas où elles s'entrecoupent; par leurs systèmes parallèles etassez réguliers pour simuler une cristallisation. Ces dispositions, que l'on a nommées pseuda-régulièreij à cause de cette ressemblance, se rencontrent dans des roches de natures variées. Tels sont particulièrement le quartzite, le grès quartzeux, le phyllade, le calcaire, la houille et le granité, où les parallélépipèdes sont souvent rectangulaires. Il n'est pas rare que les joints permettent de diviser la roche , en polyèdres trèspetits, de manière à rappeler ce qui arrive dans le clivage des cristaux proprement dits.
Sans présenter cette disposition en parallélépipèdes, les joints peuvent offrir une symétrie remarquable : tel est le cas pour les polyèdres de granité que Ramond rencontra au sommet du mont Perdu, dont il mesura les angles avec soin, et qu'il figura comme pouvant être des produits de cristallisation \
Ailleurs, ils se coupent sans régularité apparente, mais ils sont si nombreux que Ton ne peut obtenir de cassure fraîche de la roche, lors même qu'on l'a divisée en très-petits fragments. Tel est, par exemple, le calcaire crétacé dans une partie de la chaîne des Gorbières (Aude).
Chaque jour, le percement duSaint-Gothard fait reconnaître des fissures ou joints, qui sont l'objet des observations les plus exactes : les plans et coupes à grande échelle, sur lesquels on les figure, ainsi que les rapports mensuels des ingénieurs, sont très-instructifs à cet égard.
Dans certaines circonstances, les joints se manifestentavec de grandes dimensions, et ilspeuvent alors jouer un rôle dans le relief du sol, surtout quand ils ont été élargis par les actions superficielles. G'estce qui arrive pour les joints ver-
* yofoget au Moni'Perdu, p. 18, 19, 34i et 342.
ticaux qui traversent le grès des Vosges. Ainsi dans la partie septentrionale de la chaîne, les couches résistantes sont fréquemment, divisées en parallélépipède; de là, les rochers qui font souvent des saillies très-proéminentes, par suite de la disparition des parties voisines. Il en est de même pour le grès crétacé dit quadersandstein de la Suisse saxonne (Bastey. etc.) et de la partie adjacente de la Bohême, ainsi que pour les obélisques gigantesques, sous lesquels se présente la dolomie dans le Tyrol méridional.
De même que les failles, les joints ont été très-fréquemment injectés de substances étrangères : calcite, quartx et quelquefois substances métalliques. Les joints de la dolomie du muschelkaltk, à Viesloch, grand duché de Bade, sont incrustés de calamine. Le réseau de veines de divers stockwerks d'étain, notamment ceux de Carglaze en Cornouaillt*^ et de Geyer en Saxe, correspondeni au remplissage d'uiie série de joints produits dans les roches granitiques.
Quelque nombreuses que soient les études dont les failli*^ ont été de toutes parts Tobjet, tant dans leurs formes que dans leur mode de groupement, la cause de ces grandes fractures est encore inconnue.
Des suppositions vagues ont été émises à leur égard : on les a attribuées, par exemple, à des actions moléculaire^ exercées sur Tenveloppe externe du globe, par les niass»*^ chaudes et pâteuses qui la supportent, et, c*est principalement à cause de cette obscurité que de Boucbeporri a été conduit à expliquer leur parallélisme si caractéristique, en les attribuant à des ruptures opérées parallèlement à d'anciens équateurs, que notre planète aurait successivement possédés, dans ses changements d'axes de rotation.
La même ignorance règne sur l'origine des joints. U^ explications qu'on a essayé d'en donner peuvent se rapportci
DUTÂTION DES FAILLES ET DES lOIfITS CONGÉNÈRES. 303
à trois : une sorte de cristallisation, un retrait, des actions mécaniques ^
La première supposition repose surtout sur l'uniformité surprenante qu'oitrent souvent les parallélépipèdes, déterminés par les joints et qui les a fait comparer à des cristaux ou plutôt à des clivages cristallins. M. le professeur William King qui, dans un travail très-étendu % Ta adoptée récemment, conclut que les causes qui ont formé les joints des roches, sont les mêmes que celles qui ont formé les clivages des cristaux, avec cette différence que dans le cas des joints, les forces dépendaient du magnétisme terrestre, tandis que , pour les clivages des cristaux, c'était une polarité, dont l'action varie suivant les diverses espèces.
