‹ Etudiants swedenborgiensChapitre 22 sur 50 · ER LS · texte numérisé non relu

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acquittés, n’avez-vous pas plaidé en compensation la cause de l’amnistie.

R. Je la redoutais, je ne trouvais pas le temps opportun.

40 D. Votre animation contre ces hommes pouvait ne pas être justifiée. Vous avez pu fonder votre jugement sur certains faits regrettables qui ont eu lieu lors de l'existence de la Commune; mais sachant, comme je viens de vous le dire, que Thiers en était l’instigateur, Sachant en plus combien ces gens avaient souffert pendant le siège; puis ayant vu à Bordeaux les mauvaises dispositions de cette Ghambre qui n’était pas de votre goût assurément, il ressortait donc de ces observations des circonstances atténuantes?

R. Vos propres observations sur ce sujet sont trop longues, je connaissais mieux que VOUS Ces hommes et je ne les aimais pas.

50 D. Pourquoi à votre dernière nomination par Belleville, qui était, il est vrai, un peu agité contre vous par les déceptions qu’il avait éprouvées à l’égard de votre premier programme, mais qui ne l’était pas assez pour vous retirer sa confiance, avez-vous voulu que :e bureau appartint aux vôtres, ce qui à ravivé les doutes incertains sur votre autoritarisme et amené des protestations que vous eussiez pu calmer par de douces et sages paroles; mais, VOUS OUbliant tel vous l'avez fait, il en est résulté que

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ces doutes se sont étendus à tous et que vous avez été accusé de dictature.

R. J’aimais Belleville, ?’y allais de ma poche, j'ai appris à le mieux connaitre ; vous Connaissez mal, je le vois, ce qui s’est passé dans cette soirée maudite, il y avait un complot ourdi contre moi, et même contre mon existence; Si je n’avais pas été entouré et protégé comme je l'ai été, je ne serais pas sorti vivant de ce guetapens |

60 D. N’avez-vous pas poussé à cette exaltation par vos paroles insultantes!

R. Je ne leur ai parlé sur ce ton, qu'après que j'ai vu l’insolence avec laquelle j'avais été reçu; quand on me blesse, on me trouve ! Adèle entra elle-même dans l’état agite où se trouvait cet esprit, car elle me dit très sèchement:

Est-ce que tu vas continuer tes questions, puisque tu vois que tu ne connais rien à ce qui s’est passe ?

70 D. Est-ce en ton nom que tu me fais cette observation ? c’est pour rectifier mon jugement sur Gambetta, que je le questionne. Tu sais combien j'aimais cet homme, et combien je voudrais ne pas l’accuser en ce jour, tu dois voir que je serais désolé de lui déplaire ?

R. Je ne réponds pas en mon nom, tu sais que je pense comme toi sur lui, c’est lui qui n’aime pas qu'on le questionne ainsi, il me dit : il fallait être à ma place, connaitre ce que je connaissais; combien les hommes qui m'entou-

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raient me semblaient petits, turbulents et égoistes ! combien le peuple me semblait être ingrat, inconstant et ne sachant ce qu’il voulait; combien d’accusations il a portées contre moi, et de vengeance il avait dans son cœur.

8° D. Pourquoi votre journal, la République française rédigé, le croyait-on, sous votre influence, est--il entré en opposition avec la gauche, faisant entrevoir un recul qui a effrayé les patriotes les plus purs ?

R. Je n'étais pas le seul inspirateur de ce journal, il n’est guère facile de conduire les pensées des autres et de plaire à tous ! Que de choses vous fait-on dire, auxquelles vous ne pensez pas ?

90 D. Pourquoi, à la formation de votre ministère, vous êtes-vous entouré dé gens tels que les Mirbel, les Weiss, les Galiffet et autres bourreaux du peuple, Sans souscrire aucun au— tre programme que la révision et le vote par bulletin de liste? Vous deviez penser que ce genre de voter, désiré de tous, ne pouvait être accepté par les intéressés à garder leur mandat que ce vote eût détruit le lendemain qu'il eût été accepté ?

R. A cette époque, je pressentais ne pas rêussir dans mes projets, n’être pas compris et ne pas garder le pouvoir. J'étais très irrité contre le peuple qui me harcelait à cœur de jour par les accusations contenues dans ses journaux, Je voulus l’intimider et ses représentants qui me

faisaient obstacle. Je voyais à regret que je n'avais affaire qu'à des gens sans valeur et ingrats; je savais qu'ils ne pourraient aimer les hommes de mon choix, J'étais content de les leur imposer. Je ne vivais plus que d'agitation et même de rage à leur égard !

Adèle me fait observer que Gambetta lui parait avoir la tête fatiguée. Autant il devait être bon, doux et sociable dans certains moments, autant il devait être coléreux et méchant dans d’autres ; qu’il ne fallait pas lui résister, et que dans ce moment, il était dans un mauvais état.

10° D. Pourquoi étiez-vous opposé à la sépa- ‘ation des églises et de l'Etat? Vous saviez pourtant que la guerre de 1870-1871 a été suscitée par le Vatican en vengeance de la perte des Etats de l’Eglise dont Napoléon IIT était l’auteur! vous connaissiez l’ét':t d'esprit du clergé (pai le syllabus) envers les nations qu’il ne domine pas; les sciences, dont il ne connait pas le premier mot, et les libertés dont il est l'ennemi implacable! Vous connaissiez,au moyen du suffrage universel, quel est son nombre et les forces dont il peut disposer; forces qui sont dérisoires en fait du nombre. Cette séparation discutée avec calme et pièces en main, de ses trahisons et du danger qu'il ya de conserver la suprématie qu’il possède sur l’aveuglement de nos campagnes, vous eussiez été assuré d'obtenir cette séparation?

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R. Vous croyez cette séparation facile ? vous pensez qu'il n’y a rien à redouter de ces vieilles dévotes (vraies ou fausses et des imbeciles qui les accompagnent à l’église). Vous ne voyez pas que l'état-major de l’armée, que le barreau, que les banquiers et tout ce qui tient un certain rang dans la société, sont avec les jésuites; que leur or est une force, et que ce même vil peuple qui w’a si bien remercié est à leur disposition ! Vous l’avez vu à l’œuvre, vous qui vous intéressez au communards, lors de la prise de Paris! ceux qui, la veille, criaientvive la Commune, le lendemain étaient des dénonciateurs et assistaient, le sourire sur les lèvres à l'exécution de leurs frères! ils se comptaient par centaines de mille ! sachez que dans de telles questions, il ne faut rien risquer !

{19 D.Pourquoin'étiez-vous pas partisan de la suppression du Sénat, jésuite pur sang? conduit et dominé par Broglie, Buffet, Simon, Baragnon, etc., qui devraient avoir passé en justice, et vous obstiniez-vous à annoncer une majorité républicaine à chaque élection partielle qu'on faisait de ce triste corps; quand, au contraire, it est aujourd'hui plus impérialiste, plus royaliste, plus orléaniste et plus implacable que jamais contre la République ?

R. Le Sénat est un rouage utile à tout Etat, il est fâcheux quand il n’y a pas entente entre les pouvoirs. Vous serez obligé de conserver cette institution ?

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