‹ Eugène DelacroixChapitre 22 sur 45 · III. TROIS VALSES, pour y^/V7/?o · texte numérisé non relu

III. TROIS VALSES, pour y^/V7/?o

IV. SIX POÉSIES de Charles Beaudelaire, mises en musique par Maarice Rollinat: Causerie. — Madrigal Triste. — Chanson d'AprèSr-Midi. Idéal. — Le Flambeau Vivant. — Tristesse de la lune.

MAURICE ROLLIXAT 31

V- RONDELS & RONDEAUX, paroles et musique de Maurice Rollinat : Le Champ de Colzas. — Chanson de la Perdrix Grise. — La Blanchisseuse du Paradis. — Le Silence. — Les Prunelles. — La Mort des Fougères. — Les Fèc/iers Pioses. — LPdiot. — La Fontaine. — La Pipe du Poète.

¥L DIX MÉLODIES, paroles et musique de Maurice Rollinat : La Chanson des Yeux. — L'Aboiement des Chiens. — Xuit Tombante. — Les iDeux Serpents. — La Maladie. — Les Yeu.r Morts. — La Folie.

— Les Larmes du Monde. — Tranquillité. — La Xeiije.

¥1L SK NOUVELLES POÉSIES de Charles Beaudelaire, mise en musique de Maurice Rollinat : Recueillement. - — Harmonie du soir. — La Mort des Amants. — La Mort des Pauvres. — Le Jet d^Eau. — MJInvitation au Voyage.

VIIL HARMONIES, parole et musique de M. Rollinat ; La Musique. — La Lune. — .4 quoi pense la nuit. — Le Lierre. — Le Silence des Morts. — Le Liève. — L'Espérance. — La Parole. — La Mort au Printemps. — Jusqu'aux Cimes.

IX. AMOUREUSES, paroles et musique de M. Rollinat. — Les Cliàtaignes.

— Les Visions roses. — L'Ange Gardien. — Les Cloches. — Les Pâquerettes. — La Dame en Cire. — Les Cheveux champêtres.

— Les Vierges. — La Créole. — L'Ange Pâle. — Les Yeux des ^Vierges. — La Pluie magique. — L'Amoureux Jantôme. — iJ Amour. — La Mariée. — Le Ciel. — La Chanson des Amoureuses. — La Chanson de l'Amant. — Lèvres pâmées. — Mon DieuJ

X. BUCOLIQUES, paroles et musique de M. Rollinat : En regardant sauter les geais. — Les Violettes. — La Gardeuse de Chèvres. — La Mousse. — La Forêt pâle. — Les Fils de la Vierge. — Crépuscule. — Le Vent d'Eté. — Les Chauves-Souris. — La Voiture en ardoises.

XI. PASTORALES, paroles et musique de M. Rollinat : Le Martinpêcheur. — La Tricoteuse. — L'Attardée. — VEcrevisse. — Les Araignées. — Les Cloportes. — La Bourrique. — Le Petit Pierrot. — Le (Jabriolet. — La Gardeuse d'Oies. — Le Curé

Chasseur. — U Enierrcinciit (/'uni' J'onr/ni. — Li' .lunibon. — L'Assemblée. — En BaUan/ du beurre. — Les Deu.r J*elHs Frères.

— Le Peiii Renardeau. — LWmazone. — Le Moulin. — Les Ihiblllardes.

XII. ROUGES ET NOIRES, paroles et musique de M. Rollinat : Le Fantôme (Pi'rsule. — Prends Garde ! Le Soleil des Fantômes. — La Forme /mire. — Les deux (Iroels. — La Maison damnée. — La Vieille Croix. — Les Reflets. — La Tète de mort. — Les Pendants.

— Lhùte sus/)ect. — La Tombe rose. — LWbandomièe. — Les C/iats-Huanis. — La Grande Pendule. — Les Drapeaux. — Mémento r/uia pulvio es-Eldorado. — La Guillotine. — Les Mauvais (.'/tampi(/nons . — La Cornemuse. — L'Enfer. — Notre- Dame la Mort. — Le Ciruv mort. — Mes Pipes. — L Epitaplie.