Divers géologues ont attribué la formation des joints ù un simple retrait, par analogie avec la cause qui a produit les colonnades prismatiques si régulières, que présentent souvent les basaltes et d'autres roches éruptives.
Dans beaucoup de cas naturels, de même que dans des faits artificiels dont nous sommes journellement témoins, on rencontre des fissures produites par un effet de contraction ou de retrait. Ce qui arrive dans les coulées de lave, après le refroidissement, parait s'être produit autrefois, dans les nappes de basaltes, de trachyte, de porphyre si fréquemment divisées en colonnades prismatiques d'une régularité surprenante. Sans que les roches aient passé par la fusion ou même par une haute température, elles ont pu, dans certains cas, prendre cette structure, comme la présentent certains dépôts sédimentaires, telles que le gypse de Montmartre, lorsqu'il se divise en prismes hexagonaux réguliers,
* Pinni les pabUcations relatives aux Joints, il convient de citer particulièrement œlies de MIL Sedgwick, de la Bécbe, John PbUiips, Ilaughton, Harkuess, Jukes, WUUam kiof.
* TranuctioHi of thé royal Irish Academy, t. IXVt p. 505. 1875i
304 APniCkTM» AIT DfiP0RlÂTlU!«S ET CASSURES TERRESTRES.
des couches minces de grès bigarré de Soultz-les-Baiiis (Alsace), ou certaines masses de sel gemme. La des^ication simple, peut, en effet, amener un retrait de ce genre, à Tinstar de ce que Ton observe dans Tainidon desséché.
Maison ne Toit pas aujourd'hui la contraction produire des dispositions régulières semblables à celles dont il s*agit| et notamment, des systèmes de fissures parallèles, conduisant à des parallélépipèdes.
Cest avec plus de fondement qu'on a attribué à des actions mécaniques les joints de la catégorie de ceux qui nous occupent, et dont l'origine est démontrée par les faib suivants :
l*La constance, sur de grandes étendues, de rorientatiou de certains systèmes de joints a été déjà constatée par Sedgwick, de la Bêche, John Phillips et, plus tard, (^r d'autres géologues. De plus, il a été reconnu, en Cornouailles, que ces joints conservent leur direction, en passant du granité dans le schiste ou iiT/os, à travers lequel il pénètre.
Après avoir observé ces deux faits, avec la perspicacité qui le caractérisait, de la Bêche conclut cependant que les joinb ne peuvent résulter d'un retrait, et il les attribue à des actions polaires, comme on le faisait alors pour la schi>tosilé. Si Ton se reporte à ce que l'on sait aujourd'hui, cette permanence d'orientation dans les joints doit, «ci contraire, les faire rapprocher des failles, dont rorigin»' mécanique n'est pas mise en doute.
On sait d'ailleurs que, dans beaucoup de contrées, on t(m( les joints se rattacher par divers intermédiaires, aui raille> proprement dites.
2* La direction des joints dans le Yorkshire a été l'objet d'un grand nombre d'observations d'un autre géologiK-
IMITATION DES FAILLES £1 DES JOINTS COiNGÉNÈRES. 50Ô
éfflinent, JohnPhillipsS qui les a rassemblés dans une rose de directions : lien résulte que deux directions prédominent beaucoup par rapport aux autres et que ces deux directions sont perpendiculaires entre elles.
3* Cn fait caractéristique est consigné dans un mémoire Irés-intéressant, sur les joints des environs de Cork, en Irlande, dont on est redevable à M. Harkness : c'est que, dans leur voisinage, les fossiles sont déformés et distordus. Ce caractère a été également signalé dans d'autres localités.
C'est déjà un résultat important que d'être arrivé à considérer les joints comme des effets de ruptures, de même que les failles, qui en diffèrent surtout par leurs dimensions. Toutefois, jusqu^à présent on n'a pu formuler que des conceptions très -vagues sur la cause de ces ruptures. Ainsi, Tauteur du mémoire précité, après avoir dit que le calcaire carbonifère des environs de Cork a été soumis à des forces considérables, qui en ont infléchi et contourné les couches, estime que ces forces ont, en même temps, déterminé certains systèmes de joints et un clivage; cependant, il ajoute que de simples pressions ne peuvent rendre compte de l'ensemble complexe de joints, qui se rencontrent fréquemment dans les calcaires.
