‹ Eugène Defacqz et Joseph Forgeur, membres du Congrès nationalChapitre 5 sur 22 · EUGÈNE DEPACQZ ET JOSEPH FORGEUR · texte numérisé non relu

EUGÈNE DEPACQZ ET JOSEPH FORGEUR

seront sacrifiés; parce que, malgré les illusions dont on se berce, le prince de Saxe-Cobourg n'acceptera qu'avec les protocoles. »

Adversaire de la conférence, opposé à la transaction que le second ministère du régent, aidé par le prince Léopold, avait négociée avec l'Europe, M. Forgeur combattit les préliminaires de paix proposés à la Belgique et à la Hollande. Il terminait, le 8 juillet, un long et véhément discours par des paroles qui révélaient du découragement, ou plutôt de l'amertume et de l'irritation. Voici cette péroraison :

H Messieurs, quelle que soit votre décision, je dirai, quoique je sois convaincu que nous allons souscrire au malheur de notre pays, que ses intérêts matériels vont être sacrifiés; quoique persuadé que ces masses qui étaient heureuses sous l'ancien gouvernement et que nous avons entraînées dans une révolution de principe se souviendront un jour de leur bonheur passé, je dirai qu'il ne faut pas croire qu'en rentrant dans ma province, où déjà de sourdes agitations commencent, et dont je suis l'organe aussi consciencieux que d'autres qui s'apprêtent à voter autrement que nous, j'apporte de nouveaux ferments de discorde puisés dans le sein de cette assemblée. Non : je souscrirai à votre

EDGENE DEFACQZ ET JOSEPH FORGEUR.

décision, quelle qu'elle soit; non, il ne sera pas dit, si l'on voit périr la nation belge, que ce sera moi qui aurai contribué à la replonger dans de nouveaux malheurs. Mais aussi, parce que quelques factieux s'agitent, qu'on ne calomnie pas ces hommes du tiers-étal qui pensent qu'ils ont le droit de parler quand l'intérêt du pays l'exige (') »

Dans la séance du 2 juillet, M. Defacqz s'était déjà prononcé avec tout autant d'énergie contre l'œuvre de la conférence. 11 faut citer une partie notable de ce discours, qui caractérisait un citoyen éminent et qui peignait toute une époque.

« Autant qu'un autre, disait-il, je désire voir la révolution arriver à son terme; mais je ne veux la clore qu'à une condition : c'est que la fin soit digne du principe, c'est que l'indépendance de la patrie et la constitution nationale, qui en ont été le but, en demeurent aussi à jamais les fruits glorieux.

« Je viens donc protester de toute la puissance de ma volonté, avec toute l'énergie d'un vrai patriote belge, contre l'acceptation des préliminaires de la conférence de Londres. Je

Discussions du Congrès national, t. III, pp. 540 à 543.

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