OBSERVATIONS THÉORIQUES SUR LES ROCHES SCUISTEUSES
On peut de plus constater ici, avec exactitude, comment les aies de conductibilité sont placés par rapport aux directions des mouvements relatifs, sous l'action desquels la substance s'est écoulée. Cette relation pourra être mise à profit pour l'histoire physique des roches anciennes.
11 importe de remarquer que toutes les actions d'écoulement ou d'écrasement, qui ont imité la déformation des Ibsâiles et l'écartement des bélemnites, ont, en même temps, produit le feuilleté dans l'argile qui enveloppait ces corps. C'est une coïncidence conforme à celle qu'avait signalée l'observation des faits géologiques. De plus, l'existence de vides, laissés entre les tronçons des bélemnites étirées arti-
Fb. Ijl. — Courbe ellipUqae monlrlnt commcnl Tirji la conduclibiliti Ihermlqns, <al*int 11 inaioa, duuda l'argile Rndua irtieciclleincnt ichiNsiue par^coulemenl; c'<*t II rerroluuoo d'ua ancléte emntici dn roches ichisWuici luturellei. — Cnatisur nilurclle.
dciellemeat, ainsi que la conservation, par ces vides, de la fomie du fossile, offrent, avec des échantillons naturels, une analogie significative; car ce double caractère prouve que l'étirement a eu lieu, lorsque les roches rendues, il est mi, plastiques par l'énergie de la pression, étaientcependant à l'état solide. J>es expériences montrent, en effet, que dans une substance pâteuse les vides se déforment, et puis se comblent, au moins partiellement, par des bavures, au fur et à mesure de leur production.
D'un autre côté, l'expérience montre, comme on l'a vu plus haut, fig. 150, page 418, que la schistosité peut se développer dans des masses à peu près solides, telle que le plomb. U en a sans doute été de même pour des roches,
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comme celles du mont Lâchât, qui ont été rendues schisteuses, en même temps que des bélemnites s'y étiraient.
La texture feuilletée peut se produire aussi par des procédés autres que celui qui vient d*être mentionné ^
Le moyen qui se présente naturellement à Tesprit est analogue à celui par lequel on prépare les pâtisseries feuilletées'. Mais ce procédé ne parait avoir que bien peu d'analogie avec les phénomènes naturels.
D'un autre côté, je dois rappeler comment j'ai obtenu autrefois le feuilleté, dans mes expériences sur la formation d'espèces minérales dans l'eau suréchauffée.
Il convient, sans doute, de tenir compte, dans le mode de formation de certaines roches schisteuses, de celte dernière manifestation, par épigénie ou métamorphisme, delà structure feuilletée.
Dédvetloas * tirer des expérleMees pevr l*lMtelUifcnee à» to
tcztvre des roehes ■ehtoievsce. — Après avoir coustaté expérimentalement avec quelle facilité se produisent le clivage el la foliation dans des masses imparfaitement solides qui sV^coulent sous de fortes pressions, et après avoir vu qu'il sufSt, pour cela, d'un très-faible déplacement relatif de leurs particules, on ne peut plus s'étonner de la diversité minérale gique des roches schisteuses, non plus que de l'abondance avec laquelle plusieurs d'entre elles se présentent dans l'écorce terrestre. Cette texture est d'ailleurs indépendante du mode de formation de la roche et de la cause de sa plas-
* Je ne mentionnerai que pour mémoire le divage que H. Fox a annoncé m froàm-r dans l'argile, sous l'influence de courants Toltalques.
* On enduit de mica ou de graisse une couche d'argile, pais, en repliant oatteeDoclsf un certain nombre de fois sur dle-méme et en la laminant, on obtient une masse tew^ letée, qui ressemble aux roches schisteuses naturdies et qui participe égaltma* à Iran propriétés, en ce qui concerne la conductibilité de la chaleur.
OBSERVATIONS THÉORIQUES SUR LES ROCHES SCHISTEUSES. kil
licite, que celle cause soit l'eau, comme dans les masses irgileuses, ou la chaleur, comme dans les laves.
L'un des modes possibles d'un tel passage se voit dans la gorge de Breda près Allevard (Isère). Les couches du calcaire liasique y montrent des systèmes de joints très rapprochés,
R). 151.— ProfllgéologiqDcdaligongdcBnKli, préi AllaTtrd (Mrs), d'iprèt K. Lorj.moalnnt rtiMcBCi, 1 Irmnln coacbct olciim du ll*i. d'nd ijtlàntB d« jôinti tréi ripprocbé*. gbbqna 1 U itntinclUep •! rcpTéwnlanl comme anc étnuchc de fniilleU, — L, Cilcdre noir kiHiquc — L' Calcaire nodalcni utrUné m lUi, comme le prleédenL — I, Calcaire nair ilthWèl Hiifraliai. — D, Doloinia, cargncole. — C, Couche) de tjt^. — 0, Gtto qotn- Kn. — Sdiùles eriUalIioi. — Échelle de j^.
obhques à la sti-ati6caUon et représentan tcomme une ébauche du feuilleté (Gg.l58 et 159).Sousrinfluencedes forces qui ont ouvert ces plans de division, beaucoup d'ammonites et de bélemnites se sont déformées ; d'autres de ces fossiles sont coupés par les plans de clivage.
Un fait des plus fréquents est le passagegraduel des roches
Hf. m — CoBpcTertkale, donnant la dAiildM joinu qal iriienenl, prêt d'AIlevard, leaeou* cka (ticatre* dn liai: b, b, b, petlit blanci plui eompielei, qui ne lonl pai traTenf ■ par Jet J«>ll-BcWtleda.^.
massives à des roches feuilletées, de même composition minéral<^ique.
n n'est pas de contrée granitique qui n'oflre de nombreui exemples de ces transitions d'une autre nature, qu'il
4S0 APPUCATlDlf k LA SCHIST0SIT£.
tallisé postérieurement et se soient disposés alors suivant les plans des feuillets. En eflet, dans les terrains stratifit's et fossilifères, la schistosité est loin d'être toujours oblique à la stratification; elle lui est souvent parallèle. On comprendra la fréquence de cette conformité, si Ton se reporte aux expériences précédentes et aux conditions d'écoulement qui produisent le feuilleté, notamment à Texpérience dans laquelle on voit une bélemnite, placée d'abord en travers, venir bientôt s'aligner parallèlement au jet.
C'est ainsi que des roches éruptives, subordonnées aux roches sédimentaires, si ces roches n'étaient pas tout à fait solidifiées, lors du mouvement qui a causé la schistosité, onl dû se feuilleter, parallèlement aux surfaces qui les limitent, et parallèlement aussi aux feuillets des roches sédimentaires voisines.
L'un des traits les plus remarquables des roches cristallines, feldspathiques et amphiboliques, qui sont subordonnées au terrains schisteux de TArdenne française, c'est que ces roches sont couchées parallèlement aux masses encaissantes , ardoises et autres. Non-seulement elles n'v montrent pas les formes ordinaires aux injections plutoniques, mais encore elles présentent souvent une structure feuilletée, qui est parallèle à celle des masses voisines. De plus, la roche cristalline massive passe graduellement a la même roche, présentant l'état schistoide.
Cette transition de l'un à l'autre type a été constatée i^r tous ceux qui ont étudié ces roches sur place. Aussi d*Onialius, dans de judicieuses observations, qui remontent à pins de soixante ans, sur les roches feldspathiques des environs de Deville et de Laifour, leur donnait-il le nom d^arè'i- $cs porphyriques^ . Le passage de l'une des textures à rauln»
< Journal des Uineê, t. XXIX. p. 55; 1811.