i"-:i rrs«i -. C^'.ie dL>poâi(ioQ n'a ancsiie res
■ i^r*: its <j>;ur*j opérées par ua simple re-
-:rilr*?, •ies Leas étroits les rattachcnlatix feilte
de la nui!!'* r-Î-"-!!. D'ailleurs leur agencement, comme nii Ta vu <tsT leï ti'. I0'> el 101. nip|»elle complélement les C3>sures que l'on f;iil n;iitre dans une plaque, en exerçant siir elle une faible lursion De même que dans les eipérienccs. à côlé d'irn'-LniIariir'S cunsJd.'Tahles dans le détail', il y a wiio tenJanee ji-'-riêrale à un réseau assez régulier. Oe pari eld'aii-
' En s'tiiDitlii»uit. un iiK.a'' K^in; p-at prMoula-. à quelques ■n^trct de ditttarc, A j <litli;r>.<i.cei tlâ>-■ll>:l:le^ it lUref.ioa qui depunat puioia iO degrts.
DOTATKH^ BGS FAIILES ET DES JOGfTS OO^tGËHËRES. 5i1
tre, des formes courbes présentent des caractères du même genre.
Dans la régiou qui nous occupe, les couches de craie, quoique enappareuce horizontales, présentent deux systèmes de ploiements à grandes courbures, qui ont été signalés par divers observateurs, notamment par M. Hébert. Il parait, dès lors, naturel de supposer que ces ploiements ont entraîné les actions mécaniques, torsions ou autres, qui ont donné naissance à toutes ces cassures, d'autant plus que leurs direc-
Ff KH — DiriMOB de roehti tn poljèdref par quilrc ijiténui de joinli ptntléle*. Exemple r<ivBi pir 11 cirrière de celcaire carboniUre de Billunirc, MmU de Cork (trlaude), i'aprii LIntawM.
tioDs générales sont parallèles avec les axes de ces ploiements. Peut-être ca est-il ainsi dans les failles bien connues dans la craie de Meudon.
En examinant, dans d'autres contrées, des couches, qui, au lieu d'être restées horizontales, ont été fortement redressées, j'ai également observé, pour les joints qui les traversent, des dispositions analogues aux rés'ullats d'expériences. Exemples : vallée jurassique, dite du Chaudron, près Montreux ; yallée de molasse, aux environs de Vevey.
338 APPLKàTIM AUX DÊFORMiTIONS ET CASSURES lERBESTEES.
Ea général, les joints forment deux systèmes, dont Tun correspond à la direction, Tautre à la ligne de [plus grande pente. Ce dernier fait suffirait à montrer que la cause des joints se rattache aux efforts mêmes qui ont produit le redressement de la stratification.
Des figures empruntées au calcaire carbonifère des envi-
IZJT' >>^- ^^ .U'
Fis-lOk ~ Division de roches soivani trois tt^témes de joints ; exemple dn calcaire csrt>0D ^>t
pr«s de Cork (d'après M. Harkness).
rons de Cork et données par H. Harkness montrent trèsclairement la régularité que présentent souvent les joints
LAÏblÀ
ïig. fOI. — Dinsion de roches, suivant dcnz systèmes de Joints; exemple da
nifére près de Cork ^d'après M. Harkneas).
calcaire ca.*!»-
(fig. 102, 103 et 104), régularité telle, qu'on Ta attribuée à un cfTet de cristallisation.
Les exemples représentés par les fig. 105, 106, 107, !0S et 109, reproduisent des formes pseudcnrégiilièresy qui sont extrêmement fréquentes dans des roches très-diverses.
> Qumierty Journal, t. XV, 1859, p, C6.
UOTATHW ses FAILUS ET DES HIETTS CONGËNËIIES. 539
liaiton des (ailles de dioert ordres, entre elles et avec let
jonlt. — À la suite des caractères généraux qui rattachent les
joÎDls aux failles et qui ont été énumérés plus haut, je pré-
ciserai cette corrélation importante, en ajoutant quelques eiemples.
Outre les grandes failles qui peuvent être représentées
sur des cartes et des coupes géologiques, il est d'innombrables petites failles, qui leur sont juxtaposées et qui, évidemment, se sont produites dans les mêmes conditions. Ainsi, quand on perça, à travers les Vosges, le tunnel qui
su APPUUnON AVI tiVORlIATIONS. ET CASSUItES TEKRESTftES.
devait servir à y faire passer le caoal et le chemin de fer, on rencontra, à l'est de Sarrebourg, des couches de grès bigarré qui sont littéralement hachée» de tissures verticales (fig. 1 10) ; ces fissures sont souvent à moins d'un mètre d'intervalle, de sorte que leur ensemble présente l'aspect
d'une stratification verticale. Chacune de ces Assurés produit un petit rejet, et oITre souvent sur ses parois des surfaces frottées, parfois même émaillées : elles méritent donc le
Cig. 108. — Frjgtoenlpteudw^guller.en
nom de faille». Ces petites failles se rattachent aux failles considérables qui sillonnent le grès des Vosges, et qui sont particulièrement caractérisées vers la limite orientale de la chaîne, oij elles produisent des rejets de plusieurs centaines de mètres, au pied desquels se trouve la plaine d'Alsace'.
* petcriptitm gMôgigue du Sat-Rkin, p. 390; ISSi.
mrkvaa ks f&ilus et ms wii^fs cONSititis. 351:
D'autres parties de la chaîne offrent des faits du a^me genre.
11 en est exactement de même, à proximité du massif de la Câte^'Or, ainsi que l'ont également monU:-éle6 traiN;hée9 faites pour le passage du chemin de fer, et particulièrement celles du tunnel de Blaisy' (lîg. 111); de toutes parts, on Toit les couches coupées par une série de plans à peu près
Terticaux, très-rapprocHés et comparables, par leur fréquence et leur régularité, avec les plans de stratification.
Dans les bassins houillers on reconnaît les faits du même genre; ainsi à Gagnières (Gard), chaque faille principale a un cortège de fentes qui lui sont parallèles et qui, sans donner lieu à des rejets, ont en quelque sorte haché le terrain. Du gypse, de la pyrite, de la calcite, se sont infiltrés dans ces fentes secondaires. Dans une partie du pays de Galles, les
* CMpe pabliéfl par M. liiieéiiieur Kuelle-
333 APPLICATION AUX DÉFORMATIONS ET CASSURES TERfiSSIRES.
clivages de la houille (slips) sont orientés paraUèlemeot aui failles *.
