‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 53 sur 184 · U PRES RECTANGULAIRES · texte numérisé non relu

U PRES RECTANGULAIRES

IMITATION DES FAILLES £T DlilS JOINTS CONGÉNÈRES. 317

la fois, par son relief sur l'arôte de gauche et par Tombre portée 0; F\ fente rudimen taire parallèle à la précédente; /*/*, fente conjuguée avec FF ; g^sf^ gerçures béantes s'infléchissant brusquement, de manière à présenter trois directions parallèles aux deux systèmes conjugués; R, réseau de cassures fines, à peu près rectangulaires entre elles et dessinant un quadrillé; elles se sont développées sur la partie bombée de la face ; D, parties désagrégées par le rapprochement de nombreuses cassures.

i* La pression a bientôt déterminé une fente presque plane, et oblique à cette pression ; Tincidence sur la verticale ne s éloigne pas beaucoup de 45 degrés. Cette fente, partant de Tune des arêtes horizontales supérieures, s*est agrandie graduellement, jusqu'à ce qu'elle eût gagné la face opposée, de manière à détacher un prisme triangulaire. Puis un glissement a commencé à se produire sur le plan incliné qui venait de se former, et cette dénivellation aurait continué, si Ton n'avait pas arrêté l'expérience pour examiner les effets produits. La face de rupture, au lieu d'être tout à fait plane, était ondulée : d*où il résultait, après le rejet, des alternatives de renflement et d'étranglement, comme en présentent la plupart des filons métallifères.

Une seconde cassure (fig. 93), également oblique, et symétnquement placée par rapport à la première, s'est formée à partir de l'arête inférieure, et s'est prolongée jusqu'à sa rencontre avec la précédente.

Quelquefois, de ces fentes principales, se détachent des ramifications ou branches.

2* Outre les fentes principales, une très-nombreuse série de fissures rectilignes et parallèles se manifestent sur chacune des faces, qui s'est légèrement bombée (fig. 95 et 94, cl pi. II, fig. 1 à 3) par suite d'un commencement d'écoulenient de la substance. Ces fissures n'ont qu'une épaisseur

318 APPUG&TION AUX DÉFOHHUIONS ET CASSURES TEIIRËSTRES.

très-faible ; beaucoup ne se décèlenl que par des lignes si liiios et si régulières qu'on pourrait les croire tracées au burin,

Ces fissures se groupent suivant deux directions, qui soiil parallèles aux Teiilcs principales et sont à peu près reclaii-

l-ig. U3. — ri'iiiii« (le cire à nionler, couiuii ll'aclion de U|<rctt« liiilnuliitue. luinat I* »"' vertictl. — BB. pliquM Je pr«ision en fer. de mime leitlun que lepritmei F f, ttaU t"'^ clfl»necTtiel;ff, teplei conjugutaiTM Itpréc^denle; RB, réMsiu de QiwreiaKt ip« pré* rceUnguliirea entre ellei, (Uieloppéet lor lei puillom bombée* dei qulra tÊKt d> prlin». ~ Echelle de'.

gulaires entre elles (figures précitées}. Elles foiineut un roseau à mailles serrées. Toutes fines qu'elles soient, elles sont fort nettes ; elles sont aussi très-nombreuses ; car on peut en compter de 60 à 70 dans chaque direction, sur une étendue de 90 à 120 millimètres. De plus, en examinant à la loupe,

DIITÂTH»! DES FAaiES ET DES JOrtTS CONGË.NËRES. 310

on dislingue, au milieu de fissures très-apparentes, des IraiU plus fins, exaclement parallèles aux premiers el non ■noins réguliers que ceux-ci. Le tout rappelle un quadrillé ou tin tissu formé de fils ténus etdisposés recta ngulaireuieul.

dr cire i mcMlcr, toumb, ruiuroe le {iréccdeiil. i l'aclioii de 11 fnne c MDi vertical. — Mémei Icllni el intiDC écbelle que puur le Ogure

U masse ainsi fendillée est devenue clivable.

Tandis que les fentes principales sont comparables aux failles, ces fissures plus ou moins fines paraissent devoir être assimilées aux faces de joint et de clivage, si fréquents dans les rcKhos,

ZiO APPLiaTlON AUX DÉFORMATIONS ET CASSURES TERRESTRES.

