EUGÈNE DEFACQJZ, ET JOSEPH FORGEUR
sentées formèrent un traité d'alliance intime, d'indissoluble union ; le premier des articles de la constitution le proclama à la face de l'Europe, et les applaudissements unanimes de la nation belge le sanctionnèrent.
« Ce ne fut donc point arbitrairement, comme on a osé le dire, que nos limites furent tracées, mais avec le concours des véritables parties intéressées ; ces parties étaient, d'une part, les provinces qui s'étaient affranchies en vertu du droit naturel d'insurrection contre le despotisme ; de l'autre, les provinces avec lesquelles elles s'unissaient pour former un tout indivisible.
« Eh bien, tout cela s'est fait en vain. D'un mot la conférence méconnaît tout, détruit tout. C'est elle qui se charge du soin de fixer votre territoire; elle décide, à l'article 2 de ses préliminaires, comment la Belgique sera formée.
Elle nous enlève, pour les livrer aux chances des négociations, une province entière, une partie importante d'une autre, et ne daigne pas même considérer comme dignes d'occuper la diplomatie nos prétentions sur un autre point.
« Ne croyez pas, cependant, que ce soit le fait en lui-même qui intéresse la conférence : c'est le droit qui en est le principe qu'elle veut
anéantir. Les vieilles monarchies, les gouvernements absolus ne devaient pas permettre que l'on pût dire qu'un peuple en Europe s'est constitué lui-même. Non, vous n'aurez pas cet honneur; il faut que vous alliez chercher au bureau de la conférence de Londres, que vous receviez d'elle aveuglément votre diplôme de peuple indépendant, afin que la magnanimité des puissances soit louée ; afin que l'histoire dise un jour : « Si la Belgique existe comme nation, c'est parce que le protocole du 26 juin 1831 a daigné la constituer (') »
Éloquente, patriotique, mais vaine protestation ! Il fallait transiger avec l'Europe ou périr.
Discussions du Congrès national, t. III, p. 396.
Lorsque le Congrès eut achevé son œuvre, M. Defacqz se retira momentanément de la scène politique. Maintenu, par arrêté du 4 octobre 1832, en qualité de conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, il fut, quelques jours plus tard, nommé avocat général à la cour de cassation. Le 15 janvier 1837, il était nommé conseiller à la cour suprême.
De 1836 à 1847, M. Defacqz fit partie du conseil communal de Bruxelles et, de 1838 à 1848, du conseil provincial du Brabant. En 1834, il avait été un des principaux fondateurs de l'université libre de Bruxelles, où il ouvrit un cours