EMULE EST EPÉE
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Mobilisé dans un Groupe de Brancardiers Divisionnaires et, en conséquence, dirigé dès les premiers jours sur le Front, nous fâmes chargé par notre Médecin-Cheî d’assurer l’analyse des eaux destinées à la boisson des hommes dans les cantonnements de la Division, ceci jusqu’en mai 1915, époque où nous quittâmes le G. B. D. pour un bataillon d'infanterie d’active, des pharmaciens auxiliaires et majors venant remplacer les médecins auxiliaires. Nous fûmes d’ailleurs chargé du même service dans le régiment où nous avions été afecté.
Une épidémie grave de fièvre typhoïde s'étant abattue sur notre D. I. nous fûmes investi par le Général d’une mission très importante et très délicate: d’inspecter, malgré notre demi-galon, tous les cantonnements depuis les premières lignes jusqu’aux dernières, de signaler les négligences de certains médecins à trois galons, de proposer toutes mesures qui nous sembleraient nécessaires pour combattre l’épidémie, pour l’enrayer,
1600 hommes de la D. [. étant atteints.
À propos de cette mission nous tenons à signaler la situation extrêmement scabreuse dans laquelle nous étions placé, dans la nécessité par exemple de critiquer certaims officiers susceptibles, ce fut notre cas, de devenir par la suite nos supérieurs directs.
La visite minutieuse que nous fimes dans tous nos postes nous persuada de la nécessité impérieuse d'organiser des centres de désinfection, mais le matériel mis à notre disposition ne répondait pas aux exigences des unités.
Plus tard, dans notre régiment, où sévit une petite épidémie de dysentérie, nous pûmes nous rendre compte de la nécessité de doter les troupes du Front d'appareils de désinfection, simples, portatifs, faciles à construire avec des matériaux de fortune.
Le Commandement, le Service de Santé au Ministère de la Guerre, commençaient à s’'émouvoir et des Circulaires engageaient les Médecins-Cheis à faire construire des étuves improvisées suivant des modèles donnés.
Promu, à titre temporaire, médecin aide-major de 2° classe sur la proposition de notre Colonel, et évacué sur l'arrière pour fatigues contractées au Front, nous fûmes affecté en septembre 19145 au Laboratoire Central de Bactériologie de notre région d’origine.
En arrivant, le Directeur du Service de Santé nous communiqua une Circulaire, la dernière en date, préconisant précisément la construction d’étuves de fortune (1) et nous demanda de les étudier au point de vue pratique de la construction et du rendement.
La chaleur humide produite par la vapeur à 100° ou au-des-
1) Circulaire ministérielle N° 35. 333 0/7 du 23 Septembre 1915.
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sus est le plus efficace des agents de désinfection ainsi que de destruction de la vermine. Il convient d'y recourir de préférence vis-à-vis de tous les objets qu'une température élevée ne délériore bas, et notamment les vêtements de drap, couvertures de laine, matelas, etc.
À déjaut d'étuves à vapeur proprement dites, appareils coûteux et qui ne sauraient exister partout, on peut réaliser un êtuvage très satisfaisant à l'aide d’un des dispositifs de fortune dont on {trouvera ci-après la description.
Ces dispositifs sont susceptibles d’être improvisés avec des éléments faciles à se procurer dans presque toutes les localités et à peu de frais. Ils rendront d'excellents services à condition que leur fonctionnement soit régulièrement surveillé: l’'essenel est de S'assurer que la totalité des effets ou des fournitures de literie exposés à la vapeur atteint bien une température de 100° ou du moins une température très beu inférieure et cela pendant une vingtaine de minutes.
Un appareil à désinfection par la vapeur, pour pouvoir être improvisé partout, sur le Front aussi bien que dans les plus petites campagnes de l’intérieur, doit être à la lois très simple, facile à réaliser avec les matériaux qu’on peut se procurer sur place, et très rapide. Il doit en outre permettre une désiniection complète sans que les effets traités soient mouillés, 1l faut pour cela éviter toute condensation dans l’appareil provenant d’un échaufiement lent des diverses parties dudit appareil.
Tous ceux que préconisait la Circulaire Ministérielle étaient d’une construction facile, d’un prix de revient peu élevé, mais ils avaient tous le très grand inconvénient de ne pouvoir atteindre une température supérieure à 80 ou 85 degrés, de mouiller très fortement les eflets à étuver, de nécessiter par conséquent un séchage plus ou moins long selon la température extérieure.
Pour nous le problème se posait donc d'imaginer une étu-
ANR CNRS
ve où la température pourrait atteindre plus de 100 degrés, où la vapeur d’eau serait distribuée dans toutes les parties de l’appareil, sous une légère pression, de telle sorte qu’en portant à l'air libre les tissus étuvés un appel de vapeur ait lieu des eflets à l'extérieur, évitant ainsi une condensation préjudiciable, et permettant à l’homme d’endosser ses vêtements après un simple repassage, et même directement sans aucune autre manipulation. Es
Nous y sommes parvenu en utilisant un Îourneau et sa chaudière qu’on trouve dans tous les magasins de quincaillerie, et un tonneau aux parois épaisses, bien cerclé, communément désigné par les marchands de vin sous le nom de bordelais.
Pour la répartition de la vapeur dans l’étuve nous avons fixé à l’intérieur deux ou quatre colonnes percées de trous, comme la cheminée centrale des lessiveuses. Le couvercle en fonte de la chaudière, appliqué sur le tonneau, exigeait pour se soulever sous la poussée de la vapeur une force suflisante pour déterminer une élévation notable de la température.
Nos prévisions se réalisèrent de tous points et la température atteignit 105 degrés. Mise en service devant M. le Directeur du Service de Santé, elle répondit entièrement à ses besoins, et nous fûmes aussitôt chargé de mission pour en faire construire et installer dans tous les Centres d’Instruction de la Région, dans toutes les formations sanitaires dépourvues d’étuves.