‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 55 sur 184 · RÔLE DES LITHOCLASES CO · texte numérisé non relu

RÔLE DES LITHOCLASES CO

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lées principales, s'embranchent un grand nombre dévalions, également rectilignes et parallèles entre eux.

Ainsi, sur la planche III, fîg. 1, à Téchelle de ^ôôto* ^^ distingue, comme cassures principales, celles qui ont donné naissance à une série de vallées parallèles, dirigées E. S. E. à 0. N.O,, comme la faille orientale du pays de Bray. Ce sont, à partir du nord, la Canche, TÂuthie, la Somme, la Bresle, rYères, TAulne et la Béthune. Sur ces vallées parallèles s'embranchent de nombreux vallons^ dont beaucoup sont également parallèles et se dirigent à peu près 0. S. 0. à E. N. E., sans être toutefois perpendiculaires aux premières. Exemple, des vallées de la Canche et de la Ternoise à Hesdin (Pas-de- Calais) dont Tangle est environ de 80 degrés *.

L'orientation moyenne de ces derniers vallons s'accorde avec la direction générale de la falaise, entre les embouchures de la Somme et de l'Arques. On rencontre encore, comme à Tembouchure de l'xVuthie, la direction E. 0. et, d'une manière moins apparente, la direction N. S. , qui est celle du littoral, entre l'embouchure de la Somme et la lisière du Boulonnais.

Quelques-unes des litboclases les plus remarquables, au point de vue de Touverture des vallées, ont été marquées sur un diagramme transparent qu'on doit superposer à la carte et qui, pour plus de netteté, n'indique qu'un petit nombre de celles qu'on aurait pu y tracer.

D'un autre côté, on a vu plus haut, page 524, comment les escarpements abruptes des falaises se prêtent bien à l'étude de l'orientation des cassures de toutes sortes qui en divisent les couches. D'après l'étude détaillée que j'en ai faite,

* Ces caractères géométriques ressortent plus clairement encore sur la carte

11 eoDvieot de faire remarquer ici que par suite d'une inadvertance le nom de Pays de Bray • été écrit trop à Touest d'environ 7 kilomètres.

360 APPUanON ALT DÉFORMATIONS ET CASSURES TERBESTOES.

les iiachses prindpalei sont soumises à des relations de parallélisme et se répartissent, comme on l'a vu, suiTanldeux directions prédominantes N, 50* E. et N. 127*E. Or, ces deux directions principales sont également celles qui prédominent dans les vallées et les vallons de la région voisine, même dans les localités où Ton ne connaît pas de failles.

Une autre démonstration non moins claire de Tinfluence des joints sur les érosions du sol est fournie parles grands escarpements mêmes des falaises. Ceux-ci ne correspondent pas à des failles, comme pourrait le faire supposer leur forme abrupte, mais à de simples diaclases. Les couches qui en forment la base se continuent sans rejet vers la plage qui est à leur pied et qui se montre à nu à marée basse.

C'est encore aux intersections successives de ces systèmes de joints que sont dues ces séries d'angles saillants et rentrants que Ton obser\e souvent dans la falaise, par exemple entre Tréport et Mesnil-Val, et qui, à distance, rappellent des redans de fortifications (fig. 99 et 100, p. 324 et 326). Souvent aussi les diaclases produisent une sorte de placage parallèle à la face principale de la falaise.

Des actions contemporaines, exercées sur les mêmes falaises, contribuent à faire comprendre Tinflucnce des diaclaso> sur les érosions. Un peu au-dessus du niveau delà mer,daii^ les parties battues par les vagues, on obsene en effet ithr fréquemment des grottes ou couloirs dont les parois sonl planes et ressemblent à des entrées de galeries de mines do grande dimension (fig. 101, p. 326); elles résultent d'érosions alignées suivant les parois des joints.

Ailleurs, c'est sur la plage même que Ton observe des sillons dus à une cause analogue. Ces érosions, à peu pK*s rectangulaires, considérées du haut de la falaise, rappellent, comme en miniature, d'une part, les érosions qui ont fomif les vallées et les vallons; d'autre part, les poches alignées.

miTÂTlON DES FAILLES ET DES JOIJSTS CONGÉNÈRES. 361

OÙ se sont souvent déposés les minerais de fer pisoiithiques et d'autres minerais métalliques dans diverses localités.

Dans les couches de craie de TAnglelerre, on trouve des plans de division de même caractère, comme le montrent certains rochers isolés de Tile de WightS ou les prismes mis à nu par un glissement sur la côte de Great Bindon en Devonshire'.

Ud autre exemple de relations du même genre est fourni par la planche III, fig. 2, qui représente, à l'échelle de g^(nrWô» le plateau de Gharny (Aube) et de Courtenay (Loiret), au S. 0. de Joigny, formé de couches crétacées, craie moyenne et craie blanche, que recouvrent des couches tertiaires peu cohérentes, argile, sable et terre rouge à silex. Un diagramme, pi. in, fig. 3, fait ressortir la direction des cassures principales et leur continuité est indiquée en plan par des traits pointillés. Il s'y présente des cassures reclilignes parallèles, qui se rapportent à quatre directions principales : N. S. (a, a, a) ; E. 0. (b, h, b) ; N. 0. à S. E. (c, c, c) ; N. E. à S. 0. (d, d, d). Ces cassures se décèlent par la configuration polygonale des vallées, dont les cassures ont été l'origine. Quelques-unes sont discontinues et presque entièrement à sec. L'une d'elles. A, est même sans issue, et les eaux qui s'y ras semblent ne peuvent s'écouler que souterrainement. La discontinuité pourrait faire penser que certaines parties d'une même fissure sont restées béantes, de manière à appeler les eaux et à favoriser leur érosion, tandis que d'autres parties, dans le prolongement des premières, restaient fermées, par la juxtaposition des masses cassées.

Sans sortir du sol de la France, on trouverait des exemples sans nombre de Tinfluence des diaclases sur la configuration d'un pays.

' Greeo. GetUoçy, p. 443.

* CoDjbeare and Dawson. Vietoê of Eoêi Dewm, i840.

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GEOLOGIE EXPERIMENTALE

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