ASSOCIATION DU PUTL\E NATIF A DES RO€U£S DE PÉRIDOT
diallage et du fer chromé, qui y abondent, la serpentine renferme très-fréquemment du péridot*. Nous trouvons donc ici une ressemblance frappante avec les circonstances de gisement, dans lesquelles se présente le platine de TOuraL Remarquons, en passant, que le diamant est ici associé au platine. Or, d'après les très-intéressantes études de M. Maskelyne, le diamant du Gap est associé à des bronzites décomposées et hydratées, avec péridot décomposé. Dans l'Afrique australe et à Bornéo, le diamant est donc associé à des roches magnésiennes, résultant en partie de la transformation du péridot et de la bronzite. Dans ces deux régions Irës-éloignées, le diamant parait, par conséquent, appartenir à un même mode de formation, lequel est différent de celui du Brésil.
Tniito Maltlplcs de rc— cibl—e entre la roehe mère dm ^la- «lae et eeHaliM» vocIms nétéerlilq«es. — La SCOrificatioU, dout
il a été question plus haut' serait tout à fait analogue à celle par laquelle j'ai cherché à expliquer, en m'appuyant aussi sur des expériences, la formation des roches météori tiques, dans lesquelles le fer est également, en partie à l'étal métallique, en partie à l'état oxydé *. En chauffant et en oxydant du fer, du magnésium et du silicium préalablement combinés, j'ai, en effet, obtenu du fer, tant à l'état métallique qu'à l'élatde silicate de protoxyde qui, avec l'oxyde demagnésium, a constitué du péridot partiellement cristallisé.
La présence du fer métallique, allié au platine natif, suffirait pour le caractériser, au milieu de toutes les substances minérales connues dans l'écorcc terrestre, et pour le rapprocher des roches météoritiques.
^Juarbock van et fiijnweien im Oott-lndie, 1875, l" partie, p.. 1 à 43. La pâle de *^rpratine renferme 0,5 p. 100 d'oxyde de chrome.
* P. 120 de cel ouvrage.
* Comptée rendue, t. LXII, p. 670 et suivantes, 1860. — • Annalci deê Mines, 6* série, t* lui, p. 41 et suivantes, 1868. Voir aussi p. 523,
S^l CDIPAIiyS05 DES lÉTÉORITES AYEC HOS BOCHES PIIOFV^DGS.
Comme aotre trait d'analc^ie, il importe d'observer qu'ordinairement les roches météoritîques à base de péridot contiennent aussi du fer chromé ; elles ressemblent donc mioê* raladquement â la gang;ue du platine de TOural. La ressemblance que j*aTais déjà signalée autrefois' trouve une confirmation remarquable et se complète par la présence <lu f^ridot que nous Tenons dV reconnaître. Le rapprocbemf*nt est fiarticulièrement frappant pour la météorite tombt*f* à Qussiniy Baute-Mame), qui, d'après l'analyse de M.Damour, se compotse presque entièrement de péridot, auquel se joint du fer chromé, dans la proportion de 4 p. lOO*. La ressem- Mince entre cette roche cosmique et la roche terresliv q:;i nous occupe s'élend jusqu'à Taspect et la texture*.
Ces ressemblances me faisaient penser que le platine ferrl:en? deT;i:t renfermer aussi du nickel, bien que, d'après I«^ rechenrhes faites jusqu'à présent par de très-habiles ch'h nistes. ce métal nj ait pas été si^alé. I^es analyses que M. Tern^ii a bien touIu faire, à ma demande, sur un srain Je f !i::3e m3§iîOîif«olaire de Nichne-Tagilsk, ainsi que sur u-e r-i'i^îe sîmj îenient magnétique, ont confirmé cette sii^^ fos:*::n, en i!i-i:-:ii;ant« dans tous deux, la présence inconte 'itxrle du cîckeî. Le second échantillon en renferme 0,75 >m ! .V ;\Ar*:t<^ La prvwrtion du nickel au fer v est donc dV?»- »:r - î p. !'-V- c'est-i-dire à peu près comme dans certains
T:u:- f :s, il existe entre ces deux roches cette difTérenc»*. •;:::r II ^ir^-e iu j latine de Nichne-Tagilsk s'est transforni'>- <: --iMlf a scî; uue hydratation dans laquelle la serpentin»*
« jm^ms -n-n.-. : IX"! » r^ — Jl««:« da ««M». 6- série, U Iffl, ^ ^. r*'»"n v»i sir a r^fswm»:iaiKTPi^« j» cirtp«n*e»dKi«eàesàhr«BiiteëcbIto»**. f ••
Masses de fer natif nickelé d*ovifak. 555
s'est produite aux dépens du péridot, tandis que, dans la météorite de Ghassigny, ce minéral est resté inaltéré.