Ces exemples su^isent pour faire comprendre eu quoi consistent ces petites failles, qu'on pourrait qualifier de
Fig. ItO.—SJri» de till1« iréi-nppnKhées pirilléln enlracllM, recoupées pir k nul )• '■ Hirnc lu Rbln. t la Inttnéa de [■ cbifne dci Voiseï, pr^ du loutemiD d'AmbiriJlicr n .• Homniirling {AtGOm^lre^au-deiiuidu niieiu de ]■ mer). L'illcmince d» coucbn d( niini< r. degrfe, qui consliiuenl L'élage de grés bigirrédini celle lof ili té. fiil neiienieat ra-mOt .f. innombriblei rejeti produite par le; Ailles, loul faible) qu'ilt wienl. — Échelle dn dfi.. '.• boriumlales ^s^ini ^taelledei hauteun ^-^ , c'eM-i-dire.5 faii Uprrcédcnte.
failles secondaires ou faillulet et qui font cortège aux grandes failles; les unes et les autres ont élé formées dans des coddi lions semblables.
Fig. tu. — Série de Mlles Irèt-nppnirbéei hacluDl al liât) recoupée! par le lunnel do chemin de fer de
pour l'eircution de ce tunnel. — Échelle da longuenn ^ ' ; ecneiie aa nao i-dire S fois plui grandea que lea bauleun. L'iDcliaaisoii dei couches ea( de 1
y |C6le-d'0r). el par 19 puiU : -
Une association du même genre ressort, non moins clain."mont, de l'étude des filons métallifères. Très-souTcnl, aui filons métalliques, sont juxtaposées des veines moindres qui
I Ucorne, Annott* drt Muia, > tfni, t. XIT, p- 511.
IMITiTIO!« DES FAILLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES. 353
leur sont parallèles, comme on le voit dans le département du Gard, et notamment dansleRouergue. Parmi les exemples sans nombre qu'il serait facile de citer, dans le Derbyshire et ailleurs, je rappellerai qu'en Cornouailles, comme l'ont observé De la Bêche et M. Haughton, les filons principaux et les filons croiseurs sont en relation de parallélisme avec deux des systèmes de joints qui traversent le pays.
Les transitions qui unissent les failles aux joints sont telles, qu'on peut être dans le doute sur le nom qu'il convient de donner à certaines fissures, non accompagnées d'un rejet. A côté des fentes à rejet, il y en a un grand nombre dans lesquelles le rejet est à peine sensible. D'autre part, de très-petites fissures sont parfois accompagnées d'un rejet fort visible. On peut même le constater sur des échantillons de collection, par exemple, sur le marbre dit ruiniforme de Florence.
En résumé, des fissures extrêmement différentes par leur ordre de grandeur, depuis les grandes failles jusqu'aux joints, se montrent dans la nature, comme appartenant à une même famille, comme étant congénères.
De même que les fissures naturelles, les fissures obtenues artificiellement, par l'un ou par l'autre procédé, présentent un parallélisme général, qui s'étend jusqu'aux moindres indices de fêlures, juxtaposées aux fissures principales. Départ et d'autre, on observe souvent des groupes de fissures, de divers ordres de grandeur, qui ont une tendance marquée au parallélisme.
JoifUs rudimentaireSf désignés sous le nom de clivages. — Outre les joints visibles, les ouvriers qui exploitent diverses natures de pierres remarquent que leur résistance est faible selon certaines directions qui restent constantes à travers des massifs étendus, lors même que ces massifs sont formés de roches différentes. On désigne souvent, sous le nom de
534 APPUCÀTIOS km DÉFORlIÀTIOtfS ET C&SSORES TOlItEbTEES
fil OU de grain', ce minimum de cohésion; on lui a' aus«i <lonné le nom de clivage, quoiqu'il diffère, par sa cause, du clivage proprement dit des corps cristallisés.
Dans les exploitationsd'ardoises, la disposition des joinUde
tig. Ut. — Forma coniUole du hloei qns cftlcrminnl In «rfUran ir Joiau bMbit<' '> dtllu. qai InTcrscnllcui^niKx ds Pigife*. 1 Himogne (Ardcnnct). JL B. C ■>. !>>•■ '■''"' '" E. F, G. H, JolDtdiLriflat plongcint dan. 0. ta S. E.; .t, 0. H, B, joial dil ■cfr; *>(''* joiat dit lonprain; A,B, E, F«tD. C. C, H.joioudiu aMKTilte. Ui li«(nias •>!« B" ■" •oi;! UDiiblemeol ptrpcndiculBirei an plin du reoilM.
cetle sorte a été déterminée d'une manière particulièremenl précise, parce que sa connaisance sert de base à la manière même dont on doit découper les feuillets. Dans celte opération, des joints, pour ainsi dire latents, jouent néanmoins
' Dm* le* arriiTM de imrlire de Canna, lea ourrien ditUngncai fpi^tnt. "^ un ST9(émede joinUon lèiti, luipbn de rupture nnnuné^ ou aou (Baua, Jt»'"''' fie appliqwée.)
OHTATION DES FAILLES ET DES JOINTS OONGÉNÈRES. SZ5
un rôle bien connu des ouvriers, qui leur ont donné des noms et qui en ont déterminé Torientation avec exactitude. Les fig. 112 et 115 montrent comment ces joints se présentent dans des exploitations appartenant auxArdennes et aux environs d'ingers. Pour la première, on ajoutera qu'en plaçant la partie supérieure du solide naturel, de manière que la ligne de plus grande pente, qui esta peu près Nord-Sud, soit inclinée i 35 degrés sur l'horizon, et que la direction Ouest-Est soit horizontale, le bloc est orienté et tous les délits sont dans leur position naturelle.
Fig. 113. ^ Forme conslaDte des blocs qae déterminent les quatre systèmes de joints nvturels on délits, qui travenent les ardoises des environs d*Angers. A. joints, ûïtsoMiereauz, hofizontanz et par conséquent perpendiculaires à la fissililé qui estveHicale ; E. joints, dits érunet, atteipuat jDsqn'i 50 ou 60 métrés, et inclinés à 45 degrés ; ces joints plongent vers l'ouest et donaeot lien, dans les exploitations, à de fréquents accidents causés par les glissements qu'ils provofnpnt. -> enjoints, dits ckef»^ verticaux, souvent trés-rapprochés les uns des autree (quelques nètres) et ayant des dimensions comparables à celles des érusses ;L, joints, dits cAaitvas, presque verticaux et trés-Toisins du plan de flssilité.
Ces fuinima de cohésion paraissent dus à la même cause q«e les joints ^ Quoique moins apparents, ils ne méritent pas moins Tattention : ils en sont comme un diminutif et pourraient être qualifiés du nom de joinU mrlueh.
Les fêlures, à peine discernables, ressemblant à des plans de clivage, que nous voyons naître à la suite de la torsion, au milieu des fissures, paraissent être ici les analogues de ces clivages naturels des roches.
* Cela n*empèche pas d'ailleurs qae» dans certains cas, des roches où la structure ttliùteaie n'eat encore qu'à l'état rudimentaire puissent aussi aroir un fil, ainsi que K l'ai conclu de mes expériences sur la schistosité.
