PORTRAIT DE PIE VII
toire que la fable, voilà ce qu’on peut aussi regarder comme des difficultés.
J’entends parler de la dignité du genre : de toutes les dignités, celle-ci est, à mon avis, la plus mince. La véritable est celle que l'homme imprime à son ouvrage; un genre digne, c’est celui qui est porté à la perfection.
Quant à Lawrence, il est, avec ses beautés et ses défauts, ou, si l'on aime mieux, avec son genre inférieur, un homme du premier rang. Il n’a point eu de rivaux dans la peinture des femmes et des enfants. Le portrait du pape, qui fournit l’exemple d’une autre espèce de mérite, prouverait la mobilité comme l’élévation de son talent, si rien de tout cela avait besoin d’être prouvé. .
Quelques personnes ont prétendu que, tout remplis de beautés que pouvaient être ses ouvrages, ils risquaient de corrompre le goût.
On peut dire à cela qu’un grand artiste n’a jamais été considéré comme devant répondre de toutes les sottises qui peuvent se faire à propos de ses écrits ou de ses peintures. On aurait le plus grand tort d’en vouloir à l’illustre Goethe, par exemple, pour tous les Allemands doués d’une sensibilité trop vive, que la lecture de Werther a fait se jeter à la rivière ou se pendre.
Quand même encore il serait démontré qu’un bon ouvrage peut perdre le goût, il resterait à décider jusqu’à quel point il est convenable de préférer le bon goût aux bons ouvrages.