XIII. SUR DES POÉSIES de Beaudelaire. musique do .M. Rollinat : Les Hiboux. — Le Serjtenf qui danse. — La Cloche Jèlèe. — Splenn. Réversibilité. — '■ Le Rebelle.

(Heug-el et C''', Editeur, Paris\

Le Gérant : Reyn.m d.

IMP. COgCKTTK et NlCOT,

83, Rue de la Santé, P^Ris.

= /" Juillet 1910 ==

Portraits d*Hier

Eugène POTTIER

par ERNEST MUSEUX

Eugène Poitier, par Fraurel.

25 cEjnu&is

Études sur la Vie, les Œuvres et l'Influence des Grands Morts de notre temps

Publication bi-mensueiie illustrée ; le 1" et le 15 de chaque mois

NUMEROS PARUS

Première série : Emile Zola, par Victor Méric. — Puvis de Chavannes, par Léon Werth. — Beethoven, par Georges Pioch. — Henrik Ibsen, par François Crucy. — Honoré de Balzac, par Manuel Devaldès. — Bakounine, par Amédée Dunois-

Deuxième série : Baudelaire, par Gaston Syffert. ■ — Jules Dalou, par Paul Cornu. — Gustave Flaubert, uar Henri Bachelin. — P.=J. Proud= hon. par Maurice Harmel. — Gustave Courbet, par Maurice Robin. — Goethe, par Raymond Darsiles.

Troisième série : Pierre Dupont, par G. Clouzet. — Pelloutier, par Victor Dave. — A. de Vigny, par Hae Ryner — Michelet, par Elie Faure. — Verlaine, par A- Waseige. — Léon Cladel, par G. Normandy.

Quatrième série : Edouard Manet, par Camille de Sainte-Croix. — Constantin Meunier, par M-C. Poinsot. — Eugène Delacroix, par Maurice Robin. — Clovis Hugues, par Gustave Kahn — Alfred de Musset, par Paul Peltier. — Richard Wagner, par G. Prod'homme.

Cinquième série .• Villiers=de=risle=Adam, par Victor Snell. — J.=B. NOVE. — Paul Cézanne, par Elie Faure. — Edgar Quinet, par Elie Ré- Carpeaux, par Florian Parmentier. — Edgar Poe, par Maurice de Casa- CNiER. — Tchernichevsky, par Vera Starkoff.

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Portraits d*hicr

N° 52. — / Juillet 1910

Eugène Pottier

Il est assurément peu de gens, surtout parmi le monde des prolétaires, des artisans obscurs des faubourgs, de ceux qui travaillent et qui peinent, ceux dont les mains sont noires pour gagner le pain blanc, il en est peu qui méconnaissent (c l'Internntionale », cette Marseillaise de la misère, ce cri de révolte farouche, cet hymne superbe qui contient toutes les rancœurs, en même temps que toutes les aspirations des déshérités.

Or, combien en est-il qui ignorent quel est l'auteur de ce chant annonciateur des définitives victoires populaires ? Combien en est-il, hélas ! qui ne connaissent même pas le nom d'Eugène Pottier ?

Et pourtant, Eugène Pottier fut l'incarnation parfaite du « Poète du Peuple ».

Nul, mieux que lui, n'a su fouiller profondément l'âme des foules, nul n'a su, comme lui, lire dans le cœur primitif du Peuple, nul n'a si bien interprété les misères des pauvres gens, nul enfin n'a trouvé d'accents révolutionnaires plus indignés.

C'est pourquoi Henri Avenel, dans son livre : Chansons et Chansonniers, n'a pas hésité à dire que Pottier tient la première place parmi nos poètes révolutionnaires.