336 APPUCATION AUX DËFQRMATIONS ET CiSStJRES TERRESTRES.
Si, par suite de la transparence des plaques sur lesquelles j'ai opéré, les fêlures les plus fines ne se trahissaient pas par des jeux de lumière et des effets de réfraction, c'est-à-dire si les plaques étaient opaques, comme les ardoises, les fêlures de celle dernière catégorie resteraient invisibles, eU de même que dans les ardoises, elles ne se décèleraient que sous l'action du choc^
Tendance des cassures de divers ordres à se grouper en ryitèmeSf dont rinclinaison mutuelle se rapproche de Cangïe droit. — La tendance à se couper sous des angles voisins de l'angle droit, qui se présente dans les cassures des expériences précitées, se montre également dans la nature.
Cette tendance est particulièrement accentuée dans les joints de nombreuses roches, ainsi que l'ont remarqué beaucoup d'observateurs, parmi lesquels on peut citer John Pbil* lips, Thurmann et autres.
Dans un même champ de fractures, les failles présentent aussi des directions très-différentes, et, fréquemment, elles sont à peu près perpendiculaires entre elles, comme dans divers bassins houillers, tels que celui de Blanzy, et dans de nombreux groupes de filons métallifères (Dolcoalh en Cornouailles, Yialas dans la Lozère, etc.)-
Pour les joints, comme pour les failles» c'est, on le conçoit* quand elles ont été incrustées de minerais métalliques, que les cassures ont été le plus rigoureusement étudiées dans leurs allures.
Cette tendance se reconnaît bien clairement dans les fentes remplies de minerai pisolithique, que l'on exploite dans diverses parties de la Lorraine et du Berry» dans les fentes à phosphates du Quercy, et ailleurs.
* Dans certaines localités des Ardennes, les cristaux de fer oxydulé, qui imprègon! \f* ardoises» «e sont logés suivant les longrains, et font ainsi ressortir des joints rudiment' 'm qui» ailleurs, ne sont pas reconnaissables à la Tue. C'est oonune une rëductkm do tl^ métallifères incrustant les failles et les joints proprement dits.
Parmi les nombreux exemples quMl serait facile de rappeler, je mentionnerai les Glons et veines qui sillonnent le ealcaire carbonifère du FlintshireS et les gites stannifëres de la Marche et du Limousin'. M. J. B. Whitney a observé, dans le Wisconsin', des dispositions exactement reproduites par les résultats d'expériences. Dans toute la région des mines de plomb, qui n'a pas moins de 140 kilomètres sur 90, les crevasses métallifères sont, pour chaque district, disposées en deux systèmes rectangulaires entre eux, et dans chacun desquels elles obéissent constamment à la loi de parallélisme.
On a souvent supposé que les failles, qui ontdes directions très-différentes, ne sont pas contemporaines. On n'a mémç pas toujours admis, et M. Harkness lui-même est de cette opinion, que tous les systèmes de joints constituant des réseaux, pussent être synchroniques. Il n'est pas douteux que des cassures se soient produites dans l'écorce terrestre, à des âges très-différents, ou au moins, que les mêmes cassures se soient ouvertes et aient joué à des époques successives. Mais un fait non moins certain résulte des expériences qui précèdent, c'est que, de même que les' joints, des failles de directions très-différentes et même perpendiculaires entre elles, peuvent avoir été ouvertes simultanément, par un seul effort. C'est certainement ce qui a eu lieu dans la nature.
Ainsi, à Carlsbad en Bohême, les joints qui coupent, à angle droit, le granit à gros grains, et qui se montrent dans de nombreux rochers (fig. 122, p. 358), sont parallèles à deux systèmes de cassures qui traversent le pays, notamment à de grands filons quarlzeux \ Une relation semblable se manifeste, comme on l'a dit, en Gornouailles.
^loîstenet, Annaleg deê Mina, 5* série, t. XI, p. &91. ' UlUrd, inéiDe recaeil, 0" série, t. X, p. 321. ^hepcrt of the geoiogieal Survey of Wisconsin, t. I, p. 73, « Comnie Fa montré M. ton Hochstetter.
Ce qui confirme Tasserlion qui vient d'être émise, c'est la relation que présentent ces cassures avec les déformations des couches. Par exemple, dans les bassins houiilers de la Grand'Combe (Gard), de Sainl-Perdonx (Loi) et de Steyerdorf en Banat, deux systèmes de failles, perpendiculaires entre eux, sont respectivement parallèles aux deux axes du bassin, grossièrement elliptique, que Tinflcxion a déterminé.
La tendance à Tangle droit peut d'ailleurs être contrariée, dans l'expérience, par plusieurs circonstances, telles que la non-homogénéité de la substance, et la manière inégale dont la pression agit sur des parties du corps, qui paraîtraient dans des conditions identiques. Des perturbations analogues ont eu lieu dans l'écorce terrestre, comme il esl facile de le comprendre.
Dans l'une et l'autre circonstance, Tun des systèmes conjugués peut prédominer considérablement, surtout quand il s'agit de grandes cassures.
En grand comme en petit, dans la nature comme dans les résultats d'expérience, nous trouvons des traits frappants de ressemblance dans les cassures, tant pour leur forme que pour leur distribution. De part et d'autre, les traits de régularité, aussi bien que ceux d'irrégularité, se reproduisent dans leurs caractères essentiels.
Intérêt de la bi$$€ctrice des cassures conjuguées. — Dans Ie> expériences, les systèmes de cassures ont des directions bieâ différentes de la pression qui les a produits.
On a souvent cherché, dans une direction de failles ou de joints naturels, la direction delà force qui les avait produiL^ et avec laquelle on supposait celle-ci alignée. D'après le> expériences qui précèdent, ce n'est pas dans cette direction unique, mais dans la disposition générale du réseau, dont le système de fissures fait partie, qu'il faut chercher des
nnTATfON DES FAELES ET DES lOlHTS CONGfiNÈRES. 3S9
indices de Tactioa mécanique, à laquelle les ruptures doivent être rapportées. Ainsi, dans les mines d'Auchy-au-Bois (Pas-de-Calais), la bissectrice des deux systèmes de failles fait avec le méridien le même angle (de 50 degrés) que la série d'affleurements dévoniens, connus au sud du bassin.
Sur nos plaques minces, ce sotit aussi les bissectrices des lignes de fracture qui donnent, Tune la ligne neutre, Tautre la direction du plan, dans lequel les glissements se produisent par la torsion.
Casmreê orthogonales dam le$ corps extraterrestres. — Non seulement des fractures, sous forme de joints, se rencontrent, de toutes parts, dans les parties où l'écorce terrestre a été notablement déformée, mais elles se montrent aussi, avec des caractères identiques, dans des corps extraterrestres. C'est ainsi que de véritables surfaces de frottement, polies et striées, comparables aux miroirs des filons, se montrent sur des météorites très-variées, les unes essentiellement métalliques, comme les syssidères d'Atacama, les autres tout à fait lithoîdcs, comme les sporadosidcres de Pultusk, de Chantonnay, de Girgenli, d'Aumières, etc. Toutefois aucune météorite ne présente un exemple plus caractérisé de joints, véritablement conjugués, que le fer météorique de Sainte- Catherine (Brésil); un craquelé s'y est produit suivant trois systèmes de plans à peu près rectangulaires entre eux^ (fig. 114 et 115). De la magnétite cristallisée, qui s'est déposée dans ces innombrables fissures, les rend encore plus apparentes sur une surface polie.