Sur certaines parties, la division de la niasse se fait en pièces prismatiques et peu adhérentes (pi. U, fig. 1 et 5^. Ces parties, désagrégées suivant des alignements généraux, sont ainsi en quelque sorte préparées pour une démolition ultérieure.

Ce réseau de Assures se montre particulièrement sur les parties des faces qui se sont bombées, par suite d*un commencement d'écoulement de la substance : elles résultent des glissements qui ont accompagné les déformations, quelque faibles que soient ces dernières.

S"" En outre, la déformation fait naître quelques déchirures béantes ou gerçures, qui se rattachent, par le parallélisme, aux fentes et fissures simultanément produites.

4'' Toutes ces fissures de divers ordres se groupent nettement suivant deux systèmes,parallèlesauxfentes principales, et, par conséquent, elles sont inclinées d'environ 45 degré> sur la direction de la pression. Ces deux systèmes, qui sont antiparallèles, ont une tendance manifeste à être perpendiculaires entre elles, ou orthogonales. Nous les désigneron>, comme les cassures obtenues par torsion, sous le nom de systèmes conjugués.

S"" Je ne mentionne ici que pour mémoire un système d*^ rides produites normalement à la pression.

L'un des systèmes de cassures peut prédominer beaucoup par rapport à l'autre. Cette prédominance parait surtout manifeste pour les plus grandes surfaces de rupture.

Les systèmes de fissures, ainsi causées par une pression. offrent des analogies multiples avec celles que produit la torsion. C'est une autre manifestation d'accidents parallèles f suivant des systèmes conjugués ei produits par des gli^ sements moléculaires. Elles apprennent donc que la torsion n'est pas exclusivement nécessaire pour produire de> systèmes conjugués de plans de rupture, comparables aux

nOTiTION DES FAILLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES. 53f

failles et aux joints. Des déformations d'une autre nature Pl sourent très-faibles ont pu les engendrer dans les roches de toutes sortes. La torsion n'est qu'un cas particulier de dérormation, dans lequel les pressions agissent dans un ordre déterminé.

D'un autre côté, les plans de division si rapprochés, dont il Tient d'être question, rappellent aussi les faces de glissemeotqui produisent la schistosité.

Castaret consécutives de$ ploiementt. — Dans des déforma-

fi:. S. — PritTQe composé d'une série de coi t da tsTutoni indiquées par les flècbei. El; éndace li liai»a des &ille* *iec le ploie unie. — tehelle de |.

lions diverses, telles que des ploiements, il peut se produire non-seulement des ruptures par extension, en forme de,V,

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mais aussi des ruptures par glissement. Des prismes, dont la lon^eur est beaucoup plus grande que la laideur {fig. 95), étantcomprimésdans le sens de leur longueur, s'infléchissent pendant quelque temps; puis, au lieu de continuer à fléchir, ils se rompent parfois sous l'action des mêmes pressions, par l'elTet d'un glissement moléculaire. La rupture se fait alors suivant un plan, qui est ordinairement oblique sur la surface des couches. De plus, si la pression continue encore.

391 iPPlKATim ia DfrOUUTiO^S ET CASSURES TERRESTUS.

il peut arriver que les deux parois de la fracture glissent l'une

sur l'autre, et même se strient mutuellement, simulant une

faille. Une fois ce mouvement de glissement cummencr. il se poursuit indéfiniment, si la pression qui a causé la face

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de rupture persiste elle-même. Les figures 96, 97 et 9*représentent les résultats obtenus.

■•■lemiHM. — Les résultais des trois séries d'expénean^ qui précèdent paraissent trouver diverses applications ^<^ logiques, tant dans les cassures souterraines que dans les effets qui en résultent pour le relief topographique et pVgraphique du sol et peut-être aussi dans les crevasses «lo» glaciers.

Forma el ditpofitîon de$ faiUet. — Dans leurs traces bori-

£on(aJes, considérées à des niveaux différents, de même qu'à leurs affleurements, les failles présentent des configurations semblables à celles qui résultent des expériences précitées. Comme exemples, je rappellerai le massif de la Côte-d'Or, dans lequel les failles ont été relevées avec beaucoup de soin, tant en plan qu'en coupes verticales*; celles de la Haute- Marne*, celles qui sont figurées sur diverses feuilles de la carte géologique d'Angleterre, etc.