4^ Il est encore un caractère des joints qu'il convient de ne pas perdre de vue, et qui vient s'ajouter aux considérations précédentes, en faveur de l'origine mécanique des joints.
Lorsque les joints traversent des poudingues ou des conglomérats, on remarque fréquemment qu'en se produisant ils ont coupé en deux , de la manière la plus nette, les cailloux de quartz ou de porphyre qu'ils rencontrent. Ce fait, que j'ai eu occasion de constater très-souvent dans le grès des Vosges, par exemple, dans les escarpements
* Ubuiretiimê of Yorkêhire, t. U, 1836.
SO
306 APPUCiTlON AUX DÉFORMATIONS ET CASSLRES TERRESTRES.
qui forment le sommet du Schneeberg, se retrouve, â chaque pas, dans les blocs de la même roche que l'on rencontre épars dans les meurgers des environs de Plombières. Il en est de même dans le conglomérat porphyrique, en forme d'obélisques, qui supporte le vieux château de Baden- Baden. Sur les faces des cailloux ainsi tranchés, on remarque souvent ici, comme au Schneeberg, un enduit de quarU cristallisé. On peut encore citer, comme fait analogue, le conglomérat de VOld red des environs de Waterford (Irlande). Une action énergique, tranchante ou de cisaillement, s'est opérée lors de la formation des joints.
En résumé, le trait caractéristique qui se manifeste dans d'innombrables fissures de l'écorce terrestre, c'est un parallélisme, lequel se reproduit dans les grandes et dans le> petites fractures, dans les failles comme dans les joints. Or ce fait fondamental n'avait pas encore pu être reproduit par l'expérience.
Expérieaces. — L'aualogie, qui montre dans les joints une sorte de diminutif des failles, faisait espérer que le problèux* général pouvait être abordé expérimentalement, bien qut* ces dernières surfaces de rupture dépassent souvent de> dizaines de kilomètres»
Je ne parlerai pas de nombreux essais que j*ai latt> pour arriver, par voie de retrait ou de contraction, à oblt^ nir des systèmes de fissures parallèles, parce qu'ils n*out pas donné de résultats satisfaisants.
Ca$mre% produites mr um croûte viince^ par un nèouremefii ûndulaioire.-^Vn autre procédé, que j'ai également emplo}ê, consiste à se servir d'un mouvement ondulatoire, qui briv une plaque très-mince à travers laquelle il se propage. Aiu>i. si l'on fait vibrer un vase rectangulaire contenant une dissolution de bicarbonate de chaux, ù la surface de laquelle 5V>1
concrète, par décomposition, une pellicule de calcaire, on voit cette sorte de membrane se déchirer. Les ondulations se propagent parallèlement aux petits côtés; il se produit des déchirures, dont les principales ont une tendance à épouser les directions des bords du vase, et, par conséquent, à être perpendiculaires entre elles.
Mais ce résultat, tout en méritant Tatteution, n'explique pas les principaux faits géologiques qui viennent d*étre rappelés.
Trois autres procédés ont eu pour but de reproduire les cassures terrestres dans leurs caractères principaux, et deux d'entre eux ont même permis d'imiter les failles et leurê joints congénères, dans leurs formes, leur parallélisme et leur répartition en systèmes orthogonaux ou conjugués. Ceux-ci mettent en œuvre une torsion et une déformation par simple ])i*ession. Dans Fautive, la cassure est consécutive de ploieuieuts.
Cauures obtenues pcLr tonton. — Ce qui m'a guidé, c'est ridée préconçue qu'en infléchissant une plaque mince, d'abord plane, de manière à lui donner la forme d'une sur* face réglée, on arriverait à la briser suivant des lignes droites, qui seraient en rapport avec les génératrices de cette nouvelle surface.
Pour les recherches dont je vais rendre compte, M. Tresca m'a accordé un concours précieux, avec une obligeance pour laquelle je me fais un plaisir et un devoir de lui témoigner ici ma gratitude. Je tiens également a adresser à M. Alfred Tresca, ingénieur civil, l'expression de mes vifs remercimentSé
Une plaque de la substance à examiner, en forme de rectangle trés-allongé, est saisie par l'un de ses petits côtés, entre deux mâchoires de bois serrées à vis, qui forment comme un étau (fig. 86 et 87) ; l'autre extrémité est encastrée dans un tourne-à-gauche, où elle est également calée avec
308 APPUCATION AT'X DËFORNATIONS ET CASSURES TERRESTIŒS.
une interposition de carton. En faisant mouvoir le tourue-àgauche autour d'un axe horizontal, on détermine une torsion, qui ne tarde pas à provoquer une rupture.