Cassures en échelons ou en gradins. -^ Dans le réseau de fissures qui traverse les plaques de glace, il en est qui se poursuivent, avec continuité, sur toute la largeur de ces plaques. Il est d'autres fissures, au contraire, qui, en cou-
* Cmpki re$iduê de F Académie dee ecietweê, t. LXXXIV, p. 482 et 1503; et 1. LIXXV. p. 4255.
340 AIVLICiTION ADI DËFORUTKmS ET CASSURES TERBEETRES.
pant les premières, subissent uae déviation à la rencontre de chacune d'elles ; de telle sorte que, au lieu de consister en une fracture unique, elles présentent une série d'éléments non continus, mais parallèles, coupant les bandes comprises dans le premier système de fissures et constituant, avec les éléments de celles-ci, l'apparence de gradins ou escaliers (pi. I, fig. 5). Quoique les deux systèmes aient dû se produire dans un temps très-court, cette déviation doit Taire supposer que les cassures interrompues ont succédé aui cassures continues. Ainsi, des fissures, qui seraient quali-
Fig, 114 el 115.— Fonoei de* fïigmenti polT^riqua. iialh Int du ia lulra pir ta >>'ii:> Dilnreli qui tnveraenl. dioi Inù direcUoni principales, perpeadicniairai tout dta. I* ta méUorique de SiinlfrCatlieriae (Or««il).— Écbdie de i.
fiées par les géologues de contemporaines, se présentent comme si elles étaient d'âges différents.
Or des dispositions identiques sont très-fréquentes dan> la nature. Dans les failles et dans les filons métallifères, on rencontre à chaque instant des fractures, dont on a comparé la disposition à des échelons, gradins, bayonneltcs ou chevrons'. Contrairement à ce que l'on a quelquefois suppôt être une règle, c'est la fracture la plus récente qui a éprouvé une déviation, causée par la plus ancienne.
Rejett. — Les dénivellations réellement causées par les fractures de l'écorce terrestre et par un mouvement relatif
* Des re«MuU, de même apparence, tont oonniu, depaïs longtempi. ittn Ici fil>^is mfUllirËris du Derbjihire, oiï ili lont maaifesletncnt dus i l'iiiég*le rttiHaioe da couche» de naturel divenea, ctlcairet, icliistes, Inppi, i inien loqndki la Ule i^ lirimiliTement ouverte
flflTATfON DES FilLLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES* S4t
Je loDg des parois des failles sont, comme on le sait^ trèsfréquenlas; c'est ce caractère qui parait avoir valu aux failles leur nom.
Dans les déformations produites par une simple pression, les fentes FF (pi. 11, fig. 3) avec les inégalités des parois et le rejet qui a suivi leur formation, rappellent tout à fait les failles et les filons métallifères avec leurs renflements et étranglements»
Ces rejets sont variables, non-seulement d'une fente à l'autre, mais encore dans retendue d'une même fente ; c'est ce qui est habituel dans les failles*
Influence dam les rejets, non-seulement de la pesanteur j mais de la pression même qui a produit les failles. — Certains géologues ont supposé que les rejets se sont produits postérieurement à l'ouverture des failles et par une cause indépendante de l'origine même de la faille. Les différentes pièces ou Youssoirs, dans lesquelles les roches étaient découpées, auraient cédé à l'action de la pesanteur, qui tendait à les faire descendre sur les plans inclinés qui les limitent, conformément à la règle dite de Schmidt. Toutefois les exceptions à cette règle sont nombreuses, même lorsqu'il s'agit de forts rejets : les failles, dites inverses, abondent, par exemple dans le bassin houiller de la Grand*Combe.
Ce qui prouve clairement que le mouvement n'a pas toujours été déterminé par l'action de la pesanteur, c'est que les surfaces polies et striées des parois montrent fréquemment des stries de frottement qui s'écartent beaucoup de la ligne de plus grande pente, et qui, souvent même, sont à peu près horizontales. Ce caractère, que l'on rencontre dans les Vosges, dans les Alpes et ailleurs, se retrouve également dans les miroirs de filons ^
* Exemple : à Cbemnilz, le ûloa GoUoredo (ZeiUer et Henry, Annales des mines^ ?• sériât m, p. 144).
S43 APPUaTION AUX DfiFOIUIATIO:«S ET CASSURES TERRESTRES.
Dans les expériences, la pesanteur n'interrlenl dans li production des rejets que pour une part insignifiante. Mais il n'en est pas de même dans la nature, où les poids des pièces, isolées par les cassures, étaient énormes. Toutefois il faut tenir compte aussi des forces, qui sont indépendantes de la pesanteur, et qui se rattachent à Touverture même des failles. Les mêmes forces qui, après avoir déformé les massifs de roches, y ont produit des glissements moléculaires et des surfaces de fractures, telles que les failles, ont pu continuer à agir encore, postérieurement à ces ruptures, et déterminer des dénivellations, puis de nouvelles plicatures. Ces poussées latérales, auxquelles se rattache l'ouverture de certaines failles, Tauront emporté parfois sur Faction de la pesanteur, particulièrement quand les failles sont peu inclinées par rapport à Thorizon. C'est ainsi qu'on peut se rendre compte de superpositions, qu'on a qualifi<**e^ d'anormales et qui sont cependant très-fréquentes. Tel e<l le recouvrement du terrain crétacé par les roches granitiques, entre Meissen et Zittau, en Saxe, sur une longueur de plus de 120 kilomètres.
Telle est encore la superposition du calcaire carbonifère et des couches dévoniennes sur la partie moyenne du terrain houiller proprement dit, superposition qui a été récemment reconnue dans le nord de la France et eu Belgique' (fig. 116). Il en résulte ce fait important et inattendu que do> puits arrivent au terrain houiller, après avoir traversé il«> terrains plus anciens, dont la présence avait ôté tout espoir de réussite. La grande faille, dite du Midi, le Ion;, de laquelle se produit un énorme refoulement, s'étend d^'^ environs de Liège jusqu'à l'extrémité du Pas-de-Calais, «l actuellement est reconnue sur plus de 200 kilomètres*; s^n inclinaison par rapport à l'horizon descend au^iessous <!('
* Coriielet Briart, Annales de la Société géologique de Belgique, t. U, tS7J.
IHITàTUM DES VAILLES ET DES JOINTS COfJGfi.teRES, »S.
