‹ Eugène Drolet ou L'écolier modèle [microforme]Chapitre 11 sur 22 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LE SECRET D\' BONHEZBR,.

L'homme n’est heureux qu’à la condition de jouir plus ou moins parfaitement de la fin pour laquelle il a été créé. Voilà pourquoi les saints, dont le cœur est si plein de Dieu, surabondaient de joie, même au milieu des tribulations. Leur bonheur augmente en proportion des sacrifices qu’ils font pour Celui qui leur a dit: moi-même je serai votre récompense.” Aussi Dieu récompense-t-il dès ici-bas son jeune serviteur des sacrifices et des efforts qu'il faisait pour le servir fidèlement, en répandant dans son âme des délices ineffables, en sorte que pour lui le temps qu’il consacrait aux actes de la religion était un temps de vrai bonheur. Dans la piété Eugène trouva ce que la jeunesse cherche ailleurs avec tant d'avidité et de si amères déceptions, le vrai bonheur sur la terre,

& Il y a un temps, disait-il à un de ses condisciples, où je suis presqu'indifférent ; mais dans les moments où la grâce se fait sentir je suis tellement embrasé d'amour que je ne puis me contenir, Alors c'est un grand bonheur pour moi

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que de m'entretenir de sujets de piété. ?!

Dans une circonstance, il axsurait que lex heures les plus heurenses qu’il passait avec les hémmes, c’éteit cuend il S'entretenaic avec eux de l'amour de Jésus dans l'Kucharistic, de la dévotion envers la Ste, Vierge, et du bonheur du ciel, mais qu'il en trouvait peu à qui ii pât communiquer ses liupressions. Car il faut bien l'avouer, le nombre de cx qui trouvent du bonheur à parier sur des sujets de piété n'est pas considérable.

Maïs pour Rugène toute conversation ayant un Caractère religieux attirait sa plus vive attention. Comme on lui racontaii an miracle opéré par un Saint, on rémarqua que sa figure s’animait et laissait voir les marques d'une piense €motion : à la fin du récit, il s’écria ; Oh ! comme cela ranime la foi; et aussitôt les larmes coulèrent de ses yeux,

Qu'il était touchant d'être témoin de des dispositions lors. qu'il se confesait. n arrivant au confissionnal, il baisait avee foi et avec amour le Crucifix qui se trouvait devant lui. Que de fois il versa des larmes sur les infidélités légrères qu’il aceusait avec douleur ! Ensuite, il retournait aux pieds des antels de Jésus et de Marie, pour rendre grâces d’avoir reçu l'application des mérites du fans précieux de son Charitable Sauveur, comtme il se plaisait À l'appeler.

Là il passait un temps considérable à exprimer sa reconnaissance et à former de nouvelles résolutions. Un soir, il fallut l’avertir de ne pas prolonver dav: ntage SGD action de grâces après la confession, il était dix heures. II préférait se confesser le soir afin d'être plus libre de verser des larmes. ‘J'aime cela, disait] naïvement, à pleurer mes péchés, ”

Souvent aussi, durant la nuïi il versait dés larmes de re-

petitir sur ses imperfections.‘ Le matin on s'apercovait en-

core à ses yeux, qu'à l'exemple du Prophète, il avait arrosé

ET 0 son lit de ses larmes, Faisant une réflection sur l'extrême , fragilité de l'homme, il disait + « c'est bien terrible qu’on ne

puisse point passer un jour sans pécher. Les plus grands Saints eux-mêmes péchent sept fois ‘le jour: comment est-ce doné pour nous? Que nous sommes donc ingrats de ne pas aimer Dieu: il nous à pourtant beaucoup aimés, puisqu'il a voulu que son Fils mourût pour nous.” Eugène se préparait avec le plus grand soin à Ja communion, par un recucillement profond qui paraissait inême dans le temps de la récréation. Alors on le voyait souvent seul et s’entretenant intérieurementsur le bonheur qu’il allait goûter dans l'union avec Dieu. Si prenait part quelquefois à certains jeux, c'était MOINS par goût que pour éviter Je danger des conversations

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