Car l'œuvre généreuse de Pottier ne se compose pas de simples complaintes qui, sur l'air de Fualdcs, déplorent des événements en les commentant; s'il en était ainsi, le chansonnier n'aurait pas mérité la reconnaissance à laquelle il a droit. Au contraire, ses chants clament les espoirs prolétariens et leur lyrisme enthousiaste et vengeur emprunte le ton d'un réquisitoire implacable contre l'antique et marâtre société, exterminatrice d'hommes, tueuse de consciences et de bonnes volontés, flagorneuse envers les puissants, autant qu'inexorable pour les faibles ; ils la frappent à la base à coups de bélier, pour la faire croiî- 1er dans sa fange, avec ses dieux, ses prêtres, ses croyances et son or, et pour qu'un jour les hommes libres d'entraves oublient ces temps d'ignominie qui sont les nôtres.

Ses aspirations à la vie sont larges, grandes, nobles, humanitaires; chacune de ses chansons est une revendication sociale; chacun de ses courts poèmes met à nu une plaie vive et saignante du Peuple. Il montre la gangrène qui dévore et tue la classe ouvrière et il voudrait trouver un remède à ce mal chronique et sans pitié.

C'est pourquoi Eugène Bottier, en chantant les misères populaires, a tant de sanglots dans la voix !

D'aucuns trouvent ces couplets tristes et lugubres. Peut-il donc en être autrement ? Le malheur est-il drôle et peut-il inspirer des motifs d'ariettes ou de gaudrioles ?

D'autres les ont trouvés terribles, empreints d'exagération. Quant à cela, non! et ceux qui ont formulé pareilles critiques ne se sont jamais rendu compte de ce que pouvaient être la Mistoufle et son cortège obligé : la famine, la maladie, le désespoir. Ils ignorent ce que c'est que le pain qui manque, la fièvre qui briile et les souliers qui prennent l'eau !

Enfin, ces critiques au petit pied n'ont pas l'âme élevée, le grand cœur et la sereine pitié du poète.

Et lors miême qu'il en serait ainsi ? Dans certains cas graves, les médecins n'emploient-ils pas, pour vaincre des maladies rebelles, des moyens énergiques qui, par la commotion qu'ils déterminent, rendent le malade à la santé ? De même, Pottier connaissait le malade, c'està-dire le peuple, et il a écrit ses chants pour secouer son apathie, réveiller ses idées de justice et faire naître en lui les ferments de révolte et de colère qui déterminent les grandes choses.

Indépendamment de cela, Engène Pottier fut un homme foncièrement bon, un ami sincère, un véritable philanthrope, un grand citoyen, un révolutionnaire intègre, un esprit au service de la vérité.

Il était un des chefs de la Commune en 1871, et il s'y est conduit en honnête homme, risquant sa vie pour ses concitoyens : c'est un noble courage que l'on doit respecter ; Pottier est resté pendant la bataille et après la défaite ce qu'il était auparavant. A la veille de sa mort, il s'honorait encore d'avoir été communard et il ne craignait pas de dire à ses amis : « Si la France est aujourd'hui en République, c'est à la Commune qu'elle le doit. »

L'histoire impartiale dira un jour, en rendant hommage et justice aux martyrs de la foi politique, ce qu'on doit penser du rôle joué par Pottier pendant les terribles événements du second siège de Paris.

Eugène Pottier était un homme de petite taille, à la physionomie mobile, au regard vif et perçant. Ses yeux noirs, à demi-cachés sous ses sourcils dénotaient par leur scintillement toute l'intelligence de

son âme. Un pli très accentué à la jointure du nez et au front était le signe probant de la volonté et du courage.

Il avait la voix douce et le sourire affable. A première vue, on n'eijt pas soupçonné qu'il y avait en lui l'étoffe d'un grand poète, énergique, tout dévoué à la classe ouvrière. Lui seul savait fouiller dans les replis du cœur du Misérable pour y trouver les causes de sa souffrance. Ajoutez à ces qualités mâles, une grande timidité qu'il conserva toute sa vie.