JSdegrés. Il serait donc possible que celte faille considérable fiit une suite des phénomènes de' pression qui ont causé, les replis multiples des couches, dans la zone méridionale du bassin bouiller; comme si l'efrorl, quelle qu'en soit la cause, qui a été assez puissant pour ployer, sur plus d^ S500 mètres d'épaisseur, les couches des terrains déyoniens et carbonifères, depuis le Pas-de Calais jusqu'en Westphalie, Q'aroit pas été épu-isé par un si gigantesque travail. ,
Or les expériences qui précèdent montrent bien comment la dénivellation entre les deux parois de la fente peut avoir
7if. Il«. —Liiinn des ploieni*nli aui faillM : ciemple fourni par la renrcnement det couchet do Icmin boniller, du ulcaire urbiniKre tl du lemin rUvsnien * Auchy-aui-Bois (Pal de- Ciliii). — Coupe lerlicala ,ta invendu btuiu, pir Jeatoaa 1 etS, t l'ëcbelle de jgv'o^iii, d'ifi^l. Bnlan.
t\é produite par la pomsée même qui a ouvert cette feiUe. En d'autres termes, les fissures et les dénivellations qui les ont suivies peuvent être les conséquences d'une action unique, lien est au moins ainsi, quand la pesanteur n'intervient pas. Coanexioii des efforts qui ont produit des ploiements de cour àn et des failles. — Les géologues qui ont étudié, dans divers pays, des couches fortement ployées y ont reconnu des failles, qu'ils ont considérées comme consécutives d'inlleiions forcées, que ces couches auraient subies, inflexions qui, au delà d'une certaine limite, auraient amené une fracture. Déjà &iM. Rogers, à la suite de leur remarquable étude
544 APPUUTION AUX DËFORÏATIONS ET CASSCRES TEBRESTHIES.
sur la chaîne des Alleghanys, étaient arrivés à cette coaclu' sion. C'est aussi la conséquence à laquelle on est conduit, pour les couches houillères, si énergiquement plissêes dans le nord de la France et de la Belgique, et pour certaines couches des Alpes, dont un exemple est représenté par la figure 117. Dans les Alpes de la Savoie et du Dauphinc, H. Lory a reconnu que ces masses montagneuses se divisent en quatre zones et sont séparées par des failles, qui ont pn'-paré le relief des chaînes ; une de ces failles, qui commence au massif du mont Diane et va jusqu'au massif du Pelvoux,
rig. HT. — Sacllom orieaUo panlliltmenl Ici nneiaux intm elmoutnai i-j-na— ii npli paiM proEnDsiveinenl à une tiills. coarorm^ment aui riiulUli d« l'ciptrïeMM npnKo^u pu Sj. 96 à se, p.311el3St - ÉcbeUc de l^ i jf^^^. d'tprèi 1. Uelni.
a une longueur de plus de 150 kilomètres. De même dans le Jura, les soulèvements en voûte, particulièrement nombreux dans la zone occidentale, sont associés à des failles, qui ont découpé les massifs.
Dans ces exemples et dans bien d'autres qu'il seraitfacile de citer, les mêmei efforts, modifiés parfois dans leur direction et leur intensité, notamment par le déplacement des masses sur lesquelles ils s'exerçaient, paraissent avoir produit, successivement ou alternativement, des ploiements, des failloà et des poussées, auxquelles se rattachent les rejets accompagnant ces failles.
• StcUoDB fmpnintées i l'ouTTige iniitulè : ikekaMitma* dtr (MirfMUaKf, UX
DOTATIOlf KS FAILLES ET DES JOINTS GONGËNÊRES. 545
Ce mécanisme fait comprendre comment des actionst assez énergiques pour ployer des séries de couches, sur des épaisseurs très-considérables, ont pu aussi déterminer des failles, puis des dénivellations énormes.
Les expériences précitées, particulièrement celles qui concernent les cassures consécutives des ploiements (pagef^ 521 et 522), conduisent également à des séries de fissures parallèles, qui se produisent, lorsque, à la suite du ploie* ment, la limite d'élasticité de la substance a été dépassée.
Failles et eoisures diverses dans des couches très- faiblement dé-formées. — On a tu qu'il suffît d'une faible déformation pour produire de nombreuses fissures : on ne peut dès lors être surpris de trouver des failles, en dehors des pays montagneux, ou fortement disloqués, dans des régions de collines ou de plaines, telles que certaines parties de la Nièvre, le Sancerrois, le nord de la France et le sud-ouest de l'Angleterre, où ces failles se lient aux ploiements généraux que les couches ont subis dans ces mêmes régions. Malgré Thorizontalité que l'on croit y reconnaître, si on les considère sur des points isolés, les couches de ces divers pays ont subi un gauchissement, une torsion, qui suffit pour expliquer l'origine des failles ou cassures qui les traversent.
Pour beaucoup de terrains stratifiés, qui sont à la fois faiblement infléchis et traversés par des failles, l'observation a fait reconnaître, comme très-vraisemblable, que la cause des inflexions et celle de la formation des failles sont connexes. M. Hopkins Ta très-bien constaté dans le pays de Weald, et le soulèvement du pays de Bray parait avoir produit des effets analogues, jusqu'à des distances considérables.
n en est de même, et à plus forte raison, pour les joints de glissement, qui se montrent pour ainsi dire partout; d'innombrables couches sont, pour ainsi dire, cisaillées en
Ma APPUCATION AUX D£FORMâTH)N$ ET aSSURES TERRESTRES.
pienUs fragmejits ; les couches de craie blanche de la Normandie présentçnt un exemple de cette dernière circon- $tance, comme on Ta vu plus haut (p. 324 à 326).
Les cassures naturelles qui se sont produites dans ces circonstances s'expliquent par les expériences où une faible déformation, qu'elle résulte d'une torsion ou d'un autre mode de pression, cause les systèmes de cassures de divers ordres, dont il vient d'être qyestion.
Fréquence probable des effets de torsion dam la lULture. — D'après ce qui précède , une ressemblance manifeste rai»proche de nombreuses cassures, de divers ordres de graodleurs, qui traversent Técorce terrestre et les cassures produites sur des plaques minces par une torsion. Dans les un(^ et dans les autres, on remarque un grand nombre de fentt ^ reclilignes, groupées parallèlement entre elles; de part et d'autre, ces séries de fentes parallèles se groupent en deux Qu plusieurs systèmes, orientes suivant des directions diflcrentes, de manière à constituer des réseaux. Cette ressemblance dans les effets peut faire supposer une certaine analogie dans les causes.
Un rapprochement est d'autant plus autorisé que Toa arrive à reconnaître directement que deseffels de torsion oui pu et même ont dû se produire dans l'écorce terrestre.
Lamé, dans le chapitre où il a appliqué la théorie malhê matique de l'élasticité à l'écorce terrestre, conclut que ceii* enveloppe, sous la simple action de fortes pressions intt^ rieures, de la pesanteur et des pressions extérieures, {n*ui avoir subi des torsions \ A part ces considérations malht^ matiques, les déformations sans nombre qu'a subies i'iVon> terrestre, pendant de très-longues périodes, conduisent admettre qu'il a dû s'opérer des torsions, dans beaucoup «i
* Car, si l*on considère les forces djns un plan Yerticat séparant deux iDas»;:^ -* .(oiveft peutent être une traction, dans une partie du plan et, dans Taotie, um pntN.^
DOTATiON DES FAILLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES. . U7
ses parties. I^es pressions laléraleis ou horizontales d'une fixlréme énergie, dont on constate, de toutes parts, les preuves manifestes, n'ont pu sans doute, à moins de circonstances exceptionnelles, s'exercer avec une symétrie telle que les forces contraires, qui étaient en présence, n'aient pas causé de torsions.
