SA CHARITÉ
Notre pieux écolier se montra toujours fidèle à observer le g'and pré epte de l’amour du prochain. On ne l’entendait point parler des défauts des autres ; il savait toujours les excusvr, I] ne se Sénait pas de reprendre ses éaux lorsqu'ils mauquaient à leur devoir sous ce rapport, Une parole d'un de ses frères fait l'éloge d'Eugène dans cette vertu. ‘ Maintenant, disait-il, il n’y a plus à parler dans la maison chez nous ; Eugène est là pour nous reprendre disant que nous manquons à la charité. ”’
On raconte d’Eugène un trait singulier de charité. Pen dant ses vacances, il fit des reproches à l’une de ses sœurs à cause de son goût pour les plaisirs du monde, et en même
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temps il téchait de la convaincre combien tout cela était peu de chose en comparaison du service de Dieu. Mais ses avis adreskéx à cette personne plus âgée que lui, ne furcnt pas toujours reçus avec reconnaissance, et le jeune mouiteur eut en retour quelques paroles piquantes, et des railleris qui ne changérent pas ses dispositions bienveillantes à l'égurd de su sœur, Car après son arrivée au collége, il lui écrivit, de jeur qu'elle ne fût refroidie à son égard, une lettre remplie de sentiments d'affection, dans laquelle il s'engageait pour se venger de ce qu'elle lui avait dit, à réciter tous les jours pour elle un Memorare,.
Allait-il voir durant les congés une autre de ses sœurs qui étudiait au couvent de la Présentation, c'était surtout jour lui donner des conseils, l’entretenir de sujets d: picté, lui enseigner la méthode de faire oraison. La dernière fois qu'il alla la voir avant de mourir, il lui avait annoncé qu'a sa prochaine visite, il lui donncrait une excellente manière d'entendre la sainte messeavec fruit.
Tous les saints ont aimé et respecté les pauvres comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Un grand nombre parmi les fidèles serviteurs de Dieu se sont dépouillés de tous leurs biens pour soulager les malheureux. Eugène avait aussi cette marque d'un vif amour pour N.S. en ayant compassion des pauvres.
Comme il revenait un jour de l'Église, après y avoir fait la Ste. communion, il aperçut à quelque distance une femme qui paraissait dans une grande indigcnce : aussitôt il Jaisre ses sœurs qui l’accompagnaicnt. se dirige vers cette pauvre. et lui demande si elle avait besoin de quelque secours. Puis il lui offrit queique argent, tout en exprimant le regret de ne pouvoir lui eu présenter davantage. Remplie de reconnaissance, cette pauvre femme entra dans la. maison voisine, et
elle se mit à louer le jeune écolier qui venait de lui faire l'an.
mône, quoiqu’ellene lui eût rien demandé, Ordinairement, dit-
elle, il faut que nous demandions, et encore on n'obtient pus
toujours; mais lui est venu audevant de moi pour n'offrir ce
qu'il avait, Klle D'avuit jas fini de parler qu'Eugène en.
trait chez sa mère. Le voilà. ajouta ja m1 ndiante, ce jeune
écolier dont je vous parle, est-ce votre fils, Madame ? Oui,
répond la mère d'Eugène, c'est mon enfant.
Eugène était d'une prudence extraordinaire
gner de tout danger, et éviter tou te quipourr
soit peu à sa piété. Sachant que les amitiés Particulières sont
un grand obstacle à Ja grâce, et presque toujours dange-
reusés pour les mœurs dans une Communauté, il fit des eflorts à
constants pour conserver son cœur à Dieu seul, 1] faivuie à
connaître ses disporitions, sur ce sujet, à l'un de ses condis.
ciples, en lui disant qu'il ne voulait Pas sc faire d'amis inti.
mes, et il en donna la raison >‘ parceque, disait il, ilest si
‘rare de trouver un ami Véritable, Mes senis amis ce sont
“Jésus ct Marie: tous Jes autres peuvent tromper, mais
‘* ceux-ei sont toujours Jes mêmes à notre Cgard, «t
‘€ toujours pour nous le. lus grand intérêt et le p.us ‘amour, ?’
pour s'éloi.
ait nuire tant
ll: ont 1 ardent
Comme où pent le Penser, tant de qualités devaient le fuire rechercher, Un écoli Jui éeriv
it un jour quelques nots ct lui Gt présent d’un volume
pour l'engager à se lier d'amititavec ini, Son motif paraissait bon, c'était Jour s'entre- » tenir de conversations pieuses, et s'aider par des avis mutnels à servir Dieu. Eugène remit aussitôt l'écrit au maitre d'étude, puis ildemanda la Permission d'aller Jnimême porter le volume à celui qui le lui avait €nvoyé, en Jui
disant € qu'il ne voulait pas s'occuper de ces choses.]à qui sont contre la règle,”
C'est ainxi qu'Eugène s'offorçgait de purifier ses senti. ments et de ne placer dans son cœur que la vraie charité envers le prochain, lagneile est décrite dans le grand commandenent tu aimeras le prochain comme toi-même pour l'a. mour de Dieu,
Cependant Dieu permit qu’il fût soumis à quelques tentations sOUS ce sapport, afin de purifier et d'exciter davantage eu lui l'amour divin. Eugène ressentit en son cœur, Cot-
me Malgré lui, quelques senitiménts d'amitié pour un de ses
condisciples. S'apercevant que la pensée de ce nouvel ami se:
présentait À son esprit au momént de ses exereices de piété alors il jugea que e'était là un piége du démon, et il prit la résolution bien arrétée de s'en défaire le plustôt possible. Maliré la réprgnance Qu'il épronvait, il alla déclarer extérieurement À son directeur de conscience tout ce qu'il ressén: tait afin de s'entendre avec lui sur les moyens à prendre pour se débarrasser de ce qu'il a ppelait un obstacle à son bonheur. Après s'0tre ainsi ouvert à son directeur, il se mit À verser des larmes abondantes, en disant : Oh ! que je suis heureux maintenant, je suis déchargé d'un poids insupportable, je ne pouvais vivre daas cet état.
Heureux l'enfant qui a de bonne heure compris que même ïci-bas le cœur humain est fait pour Dieu et qu'il ne saurait être tranquille tant qu'il ne se repose pas en Lui. |
Eugène ne tarda pas à comprendre que c'était une épreuve que Dieu lui envoyait, et qu’il pouvait s’en servir avantageusement pour son avancement dans la vertu. Chaque sentiment d'amitié humaine lui donnait occasion d'offrir un petit sacrifice, de produire un acte d'amour de Dieu qui ne pouvait pas manquer de lui être bien agréable Jamais il n’a contribué par ses paroles ou par ses écrits à former de