‹ Eugène Drolet ou L'écolier modèle [microforme]Chapitre 8 sur 22 · INFLUENCE DU BON EXEMPLE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU BON EXEMPLE

H'ixemple a toujours nne puissante influence pour le

bien Comme pour le mal. Eugène, en se montrant en tou-

tes circonstances obéissant, modeste ct picux, exerça sur Ja Communauté du Séminaire une très-heureuse influence, Et il n'en pouvait être autrement, Le spectacle d’un enfant, encore dans les classes inférieures, observant avec tant de fidélité tous les règlements, était bien propre à faire rougir d'autres élèves plus âgés et plusélevés en classe, Aussi la piété etla régularité prirent-elles un nouvel accroissement surtout chez les élèves de sa classe qui eurent plus souvént occasion d'être édifiés par leur petit modèle. On appréciera mieux: cet apostolat de l'exemple exercé par notre pieux enfant, si l’on songe que quelques mois après la mort d'Eugène, les effets de son absence se laissaient apercevoir d’une manière assez sensible, La classe dontilavait fait partie,

conserva toujours un bon esprit ; mais elle ue se distincuait plus autant parmi les autres par sa grande piété : la’ religion avait une part moins large dans les conversations auxquelies on se livrait. Jin un mot, sans cesser d'étre une classe recommandable et qui a laissé dans le Séminaire d'excellents souvenirs, elle ne porta pius avec autant de raison, après la mort d'Kugène, le titre de belle «lisse qu'elles avait reçu à cause sans doute de l’heureuse influence exercée sur elle par le pieux enfant.

Plusieurs de ses confrères reconnaissaient que leurs rapports avec lui avaient eu en effet une grande influence sur leur conduite morale et religieuse. Eugène. affligé de voir un de ses condisciples habituellement froid dans le service de Dieu, entreprit de le rendre plus pieux. Après l'avoir engagé à aller souvent à la chapelle pendant ses récréations, malgré les répugnances qu’il pouvait éprouver dans le con. mencement, ilajoutait : ‘tu n’y auras pas été une semaine, ‘ que tu auras toujours ensuite le désir de te trouver aux — + ‘pieds de Notre-Seigneur.” Le succès fut complet: et en peu de temps, à l'aide des bons conseils de son petit moniteur cet élève devint un modèle dans la communauté par sa piété et sa régularité. Dans la suite cet ami reconnaissant ré pétait avec larmes à l’un de ses maîtres que c'était Eugène qui l'avait converti, en lui purlant de Dieu commeun ange. :

Un autre élève, qui auparavant était un peu prévenu contre Eugène, ayant passé trois joursavec lui à l’Hôtel- Dieu, fut tellement édifié de:sa pieuse conversation, qu’à son retour au collége il disait au directeur qu'iln'était pas possible de demeurer plusieurs jours avec ce saint enfant sans changer de vic. ct que désormais il serait plus dévôt.

Eugène me pouvait s'empêcher d'exprimer son afflietion lorsqu'il voyait quelqu'un de ses condisciples s'écarter de

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son devoir. S'il était en position de lui dornét cotivenablement un avis, il le faisait avec la jlus grande charité. Quand il ne pouvait donner de conseil, au moins il priait. [lue manquait d’ailleurs jamais de prier pour sés confréres. On le savait et on se recommatida t trèr-souvert à ses prières, tant on était convaincu qu'elles étaicnt agréubles à Dieu. Aussi, a-t-on entendu dire plus d'une fois que ses prières coutr ibénierie pour beaucoup au bien qui se faisait dans le collége.

Qu'ilétait édifiant, de le voir se retirer à sa place à la fin des récréations aussitôt après le premier son de la cloche pour les exercices religieux, et là daus le recueillcment préparer son âme à la prière suivant l'avis qu’en donne l'Esprit-Saint. Aussi faisait-il tous ses exercices de piété avec une ferveur ét une modestie qui édifiaient tous ceux qui en étaient témoins, Et lorsque le directeur du collége le proposait pour modèle en ce genre à quelques élèves, cuux-ci se reconnaissaient incapables de l’imiter.

Pour ranimer sa foi, et exciter son attention à la présence dé Dieu, voici commentil fixait son imagination pour empêcher ainsi son esprit de se distraire : “Je me figure, ‘ disait-il, trois ‘rônes ; sur le premier la Ste. Vicroe, sur le ‘second N. 8. Jésus-Chri ist, et sur le troisième Dieu le Père ; et quand je prie, je m'adresse toujours à la Ste Vierge, et de cette manière Je suis toujours certain d’être exaucé Sa modestie parfaite, était si bien connue de tous, qu'on n’osait rien dire, et ne rien faire en sa présence qui pôt le bles. ser. [Les parents d’un de ses petits compagnons ayant recommandé à leur enfant d'éviter tout ce qui pourrait ctre inconvenant dans une réunion qui devait avoir lieu, aus. sitôt cet enfant répondit : “Kugène doit s’y trouver ; et avec lui,c'est comme avec Monseigneur.” En effet, quelqu'un ay-

ant dit un mot un peu mal sonnant à ses oreilles délicates, Eugène :ui impose silence, et ensuite tout se passa avec la plus grande réserve. Un fait assez singulier prouve qne Dieu veillait à ce que son innocence ne fût pas exposée, On avait placé près de lui à l'étude un éève qui n’était pas con- DU, Comme ayant de mauvaises mœurs, maisil fut expulsé du collége, aussitôt qu’il fut connu. Eh bien ! tout le temps qne ce dangereux écolier fut dans la maison, € -à-d, pendant un mois, Eugène fut absent pour cause de maladie.

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