Cette conclusion sur la possibilité de torsions fréquentes ressort, d'une manière plus précise, de l'examen des inflexions diierses etdes formes tourmentées que l'on a constatées dans plusieurs bassins houillers du centre de la France, où les allures des couches ont été exactement reconnues par les traTaux d'exploitation :. par exemple/ dans les bassins de Saiat-Ëtienne, aux environs de la Ricamarié, où, en quelques points, les ploiements ont fait disparaître le parallélisme des couches; ceux du Creuset, du Monlccau et de Monchanin iSaône-et-Loire) ; ceux de Commentry et de Bezenet (Allier), de Saint-Ëloi (Puy-de-Dôme), de Decazeville (Aveyron), du Pas-de-Calais, et bien d'autres, montrent des couches comprises entre des surfaces gauches et sinueuses, souvent très-irrégullères, et des couches de houille, dites en chor pekt; les renflements de ces couches, séparés les uns des autres par des étranglements ou ierrées^ paraissent déceler les effets d'une torsion. Les exploitations d'ardoises au envir rons de Fumay par exemple, ont fait reconnaître avec exactitude des ploiements non moins compliqués (fig. 134 et 155^ pages 394 et 595).
De toutes parts, même dans les régions où les couches ^mblent planes, comme le nord de la France, il s'est opéré des gauchissements. Des torsions ont pu se produire dans ces transformations diverses, quelque faibles qu'elles paraissent, et lors même qu'elles auraient été causées par de simples tasse* ments ou porte-à-faux, opérés sous Faction de la pesanteur* Dans ce dernier cas, bien plus que dans celui de disloca-
548 APPUCiTION AUX DÉFORMATIONS ET CASSURES TERRESTRES.
lions violentes et d'énergiques poussées latérales, le rejet des failles a dû se faire dans le sens de Faction de la pesanteur.
D'ailleurs, sans qu'il y ait à recourir à des suppositions, il est de très-nombreuses failles qui ont conservé Tempreinte d'une torsion, non-seulement dans leurs formes gauches, mais aussi dans les rejets contraires qu'elles ont produiu. On y voit^ en effet, le rejet varier d'amplitude, pour une même paroi de la faille, lorsqu'on en suit le parcours en direction, et il n'est pas rare que l'une des deux parois ait subi, ici une élévation relative, là un abaissement. Ces failles à rejets contraires, positif et négatif, ont un point intermédiaire ou nœud où le rejet est nul; aussi les mineurs «l** certaines localités les désignent-ils sous le nom de failles 4 charnières.
Parmi les actions mécaniques de nature très- variée et les écrasements latéraux que l'écorce terrestre a subis de loutr> parts, l'expérience nous amène donc à considérer la torsion, comme l'une des causes probables, si ce n'est certaines, d*uQ mode de fracture qui est très-répandu, notamment dans 1» > joints et dans les failles. C'est une donnée que reipéri* mentation apporte à la solution du problème général.
Mouvements brusqves qui ont pu résulter des dèformùimi lentes. — Dans les conjectures qui ont été faites sur Torigine des failles, on a supposé, comme Ta fait Naumann', qu'elles avaient été élaborées par des actions de très-lonp^f durée. C'est une illusion comparable à celle qui, il n'y é guère plus de vingt ans, faisait croire et dire, dans u:. ouvrage de géologie des plus répandus, que si l'acide î^ili* cique, au lieu de rester à l'état amorphe, comme dans le> laboratoires, a pris l'état de quartz, ce ne pouvait ètrequ*a\t*v* le concours d'un temps extrêmement long. Or on sait aujourd'hui qu'il n'en est rien, et qu'il sufGt de quelques heun^
t Kaumaim, Uhrbuchder Geognonê, t. lU« p. MO.
pour obtenir des cristaux de quartz, qui, il est vrai, sont de petites dimensions. De même^ il ressort des expériences, dont il vient d'être rendu compte, un fait général, savoir, que des déformations lentes et des efforts graduels, lorsqu'ils ont sufGsamment dépassé lalimite d'élasticité des roches sur lesquelles ils s'exercent, peuvent aboutir à des systèmes de fractures produites brusquement, et présentant, avec un caractère de parallélisme évident, d'autres ressemblances avec des cassures naturelles, très-fréquentes dans Técorce terrestre. Un mouyement brusque explique facilement certains phénomènes, tels que les miroirs de frottement, qui ne se conçol- Teot guère par des actions lentes, dont l'importance se manifeste, d'ailleurs, de toutes parts, dans l'histoire physique du globe.
De même qu'on l'a fait, après un demi-siècle de discussions, pour les deux doctrines neptunienne et plutonienne, qui faisaient exclusivement intervenir l'eau ou le feu, l'expérience tend à faire admettre que les actions lentes et les actions brusques, loin d'être incompatibles entre elles, ont été solidaires et connexes, les unes ayant amené les autres*
Fissures et glissemerUs obtenm par le choc. — Relativement à la production expérimentale de fissures, il n^est pas hors de propos de rappeler ici les résultats obtenus, il y a 45 ans, par MM. Piobert et Morin, dans leurs études sur la manière dont les projectiles de fonte pénè.trent dans des plaques également en fonte. Dans ces conditions il se produit une série de couches coniques et parallèles, qui paraissent avoir glissé successivement les unes sur les autres, à mesure que l'impression sur la plaque faisait des progrès. C'est un exemple, à la fois, de fissures par glissement, produites avec une régularité géométrique, et de rejets, avec surfaces striées, qui ont accompagné la formation de ces arrachements* Des pressions, d^une longue durée et suffi-
r55a ÂPPUCATION AUX DÉFORMâTIOKS ET'CDBSORES termsstres.
samment énergiques, produiraient peut-être des efTets analogues à ceux que les chocscausent, presque toujours, instantanément.
Observation générale. — La corrélation la plus rcmar quable que présentent les cassures terrestres, petites oi grandes, est un parallélisme qui se reproduit un gron^ nombre de fois et qui, pour le même champ de fractures, s< manifeste suivant une, deux ou plusieurs directions. Ces dm] caractères fondamentaux se retrouvent également dans \t cassures obtenues artificiellement. Grandes cassures, avt^ rejets, comme les failles; petites cassures sans rejets app rcnts, comme les joints ; fentes à peine discernables et o»in parablesàuh clivage; gerçures béantes^; tendance de lou!»*! ces cassures à se grouper sous des angles voisins de V^\\J\ droit: tels sont les modes de ruptures que rexpérimentali< * fait naître, simultanément et subordonnées les unes aui autres, de la même manière que dans la nature. C'est ain^i que l'expérimentation jette de la lumière sur les liens dsolidarité que nous montre la nature, pour des cas$ure^ (i* divers ordres, mais congénères\
Des cassures innombrables, se groupant suivant plusi«'ursystèmes parallèles, peuvent être re(Tetd*une pression unique . quelle que soit d'ailleurs la cause de la pression, que o ti' cause soit l'action de la pesanteur ou une contractioOtdur un changement de température.