fig. 86. — Disposition d'une lame de glace, destinée à'svbir la niptare par.'toniOB "plaque de glace; EE, éUu qui maintient Textréniité flie; TT, toune-à-gaucfae, est maintenue l'autre extrémité de la glace. ^ Edielle de |.
lequel
Une première série d'essais faits sur des plaques de gypse, ayant 12 millimètres d'épaisseur, ont donné un petit nombre de cassures; cependant, dans certains cas, ou a
Fig. 87. — INsposilion de la même lame vue par sa tranche; même stgnilicalioB dea kitsti rt
même échelle que pour la figure précédente.
obtenu des cassures ayant une tendance marquée à être parallèles entre elles, tandis que d'autres leur étaient à peu près perpendiculaires.
IMITATION DES rAlLLES ET DES JOINTS œNGËNERbS. 309
Avec les plaques de glace, les essais ont été plus heureux. Ces plaques ont 80 à 90 centimètres de longueur, sur une largeur variant de 35 à 120 millimètres, et une épaisseur de 7 millimètres. Pour chaque expérience, la plaque était enveloppée de papier collé, qui empêchait les fragments produits de se séparer. Sans cette précaution, il eût été bien difficile de constater la disposition des fractures.
Dans chacune de ces plaques rectangulaires de glace, il se produit, en même temps que la rupture, des fissures en grand nombre.
Malgré leurs courbures et inflexions, ces fissures présentent, dans leur ensemble, une disposition dans laquelle on ne tarde pas à distinguer une régularité géométrique (fig. 88). Cette régularité ressort surtout, si Ton se place à quelque distance de la plaque, ou si, au lieu de considérer une plaque unique, on en considère une série, de manière à prendre en quelque sorte une moyenne de résultats.
La planche I (fig. 1 à 5) représente la disposition des fissures produites dans des lames de glace, par une torsion.
Malgré des irrégularités, on reconnaît immédiatement Texistence de deux systèmes de directions, qui sont également inclinés sur Taxe de torsion. Sur chacun d'eux apparaissent cependant des groupes rayonnes, en éventails aigus, dont les rayons sont respectivement parallèles entre eux.
Tandis que les cassures, pour la plupart, traversent toute la plaque, il en est qui se perdent dans l'intérieur (par exemple, fig. 5).
Certaines de ces fissures s'arrêtent brusquement à des fissures conjuguées, au delà desquelles elles ne se prolongent pas. Dans ce cas, des fissures interrompues forment des séries de tronçons en échelons, disposition très-fréquemment observée dans la nature. La fig. 4 est particulièrement instructive à cet égard.
31 ft APPUCATIOM AUX DËrORHiTIONS ET CASSDRGS TERHESTRGS.
Les réflexions opérées sur les surfaces des cassures donnent à ces cassures une fausse apparence desillons,surlesGgures
Fig' 88. — Rfiultit de L'cipérience rtaliij* iim l'ililimil prMMcnl. On spercoïl I* doabte ■yilémi ic fluurM dont la glMX eit ooiDme taichée. - ll«me lipiilkilion da Mira A même icbïlle que jiour II flgnre 86.
1 à 4 et plutôt de saillies anguleuses sur la fig. 5, qui n'a pas été orientée comme tes quatre premières.
Fig. 89. — ScctioD IraniTemle de l'une de* pliquei di l«i ploii||em«nU, m un* iniene. de* ciiiures; oi leur* inOeiioni. — Gnndenr niturellc.
i* Les fissures dont il s'agit consistent en surfaces gauches» de formes assez variées, dont les traces sur les grandes
E-.udes SjTithétiqMc
PROl.ES
faces de la plaque, que nous désignerons ici sous le nom d'affleurements, s^éloignenl peu d*une ligne droite.
Les traces ou affleurements des fissures ont une tendance évidente au parallélisme.
^^ De plus, les fissures se groupent suivant deux directions ou systèmes, qui sont également inclinés sur Taxe. Ces deux systèmes, que l'on peut qualifier de conjugués^ constituent ainsi un réseau, dont les mailles sont plus ou moins serrées, suivant les plaques; on y aperçoit beaucoup de losanges formés par ces croisements.
