SG
et exacte imitation, mais à cause d’elle. Tout dépend de l’esprit dans lequel on imite .
« Decamps , notre admirable contemporain , dans sa dernière manière, a semblé s’inquiéter d’une sorte de recherche de la beauté, mais il a forcé quelque peu son talent dans quelques-uns de ses sujets de la Bible, pour donner à ses figures une idéalisation factice résultant de la pureté des lignes et de T imitation de l’antique ou des maîtres italiens. 11 introduit visiblement dans sa manière un élément parasite, ses personnages perdent du côté de la vie ce qu’il croit leur donner du côté de la noblesse. Rembrandt eût fait des hommes plus vrais, et l'idéal ne lui eût pas manqué davantage. La meilleure critique de ce style un peu apprêté, c’est le chameau qui, on se le rappelle, figure au premier plan d’un de ses sujets, et qui est d’une grande réalité et pris sur nature. Raphaël eût fait naturellement des figures nobles et aisées, et nous eût donné, en revanche, un monstre de son invention pour le chameau. Des hommes d’école diront : Il y a plus de fermeté de style dans ces derniers tableaux que dans certaines compositions du même peintre faites avec plus d’abandon; l’homme de goût trouvera le contraire : là où l’artiste est tendu et recherché, il perd son cachet, son originalité1. »
Qu’ajouter à une opinion si justement et si clairement exprimée ?
Si quelques peintres cherchent l’idée, d’autres demandent à la peinture des principes et des leçons de morale et de philosophie exprimés par un ensemble d’accessoires