La multitude de polyèdres, dans lesquels nous voyons un' pression unique diviser, simultanément^ une même o)a>^' explique les fissures innombrables des roches, en quvlp"^
* Dans rcxpérience, les cassures les plus petites sont les phisréguBèris; il encore de mt^me dans la nature.
' Ces expériences ont ramené Tattention sur un sujet d^à étudié par Coulonil I Saint- Venant et 11. Maurice Lévy ont cherché à expliquer par le raiMmMot'flt t que les cassures s'ouvrent sous des incidences égales, par rapport à la dinvtJ^ a pression et qu'elles tendent à être perpendiculaires. De son côté, V. Potier, p*^*renient à nos expériences, a tenté d'en démontrer mathématiquement les r^- (Compieê rendue et t Académie det icieneeê^ t. LIIXTI, p. 1539, Wï%.)
DOTATION DES FAIUES ET DES JOINTS CONGÉRÊftES. 3M
sorte cisaillées, de la même manière que les masses brisées par torsion ou par pression.
CoHrmance de dénominatiom spéciales pour les divers ordrei k mmres. — Parmi les cassures, de formes et d'origines variées, qui traversent en tous sens Técorce terrestre, il est certains types qu'il parait utile de caractériser nettement et de coordonner.
il en est qui ont été produites par retrait; telles sont celles des prismes bien connus dans les roches volcaniques. D'autres sont des plans de clivage^ qui se rapportent à la schis^ tosiléet dont il sera question plus loin.
Mais les plus importantes de ces cassures paraissent dues à nn glissement moléculaire et se rattachent à des presnans^ dont la cause première doit être cherchée en dehors de la roche elle-même; ces dernières cassures sont du genre de celles qui ont laissé leurs énergique^ empreintes dans les ploiements de roches stratifiées, et dont les failles sont les représentants les plus connus.
Ces cassures des roches, ont, en général, reçu le nom de jmts, nom également adopté par les géologues anglais \ el dont j'ai dû me servir dans tout ce qui précède. Ce nom, emprunté à Ta rchi lecture, où il désigne les plans, suivant lesquels on a assemblé les assises d'une construction, parait inexact, lorsqu'il s'agit, au contraire, de faces de rupture, auxquelles le nom de disjoint sevdiil mieux adapté. On peut lui substituer un nom> à la fois plus juste et plus compréhensible dans différentes langues. Tel est celui de dia-
Les nombreux faits qui unissent, par une relation intime et originelle, les joints aux failles, et qui appartiennent éga-
'HnaHemànd : Kluft, Ris$, Spaii, Âbêonderungiflâche,
'Iteflià, à traders, marque la division; et de xÀà», briser, diviser; fissuré par brisement. • -
lement au domaine de l'observa tion et à celui de rexpérience, conduisent à rappeler cette commune origine par une similitude de nom. Celui de paraclase ^ exprime que la cassure est accompagnée d*un déplacement. Sans prétendre le substituer à celui de faille, qui est si répandu', nous croyons devoir le présenter, pour la double raison d'une s^inétrie avec le nom de diaclase, et, comme le premier, d'une étymologie rationnelle.
Enfin lesdiaclaseset les paraclases constituent deux grande groupes, dans les cassures qui nous occupent et auxquels convient le nom général de Uthoclase.
des ezpèricaccs, em ee ^pd de divers wtënm €gme prèMirte le relief d« ael. — L'iufluence fondamentale que la constitution géologique exerce sur la codIiguration de la surface du sol, se manifeste partout, avec plus ou moins d'évidence, soit que Ton considère les grandes masses, dans l'ensemble de leur agencement, soit qu'on analyse les détails de leurs formes. Sans le secours des lumières apportées par la géologie, il est impossible de comprendre les contours et le relief des continents, non plus que beaucoup de leurs caractères topographiques.
Hais, si les différences que les massifs de roches présen* tent, dans leur nature minéralogique, ainsi que dans leur juxtaposition originaire, ont une large part dans la physiiv nomie de chaque con trée, les act ions que ces roches ont subies. postérieurement à leur formation, jouent aussi un rôle fort important. Ces actions postérieures, quoique de nature complexe, peuvent se résumer en caswres et en érosiom.
*De itafià, préposition qui exprime ordintirement dbUqnité, bténUté: et 4e<ài» briser ; le mot s'appUque bien à une iisture, acoompegnée de rabtisBcment de l'ooe d^ parois par rapport à l'autre» conune il arrive dans les failles.
* En anglais, fauU ; en allemand, Yerwerfvng, Venterfimg9$pQii^ Spmmf. etc.
ûffTATION DES FAILLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES. 3S5
Partout se manifeste la puissance, avec laquelle les agents de la surface, tels que les courants d'eau« les glaciers ou les neiges, ont autrefois exercé leurs démolitions. Dans les chaînes de montagnes, aussi bien que dans les régions de collines ou de plaines, il n*est pas une vallée, pas une proéminence isolée, qui ne présente des traces d'érosions.
Sans être aussi apparentes» au premier coup d*œil, les cassures de divers ordres ou lithoclases, qui traversent, de toutes parts, les roches constitutives de Técorce terrestre, ne sont pas moins instructives pour l'explication du relief du sol.
Déjà Descartes, après avoir conçu la grande idée que la Terre est un soleil éteint et encroûté à sa surface, en avait conclu, par une intuition qui est le caractère du génie, que les voussoirs de la croûte terrestre, en jouant les uns par rapport aux autres, ont dû y produire des aspérités.
Des observations positives ont, en effet, appris, depuis la fin du siècle dernier, à la suite de Hutton, de Saussure, de Léopold de Buch, d'Élie de Beaumont et d'autres géologues, quel'écorce de notre globe présente d'innombrables lignes de fractures, auxquelles se coordonne son modelé.
Influence bien œnnm des paraclases sur le relief du sol. — En ce qui concerne les failles proprement dites ou paraclases, l'influence qu'elles peuvent exercer sur le modelé général du sol est bien connue, et le géologue les reconnaît fréquemment aux anomalies qu'elles causent dans le relief.
Souvent les paraclases se traduisent, à la surface, par des saillies brusques et allongées comparables à des falaises. Telles sont celles qui terminent la chaîne des Vosges, du côté de la plaine du Rhin, particulièrement dans la région septentrionale, formée de grès des Vosges, ou celle qui limite TAlpe du Wurtemberg, etc. Quelquefois aussi les failles donnent lieu à des ressauts, qui, sans être aussi considérables que ceux qui viennent d'être cités , sont cependan
très-marqués (Côte-d*Or, où on les a désignés sous le nom de héri$$om). Ces saillies, de divers ordres de grandeur, sont dues à des rejets plus ou moins considérables, qui ont donné à une des parois de la faille une élévation relative, qui subsiste encore, au moins en partie, lorsque des érosions postérieures ne Tont pas fait disparaître.