En général, les deux systèmes conjugués se croisent sous des angles très-ouverts, dont la valeur parait dépendre des dimensions relatives des deux côtés delà plaque; cet angle, qui est quelquefois voisin de Tangle droit, se réduit, dans d'autres cas, à 70 degrés et au-dessous.
ô" Les intersections ou nœuds formés par les fissures principales de ce réseau ont une tendance à se répartir, suivant des droites parallèles aux grands bords de la plaque. Dans les conditions où Ton a opéré, lorsque ces droites ne sont qu*au nombre de deux (planche I, fîg. 2 et 5), elles sont ordinairement a une faible distance des bords; lorsqu'elles sont au nombre de trois, l'une d'elles se confond avec la ligne médiane ou neutre, et les deux autres sont symétriques par rapport à elle (particulièrement dans la fig.4, planche I). Les dessins en zigzag, qui correspondent à chacun de ces deux types, sont très-réguliers.
4"" Si l'on considère la surface de chacune de ces fissures, dans la manière dont elle est inclinée sur les grandes faces, on voit que, pour une même fissure, la ligne de plus grande pente, ou plongementj est très-variable, et, de plus, varie de sens, c'est-à-dire qu'un observateur couché sur son affleurement verrait l'inclinaison à droite du côté de sa tête et à gauche du côté opposé (pi. I, fig. 4). C'est aussi ce qui arrive souvent
312 APPLICAIION AUX DËFORMATIONS ET CASSURES TERRESTRES.
dans les failles. L'inclinaison varie également beaucoup ; elle peut atteindre, au moins, 50 degrés, de chaque côté de laver* ticale*.
Toutes ces circonstances géométriques se trouvent approximativement représentées, si l'on considère la surface de ces fissurescomme un parabolôïde ou comme un plan gauche.
5"" Dans certains groupes de fissures, il est une sorte de parallélisme qui se manifeste non-seulement par leurs traces, mais aussi pour les surfaces elles-mêmes. Un certain nombre de fissures, six ou huit ou davantage, participent à ce parallélisme (pi. I, fig. 4).
6"" Sur diverses parties, au lieu d'une fissure unique, il s'est formé un groupe de fissures formant un éventail peu ouvert; on en voit plusieurs partant d'un point unique et comprises sous un angle de moins de 20 degrés.
T"" Parmi les fissures dont il vient d'être question, il en est, mais en petit nombre, qui ont déterminé la séparation complète ou une véritable casmre. Pour la plupart, il y a encore adhérence : ce sont de simples fismres présentant elles-mêmes plusieurs types. Tantôt elles traversent la plaque sur toute sa longueur; tantôt, coupées et déviées par d'autres fissures, elles n'occupent qu'une partie de la plaque (fig. 4 et 5 de la planche I); tantôt l'une de leurs extrémités n'atteint ni les bords, ni une autre fissure, et se perd dans la masse; tantôt ces fissures sont tout à fait intérieures, c'est-à-dire qu'elles n'atteignent nulle part la surface de la glace.
Les fissures appartenant à ces divers types et particulièrement les plus courtes et les plus fines, ainsi que les cassures proprement dites, sont soumises aux conditions générales de parallélisme qui viennent d'être énoncées.
* Près des bord<* de la plaque, la fissure se rapproche ordinairement de la po«iiHV normale.
UIIT1TI0:< DES FAILLES ET KS JOLVTS CO.XGËKËRES. 5t3
8* De plus, en examinant avec attention ces plaques de glace, on reconnaît parfois à leur surface des lignes droites Irès-fiaes, comme des traits de burin, qui sont parallèles aux fissures et souvent plus régulières que ces dernières; elles correspondent à des fêluret extrêmement Hnes. La réflexion qui s'opère sur leurs parois les fait apercevoir, à peu près comme il arrive dans certains cristaux très-clivables, ou dans les pierres^emmes, où on les désigne sous te nom de glacet (fig. 90). Ce sont des indices d'une sorte de clivage, dont on peut constater directement l'existence par le choc;
Tf. n. — Fn^cnl d'une pliqnc de KUre hri<^' p*r toriiuD et iDOBtrtDl dci fêlant nMl- >Knliim,^i nppcllcsl Le diiige deicrïiUuiiulureli. I.'ellipte repréienle, en l'cuftnni, '" ""■" " ■îilil* tbermiqae. dini le «eM dei mam H diin le'ieiu perpeadl-
il apparaît alors des faces planes et parallèles, et ordinaireméat perpendiculaires aux plaques.