Complétons ce portrait par un autre, presque inconnu, dîi à la plume d'un chroniqueur, Georges Montorgueil : « Un jour que je lisais, dit-il, un livre bien oublié : l'Histoire de Miïrger^ écrit en 1861 par « trois buveurs d'eau », un chapitre me frappa pour le nom que j'y rencontrai : celui d'Eugène Pottier. « Eugène Pottier, disait l'auteur, est le fils d'un emballeur. Il était bien né poète celui-là, et quoique son livre, encore aujourd'hui manuscrit, n'ait été communiqué que confidentiellement à un très petit nombre d'amis, certaines pages se sont envolées au delà du cercle intime et quelques hommes, dont la parole et la plume font autorité, pourraient confirmer mon jugement. »

... Eh! mon Dieu, me répondit Nadar, ce buveur de sang — Pottier — était un buveur d'eau. Je connaissais Pottier. J'avais pour l'estimer le jugement de Gustave Nadaud, maître en l'art du couplet et qui rappelait les couplets de Pottier.

Il s'était fait son éditeur, quoique fort éloigné de ses idées politiques ; mais comme Sarcey, il voyait là surtout une œuvre littéraire d'une valeur incontestable.

— Puis, me disait Gustave Nadaud, ne le boudons point parce qu'il est rouge; c'est sa couleur à cet homme, nous n'y pouvons rien. Il était déjà rouge en 1848, quand je l'ai connu, il n'a pas déteint, c'est ufie qualité.

J'espère bien que vous allez lui donner un coup d'épaule et faire un sort à ses chansons.... Le recueil que Gustave Nadaud prônait partout, portait ce titre détestable : « Quel est le fou f » Il en avait fait tous les frais, lui le bourgeois, lui le repu, lui qui aimait en délicat tout ce que Pottier haïssait, et dont la philosophie n'était ni amère, ni révoltée. Ce cahier contenait de fort jolies chansons; c'était un choix, et V Internationale qui devait faire un jour un tel bruit par le monde, quoique écrite depuis 1871, n'était encore chantée par personne

La Nature l'avait taillé pour subir les épreuves du noviciat, quel incomparable souffre-douleurs ! d'une taille moyenne, large d'épaules, armé de bras d'hercule et de jambes tournées largement dans du chêne, sanguin, vigoureux, ardent comme un taureau, dur au mal, insensible au froid comme à la chaleur; pouvant à son gré se chaus-

38 PORTRAITS d'hier

ser, se ganter de neige et placer son pupitre au milieu d'un carrefour à six courants d'air pour y écrire une ode ou des couplets ; sachant rire sans interrompre son rêve ; distrait et insouciant, formidable de passion, par accident, et oubliant tout, aussitôt l'accident passé ; capable de prendre l'air sur le boulevard des Italiens sans chapeau et l'habit sous le bras ; enfin condamné par les médecins, sous peine de mort, à vivre d'eau claire et d'herbes cuites. Quel sujet pour la bohème !

Manger, dormir, étaient ses deux châteaux en Espagne, deux voluptés inassouvies : huit nuits de son sommeil lourd et huit jours de beafsteack pouvaient le tuer ; aussi quand il se permettait de déjeuner, — de temps en temps, les dimanches — c'était presque avec férocité. Doué de ces déplorables avantages, comment aurait-il pu, sans souci de la vie matérielle, se bercer à son aise dans ses rêveries ?

Il était paresseux, et, tous les jours, à cinq heures du matin, quelquefois après une soirée de poésie qui avait beaucoup dépassé minuit, il se levait en grommelant, ceignait son tablier de toile verte et allait jusqu'à la nuit scier des planches et clouer des caisses dans la boutique de son père, qui le payait quatre francs par jour, ni plus, ni moins. »

(( Si j'ai cité, ajoute Montorgueil, ce très long passage, c'est qu'il est un portrait inconnu de ce Pottier, dont on ne parle tant, que depuis qu'il est mort et que ses amis eux-mêmes vont certainement le lire pour la première fois. »

Nous ajouterons quelques notes aussi inconnues que les précédentes et qui compléteront le portrait du célèbre chansonnier. Il fut du Cénacle de la Bohême et le premier maître de Miirger. Elève de l'école de son quartier, il y était rentré à seize ans comme pion, dégoûté qu'il était du métier d'emballeur.