Tels sont les traits de similitude multiples et inattendus, tant dans la constitution minéralogique que dans le mode possible de formation, qui rapprochent certaines météorites de la gangue du platine avec péridot et fer chromé. Ce n'est pas à dire que les roches platinifères soient tombées des espaces à la manière des météorites. Mais, de même que dans les roches cosmiques qui nous représentent les parties intérieures de corps célestes brisés, nous trouvons dans les masses profondes et platinifères du globe les caractères d'une scorification qui est restée incomplète.
g 6. MASSES DE FER NATIF NICKELÉ D'0VIFAK^
La découverte très-remarquable de grandes masses de fer natif, que M. Nordenskiôld a faite en 1870, dans son voyage au Groenland, a été signalée à l'Académie des sciences*, ainsi que dans le volume où ce savant a rendu compte de son exploration'.
A Ovifak, localité située dans la partie méridionale del'ile de Disko , le rivage présentait , au milieu de blocs arrondis de granité et de gneiss, quinze blocs de fer, dont le plus gros, d'un poids de 20 000 kilogrammes, dépasse les plus fortes masses de même nature que l'on ait signalées. Ces blocs se trouvaient les uns à côté des autres, sur une superficie qui n'excède pas 50 mètres carrés.
* On trouTera trois mémoires originaux que j*ai publiés sur cette question dans les Comptes rendu» de V Académie des êciencet, t. LXXIV, p. 1541, LXXV, p. 240, et LXXXIT, p. 66.
s Compte» rendue, t. LXXIII, p. 1268.
* RedogôreUe fdr en expédition till Grônland ar 1870. — Je dois à l'obligeance de H. le l>' Bemhard Landgren d'avoir pu prendre connaissance du contenu de cet ouvrage, accompagné d'une carte où sont figurées toutes les localités dont il est question ici.
556 COMPARAISON DES MÊTfiORITËS AVEC NOS ROCHES PROFONDES.
A tine distance de 16 mètres seulement du principal bloc, une roche, ayant l'apparence du basalte, s'élevait audessus du sable, en faisant une saillie de quelques décimètres, sur une longueur de plus de 4 mètres. Du fer natif fui également découvert dans cette roche ; il y affecte la forme de grains arrondis ou celle de lentilles, dont l'une, avec une épaisseur de quelques centimètres, s'étend sur une longueur de plusieurs mètres.
D'ailleurs, aux grosses masses de fer isolées étaient encore adhérents, comme des débris de croûte, des fragment^ de cette même roche basaltoîde, semblable à celle qui empâte le fer natif, ce qui montrait que, dans ces deux situations, le fer natif a une même origine.
L'examen chimique des divers échantillons, par plusieurs chimistes suédois et par M. Nordenskiôld lui-même, y fil connaître la présence du nickel et du cobalt, et conduisit naturellement à supposer que ce sont des masses d'origine extra-terrestre. Telle est aussi la conclusion à laquelle l'analyse amena M. Wôhler*.
Cependant, d'après une autre hypothèse, que les études récentes ont pleinement confirmée, J'origine des fers d'Ovifat serait terrestre et liée à celle des roches éruplives qui forment de grands massifs dans le voisinage*.
M. Nordenskiôld ayant bien voulu m'envoyer des échantillons des principales variétés de ces roches avec fer nalil» je vais faire connaître le résultat de l'examen que j'en ai fait grâce à l'obligeance de cet intrépide et savant explorateur.
Quatre échantillons ont été pris dans la roche d'aspect basaltique. Quoique présentant entre eux certaines analogies, ils appartiennent à trois types distincts. Deux de ces
• Nachrichten von der KônigL GeêelUchaft der Witieruchaflen w GôHingen, 11 B»
« Quttterly Journal of Geological SocUty, l. XXVUI, p. 2 et 5. — Bulletin de U S»ciéié géologique de France, t. XXIX, p. 175.