Grâce aux nombreuses galeries qui les poursuivent en tous sens, quand des minerais les ont remplies, les carac^ tères des failles ont été étudiés d'une manière beaucoup plus complète dans les filons métallifères. On connaît les plans de nombreux champs de fractures, avec filons, tels que ceux de la Saxe (Freyberg, Schneeberg, etc.), du Harz, du Comouailles, du Derbyshire, du Flintshire, de la Lozère, etc. Les affleurements représentés sur ces plans ressemblent, d'une manière incontestable, dans leur ensemble et même dans plusieurs de leurs particularités, aux fissures artificielles dont il vient d'être question. Il en est de même des failles de nombreux bassins houillers que l'exploitation force à étudier minutieusement. Ainsi les failles présentent souvent des surfaces gauches infléchies, de même que les fissures produites par torsion.

In caractère de parallélisme se reconnaît, très-généralement, dans des groupes de failles et de filons, non-seulement aux affleurements, mais aussi sur le plongement'. C'est tout à fait la même ordonnance que montrent les fentes produites par torsion. Départ et d'autre, c'est une tendance manifeste i la régularité et au parallélisme, avec des perturbations dont on comprend facilement les causes.

*' Pir I. tJuUlebot de îîerville, en 1853. * Par M3I. Élie de Beaumont et de Cbancourtois, en i86*i.

' Filons des Consols en Gornouailles; ceux du district de Maria Âdalbert à Przibram. AtmaUi du Mine», 6" série, t. XY, PI. 111, etc.

La forte inclinaison des fissures artificielles sur la normale aux deux grandes faceç de la plaque rend bien comple de l'écart, quelquefois considérable, par rapport à la verticalité, que l'on trouve dans les failles.

Formes et disposUion des joints. — Le parallélisme se manifeste non moins clairement dans les joints.

Les escarpements verticaux des falaises de la Normandie, qui atteignent une hauteur de 100 mètres et dont le pied est facilement accessible à marée basse, offrent une occasion singulièrement favorable à l'élude des joints. On peut les y suivre, tant dans les formes planes, courbes ou infléchies de chacune d'elles, que dans le mode de groupement.

Au milieu des cassures innombrables qui traversent les roches, il en est qui se distinguent, même à distance, par leur netteté et leur continuité ; elles se poursuivent sur toute la hauteur des falaises (fig. 99).

C'est aux joints principaux que se rapportent les obsenations qui suivent.

Grâce aux démolitions qui se sont produites le long des plans de fractures, les joints ne sont pas visibles seulement sur le plan vertical, mais reconnaissables aussi dans leurs directions et dans leurs formes. En relevant avec soin, à la boussole, tous les jointsquel'on peut nettement observer, sur une longueur d'environ 14 kilomètres, du Bourg-d'AuU à Jolibois, près de Mesnil-Yal, j'y ai reconnu des directions variées S au milieu desquelles il en est deux qui sont prêdt^ minantes ; leurs moyennes sont respectivement N. 50* E. et N.127«E.

Parfois ce réseau se dessine sur la grève même, ou tahl^ de-roche^ pour l'observateur placé au haut de la falaise, à cause des sillons ou rigoles qui y correspondent (fig. 100;.

* Voir la bote de la page 326.

DOTATIffif DES FAILLES ET DES JOIRTS CONCfiRËRES. tS5

Ouant à leurs inclinaisons, ces cassures sont quelquefois verticales : le plus souvent, leur inclinaison sur l'horizon varie de 60 à 65°. La plupart des joints N. 0. plongent Ters le N. E. La position Terlicale a été surtout obserrée dans les cassures N. 50 à 75* E. Il n'est pas rare que

ru. n -~ FilaiiM da Tréporl. illrigiunl 100 mé\nt de bailleur, oi l'on toit 1« rTrèti àet |0inU<iBi IriTenenl.ai grand nombre, Iti couches crijeBies «t prennent deui direclioni prinopeln ; Ici Joinu ditenninenl l'eiislence d'ïccidenU, cotnparét dans le telle I de* redint dr liirlilIcilioDi.

ieax joints se croisent avec des inclinaisons contraires

Toutes ces cassures se présentent avec les allures que l'on coimait aux failles. Cependant, on constate, en général, lorsque la stratification est bien reconoaissable, qu'elle n'a pas subi de rejets. Les failles sont relativement rares, dans ces mêmes régions.

Çà et là, on peut observer des stries de frottement hori-

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