Fréquemment les paraclases s'accusent, non par des saillies, mais, au contraire, par les érosions qu'elles ont provoquées. Il y a longtemps que de la Bêche a montré que, dans la contrée du Black-Down, des failles qui traversent les couches crétacées ont donné naissance à des vallées\ En signalant le parallélisme de la Lys, de TEscaut, de la Dendre, de la Senne, de la Dyle, de la Gette, d'Omalius a supposé aussi que ces lignes étaient le résultat de fractures, comme Dumont l'avait conclu pour la Hesbaye. Bien des terrains houillers, où Texploitation obligea suivre et à relever exactement la situation des failles, offrent des coïncidences analogues : tels sont ceux de Sain t-É tienne, de Blanzy, de la Grand'Combe et de Bessèges, où les failles s'annoncent par de nombreux vallais. Les exemples du même fait sont trop connus pour qu'il y ait lieu d'en citer d'autres. Le nom de vallées de failles^ adopté par d'Omalius', a donc souvent sa justification.
Dans tous les cas dont il vient d'être question, il arrive très-souvent que les érosions tendent à effacer le caractère des cassures originelles, sur lesquelles elles sont en quelque sorte greffées, parce qu'elles leur ont substitué les former serpentantes qui leur sont propres.
Rôle qu'il convient d'attribuer aux diaclmes^ dans le relief du sol j soit en petit {rochers isolés ^ mers de rochers, cavernes) , soit en grand {traits fondamentaux du dessin des vallées). — Ikbis, lors
> Conêidératians théanquet tiir ia géologie^ p. 131 et 13S. * D*0maliu8, 7- édition, p. 104.
IMITATION DES FAILLES ET DES JOINTS CONGÉNÈRES. 35ô
même que les lithoclases n'ont produit aucun rejet, c'està-dire lorsqu'elles n'appartiennent pas à la catégorie des failles proprement dites ou paraclases, les cassures des roches ou diaclases paraissent avoir joué un rôle trèsimporlant dans le modelé du soi.
Fabord, on peut constater le fait sur de petites dimensions et sur des roches diverses, en étudiant les saillies qu'elles forment fréquemment. C'est ainsi qu'on rencontre, à chaque pas, dans le grès des Vosges, des rochers isolés, en forme de parallélipipède et de corniches escarpées, simulant des châteaux rorts(rig. 118 et 1 19). Il en est de même dans le quadersandstein de la Suisse saxonne et de la Bohême, dont la stratification est également horizontale et qui est coupée par des fentes verticales, souvent à peu près rectangulaires entre elles, d'où ilestrésulté la division en parallélipipèdes qui lui aTaiuson nom^ (fig. 120 et 121). Tel est aussi le granité du Gornouailles, celui des environs de Carlsbad (fig. 122) et de beaucoup de contrées.
On peut se convaincre du même fait en examinant les mert de rochers (Felsenmeer) qui se rencontrent dans des roches Irès-cohérentes et de natures diverses : granité (Brocken, Odenwald); grès des Vosges (plateau de Sainte- Odile, Henelslein, Ungersberg); grès bigarré (environs de Plombières, où elles sont connues sous le nom de meurger$). Letat fragmentaire et miné des hautes cimes paraît être un fait général. Ainsi, les pics pyrénéens consistent, pour la plupart, en monceaux de blocs, souvent désignés sous le nom ded/ooi, de même que la cime du Mont-Perdu ' que Ramond a si attentivement étudiée dans les formes de ses rochers.
La région plombifère du Wisconsin, dont il a été question plus haut, présente, dans des couches calcaires et par con-
' Raiimanv, Erlaueierungen, p. 40, 5* cahier. ' O'aprèile comte KiUough-HusseU.
556 APPUCATION AUX DËFOftMATIONS ET CJL8SURES TERlESTItES.
séquent d'une aulre nature, une série d'accidents comparables à ceux dont il vient d'être question : blocs cuboîde^
¥\s. 118. — Rochen itolb, diïteriDiDéi par do iulnla icrtiuui qui InrateM le* cwcba it grèt d«i Toig», et limnlinl dot ruiiMi <1« châMHU-rorU. — Ochicotfain préi BtiufctHMnii'T (cbitiu âa Toigci).
épars (blulTs ou mornes) simulant des ruines, crevasses
n«. HB. — Bochsn iMil«i M «pan. dAerminti ptrlw irtttowJtioUmai himw^ HP* d» Voig*i, tuinnt d«iii diivcliooi ttrinciptln, parpoidkaUirai ^dn lilw at à h MMln' iMa. — PnoMi (diaipe dci Toifa). ,
profondes, réseau de vallées h parois à peu près verticales f t dont les formes pittoresques frappent tous les Toyageun du
lUTiTlO!! KS FAILLES ET DES «HHTS CONGENERES. S57
Haut-Mississipi. Dans ces accumulations, les blocs résultant des cassures, une fois désunis, ont souvent été déplacés, soit
t. — Lt BaMcj (Saisn u
par la force même qui les avait produits, soit par^raction de la pesanteur, lorsqu'ils se trouvaient sur des pentes.
^V M — EKsrpcRMDti diicrt dfl«nnlnéi par In llthiKlite* qui ont dirige tl ficlllM lei
KtioB énsm >ur les couches 1 peu préi horltonlilM du grti créttCJ (Quaden inditain ) lupiad WiDlarberg (SbImb nionne).
L'influence topographique des diaclases se manifeste trèssouvent sur une échelle beaucoup plus grande. Plus on
*>* IPfUllT»^ ICI I^ORIiTIOSS ET USSCRES TERIIESTBES.
étudie, sur des cartes exactes, le dessio général des vallêe> et le relief du <ol, plus on y reconoait, de toutes parts, mèm diQS les poysdoDt les couches soot restées à peu près horbm- L:!es. de norabreui traits reclilignes, parallèles et soutoiiI c. U'I'J-s- Or, ce caractère, sur lequel l'un de nos plus savantslDf- '.Ta^'hes. M. le colonel du géaieGoulier, a appelé l'attenlion.
so montre três^rèquemoient en rapport avec les diaclak->. Panui les exemples qui fout ressortir celte corrélation. ;e nunilioonerai les couches crclacées d'une partie du oonl dla Fnoeeque recourrent des dépôts tertiaires. En eiaminaa: ai:euliviement une carte bien faite, particulièrement b ar:e hydrv^praphique du dêpi}tdesrorti6catioas,sihabileoieDtJ<>stoèe par M. le commaDdant Prudent', on voit que, sur les ni-
■ la rluKbr à^-iBt* CM h iMndÎM d'à dcana qne H. PnidMt ■ ea b V^ -'