Pendant deux ans, il avait eu dans sa classe Henri Miirger, un peu plus jeune que lui, pour élève. D'où leur liaison.

Nadar qui avait rencontré Pottier ait théâtre et appris de lui la prosodie, a rappelé ces heures de bohème :

« — Nous étions les bêtes noires du Père Pottier. Quand nous nous avisions de mettre le pied sur le seuil de la boutique, l'escalier de l'entresol craquait aussitôt sous ses pas, et il nous disait bonjour, nous demandait des nouvelles de notre santé, politesse qu'il était facile de traduire par un « allez au diable ».

Il est vrai, que, quand l'un de nous était là, le rabot molissait entre les mains du fils qui, tout en nous écoutant et en nous répondant, mangeait — littéralement mangeait — une poignée de copeaux. Ça n'était pas précisément la même chose que d'en faire... »

Pottier est le roi du cénacle. Son activité déconcerte la paresse

de Mùrger. Et Nadar remarqua vers 1860 : « Il était bon à tout, se passionnant pour tout, savait tout apprendre en deux heures, tout comprendre en un jour, tout exécuter en une semaine. Cette prodigieuse facilité à s'assimiler toutes les formes et tous les genres déroutait nos prévisions. Sera-t-il un épicurien du Caveau, sera-t-il Désaugiers, Béranger, Casimir Delavigne ou Lamartine? » : Pour nous, il fut mieux que tout cela : il fut le Poète du Peuple ! et l'immortel auteur de V Internationale.

La vie d'Eugène Pottier est étroitement liée à son œuvre. Etudier l'œuvre, c'est étudier l'homme lui-même. Il n'eut qu'une passion... celle de la poésie ; c'est dans ses vers qu'il mit le meilleur de son âme de révolutionnaire ; c'est par leur lecture qu'il faut apprendre à le connaître.

Eugène Pottier naquit à Paris le 4 octobre 1816, de parents pauvres, qui ne purent lui faire donner une solide instruction ; ce manque d'études fut pour lui la première des désillusions dont sa vie devait être remplie.

Sa force de volonté seule y suppléa, c'est dire qu'il se forma lui-même et fut par excellence le fils de ses œuvres.

Son père suffisait à peine aux besoins de la famille et le jeune Pottier fut, dès l'âge de treize ans, obligé d'entrer en apprentissage.

Déjà à cette époque la littérature l'attirait invinciblement, mais son père ne voyait rien de plus beau que le métier d'emballeur et l'imposa à son fils. Les goûts artistiques de ce dernier le détournèrent bientôt de ce métier purement manuel, et, comme le Bachelier de Vallès, il se fit pion. On devine la vie de misère qu'il dut subir. Le pauvre garçon, qui était en froid avec son père, n'avait pas toujours de quoi manger (autre désillusion), mais il employait ses loisirs à rimer et la muse le consolait.

Il devint ensuite commis-papetier, puis, ayant appris à dessiner il se transforma en dessinateur sur étoffe et devint bientôt l'un des artisans les plus habiles du genre. Il parvint à la tête d'une importante maison de dessin qu'il céda lorsque la Commune le réclama tout entier.

Dès 1830, c'est-à-dire à l'âge de quatorze ans, des idées de liberté germaient confusément en son esprit; elles se précisèrent, et bientôt prirent leur vol sur les ailes diaprées de la chanson : c'est en effet de cette époque que date la première chanson de Pottier : Vive la Liberté !

Deux ou trois ans plus tard, il publie une brochure contenant une douzaine de chansons célébrant particulièrement l'amour et le vin,

40 PORTRAITS d'hier

mais bientôt, sans toutefois abandonner le genre bachique, il entre dans la voie préférée qu'il ne quittera plus : la chanson politique, la poésie révolutionnaire, la critique sociale.

En 1840, il publie la chanson : // est bien temps que chacun ait sa part, qui eut un certain retentissement.

La Révolution de Février arrive, elle le trouve debout pour la chanter. Voici quelques vers que j'ai exhumés d'un journal de 1848 :

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