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OBSERVATIONS THÉORIQUES SUR LES ROCHES SCHISTEUSES. 4SS

verticaux, particulièrement dans celles qui occupent le cen* tre de certains massifs montagneux.

Ces mêmes expériences conduisent aussi à modifier Texplication théorique de la schistosité, qui est généralement admise. Un corps incomplètement solide, ou doué d'une certaine plasticité, étant soumis à une pression énergique, qui le force à s'écouler dans le sens suivant lequel il ren* contre le moins de résistance, se comporte à peu près comme le ferait un liquide très-visqueux. Dans ce mouvement, les molécules voisines ne marchent pas uniformément; les difTérentes vitesses qu'acquièrent les molécules contiguês les font glisser les unes sur les autres. De là, un alignement prononcé des éléments de formes diverses, cristaux, lamelles aplaties ou particules microscopiques.

Cette texture schisteuse ou feuilletée, conséquence directe d'un glissement, est nécessairement ordonnée par rapport au mode et à la direction de l'écoulement : c'est ce qu'on constate pour les diverses dispositions successivement employées dans les expériences.

On voit donc que c'est à tort que certains géologues ont Toulu distinguer, dans les roches schisteuses, d'une part, le clivage, d'autre part, l'alignement des cristaux connu sous le nom de foliation ou de lamination. Ces deux caractères remarquables dérivent de la même cause, et l'expérience les produit dans des conditions identiques et simultanément : aussi les avons-nous compris ici sous le nom unique de schistosité ^

D n'est pas nécessaire que la masse plastique soit mélangée de parties rm^/^ment différentes, pour acquérir la texture schisteuse. Une même substance, tout en étant chimique-

' U résultat auquel l'obserration avait conduit Darwin et Sharpe est donc pleine- ■cntcooMcré par rexpérience.

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ment homogène, peut ne pas Fêtre dans sa condition physique, par exemple, dans son degré de cohésion. C'est ce qui parait arriver en général, même dans des corps^ comme le plomb métallique ou le verre fondu, dont Tuniformité d'aspect ne ferait pas soupçonner de semblables différences ^

En outre, dans les expériences faites par voie d'écoulement, aussi bien que dans celles de compression directe, on voit qu'il sufQt que les particules subissent un déplacemenl très-faible, de quelques centimètres à peine, pour qu'elles s'alignent et qu'un feuilleté très régulier en soit la conséquence.

L^examen microscopique des masses feuilletées artificiellement contribue encore à les faire assimiler aux roches feuilletées naturelles. Des sections très-minces, pratiquées sur ces pâtes perpendiculairement aux feuillets, soit après une simple dessiccation à la température ordinaire, soit après une calcination au rouge, montrent des feuillets minces, qui se dessinent par des teintes différentes et qui se contournent autour des grains quartzeux, à la manière de ce qui arrive dans les micaschistes, pour les feuillets de mica qui enveloppent chaque grenat.

Ce qui ajoute encore à leur ressemblance avec les roches naturellement feuilletées, c'est la manière dont ces produits d'expérience se comportent, quant à la conductibilité de la chaleur, soit à l'état cru, soit après la cuisson. M. Jannettaz, qui a bien voulu, sur ma demande, en soumettre quelquesuns à l'expérience, y a reconnu, sur les tranches des feuiU lets, et même dans leur plan, des ellipses analogues, parla dimension relative de leurs axes, à celles qui se dessinent sur les schistes naturels (fig. 157).

t Pour le pI<Mnb, le fiJt s'est manifesté daas une eipérienœ faite par H. Tresca, sur un cyUiidrvdeceinétal.

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