‹ Eugène Boudin, sa vie & son œuvreChapitre 6 sur 18 · A. DUMAS · texte numérisé non relu

A. DUMAS

Mais l'éloge le plus précieux lui vint de Corot, qui dit « Boudin est le roi des ciels ! »

Corot garda toute sa vie une étude de ciel faite au pastel que Boudin lui avait dédiée. A la mort de Corot, Boudin la redemanda et la conserva à son tour; et, quand Boudin mourut, elle fut acquise par un artiste distingué, Paul Helleu.

Nous étions arrivés tout à l'heure à l'année 1860. Le 21 avril, Claude Monet écrivait à Boudin :

Cher Monsieur,

Pardonnez-moi si j'ai autant tardé à vous répondre. Je vous prie d'accepter mes excuses; ayant très peu de temps à ma disposition, je vais simplement répondre à votre lettre dont je vous remercie beaucoup.

Je vous dirai d'abord que l'Exposition n'est pas fermée et sera ouverte encore assez longtemps; je ne puis vous fixer au juste l'époque. Je vous annoncerai seulement que vous perdez beaucoup à attendre, vu que l'on a déjà changé une grande quantité de toiles, et pas des moins importantes, leur intention étant de faire durer cette Exposition en changeant les toiles tous les mois. Du reste, il y a toujours énormément à voir, je vous l'assure.

Venez donc, je serai bien heureux de vous voir et de vous demander des conseils sur mes travaux.

Il fait déjà un temps superbe ici. Je vous annonce que je m'en vais passer quinze jours, trois semaines dans un petit pays charmant, à Champigny-sur-Marne. Je vais y faire un peu de paysage, accompagné de deux de mes camarades.

M. Gautier vous attend toujours. Il vient de faire une eau-forte d'après mon Daubigny.

J'espère que, ne m'ayant pas répondu, vous ne me refusez pas le cadeau que j'ai eu l'indiscrétion de vous demander. Je vous en serai reconnaissant

Mathieu vous serre la main.

Tout à vous,

Votre élève et ami,

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