Soumises à l'action de la lumière polarisée, ces fêlures ttamaitiet présentent sur leurs bords, et surtout vers leur eilrémité, des indices d'illumination extrêmement nets et souvent très-énergiques.
Le changement d'état moléculaire, qui s'est produit le long de ces fêlures rudimenlaires, est également attesté, non-seulement par les caractères optiques, mais aussi par les caractères calorifiques. D'après l'examen que M. Janneltaz a bien voulu faire de l'une de ces plaques, la conductibilité en est inégale, ainsi que l'exprime l'ellipse de la fig. 90. Toutefois,
rexcentrîcité en est faible ; le rapport des deux axes a é\v trouvé, pour divers cas, de 1 à 1,02, 1,03, 1,04 et 1,06.
J'ajouterai que, quand on examine attentivement chacune de ces fissures, on y distingue de légères inégalités imitant des stries parallèles que Ton peut comparer à de petits mouvements ondulatoires qui auraient été Gxés ou figés. Ces inégalités, qui sont placées vers les bords des assures, ont tout à fait leurs analogues dans certains quarU du Brésil.
Dans la déformation par torsion, dont on vient de voir les résultats, chaque fibre longitudinale prend la forme d'une hélice et chacune des grandes faces de la plaque, «ii* plane devient gauche. Au moment de la rupture, l'angle do torsion ne dépasse pas 20 degrés.
En dehors des expériences dont il vient d'être ren*!ii compte, j'ai pu constater sur une glace de dimension beaucoup plus grande, ayant 1",80 sur 0",70, une disposition Jii même genre, mais plus régulière encore (fig. 91). Sur louio son étendue, elle était traversée par des réseaux de dein systèmes conjugués de fentes. Cette glace, qui s*êlail bris^V d'elle-même, avait probablement subi, par suite du mouvement de sa monture, une déformation de même genre qii'celles dont on vient de voir les résultats.
Déjà Coulomb, puis Savart, avaient étudié expérimentait*^ ment les faits relatifs à la torsion; mais ces savants étaient restés au-dessous de la limite d'élasticité. C*est égalenuMil dans ces conditions que M. de Saint-Venant a abordé le pn) blême par une savante analyse : aussi, la régularité gétuiKtrique des faces de rupture, par l'effet de la torsion, ne parait-elle pas avoir élé observée. Enfin M. Werlheim» dans ses importantes recherches sur l'élasticité, auit étudié la torsion et même la rupture de prisme, sansaNirder la question de plaques minces.
DtlTiT[0?( DES FAILLES ET DES JUIMS CO^RËKÈRES. 5t5
Catturei obtenues par une simple pression. — Chaque jour, on soumet, daos un butpratique,des pierres à une forte pression, et on sait comment s'opèrent alors les ruptures.
En général, une pierre taillée en forme de cube a une lendance à se briser suivant des pyramides. Cependant les pierres, dites dures^, peuvent donner des fissures perpentliculaires au plan de pression et souvent a peu près parallèles (lig. 92). Hais le degré de consistance de la masse a kaucoup d'influence sur les résultats.
f't- *1- — Huposilion de* nuum Imerunt ont ;]i« de nnndr. dimen^fan |i-.HU >ar D-li), Kinpac ptr accident ri probablcninit par torcion. Comme dad> 1« rtiultati d'eipà'ieueu dirtcb*. en } recsBnalt l'eiîilence d< deni «fiL^mn conjugué*, celle d'ireolaila aipii, M l'urtt bTBiqna de certains SMorei par d«i Buore* plui df lelopp^M. — Scbelle de jL.
Les corps, à la fois cassants et flexibles, dans les cassures qu'ils éprouvent par glissement, me paraissent devoir attirer parliculièrement l'attention du géologue.
De même que, lorsqu'il s'agit de produire des ploiements, j'ai expérimenté sur des substances de cette sorte, de manière à me rapprocher le plus possible des phénomènes naturels. C'étaient des mélanges de plâtre et de cire d'abeilles avec une certaine quantité de résine, constituant un mélange analogue à ce que l'on connaît sous le nom de mattie à mouler.
' Le cikiiK trttact de Cruis (Ardèche) est dini ce cig, ainsi qiie les calcaires carbont- (ëra eiploiUs en Bdp que.
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