BONHEUR
Jadis, à mon réveil, je voyais la journée S'étendre devant moi comme un pays sans eau :
Pas une fleur, pas un oiseau
Sur la colline décharnée.
Je me levais, songeant : « Ce climat est le mien. Il est dur, pourtant je résiste. »
Et je lavais mon corps, et j'éprouvais combien Ce simple geste est triste.
Retour de la lumière, ô recommencement,
Qu'aujourd'hui ton heure est splendide ! Qu'il est léger, mon vêtement!
Mon pied vole sur l'herbe humide.
Je danse et je bois Aux sources des bois, Pareil au satyre, Ou bien je m'étire Avec volupté.
L 'azur de l'été Brille entre les palmes.
Nos doigts sont unis, Et nos jours bénis Glissent, pleins et calmes.
François PORCHE
L'Afrique vue par Fromentin
Que de fois nous avons pensé à lui à Marrakech !
Nous sommes arrivés au Maroc, comme lui à Laghouat, au lendemain de la conquête, et nous avons eu la chance de voir, dans le Moyen et le Grand Atlas, une vie indigène aussi intacte que celle qu'après 1830 il découvrit aux limites du Désert et des Plateaux Algériens. Comme lui, nous avons essayé de fixer des aspects d'êtres et de choses qui évidemment ne seront ]ilus demain ce qu'ils sont encore aujourd'hui, ou qui même disparaîtront tout à fait. Pour rendre sensibles de tels spectacles, Fromentin, écrivain ou peintre (ce (|ui au fond est tout un) s'est bien gardé d'employer des moyens exceptionnels, un vocabulaire, des couleurs, une syntaxe ardente, qui se serait, pour ainsi dire, embrasée et tordue à la chaleur de l'Afrique, il s'est toujours servi delà langue la plus familière et des tons les plus unis. Cela peut paraître paradoxal d'employer, au Sahel ou dans le Sahara, les mêmes phrases, les mêmes mots, les mêmes tours qui servent à décrire le chasseur si paisible du pays de Sainlonge. Mais c'est le contraire qui serait un absurde tour de force. Il ne s'agit pas pour un artiste de lutter avec la nature, comme Jacol) avec l'Ange, de se battre avec les mots ou avec les couleurs pour faire entrer dans les limites d'une page ou dune toile la nature toute nue. La seule (piestion intéressante est de rendre avec le plus de justesse l'émolion ipiOn a ressentie. Il eût été bien dommage qu'à son retour d'AI'ri(pie nous n'eussions plus reconnu Fromentin. Grâce au ciel, il n'en est ri(Mi ! Nous le retrouvons avec joi(; tel qu'il était parti. C'est un homme de chez nous (pii revient de voyage et (|ui essaie de nous communiquer ses encliantements et ses sur|)rises. Pas une minute il n'élève la voix pour nous parler de ces pays (juil ignorait hier
<;ill«,r AKAIiF. A LA TEHUASSK iirssin Inrilil il' lùnirnr Fminrnlin
encore. Il a trop de maîtrise et de paix dans l'esprit pour que devant un spectacle, aussi émouvant soit-il, sa réflexion ne l'embrasse, ne le possède aussitôt et ne le transforme en pensées, en lignes et en couleurs simples. Son art nous fournit une preuve que même les plus violents paysages peuvent toujours s'exprimer par les mots les plus paisibles. Si l'esprit n a pas la puissance de dominer des émotions confuses et de les traduire en idées claires, on assiste à des efïorts lamentables pour couvrir cette faiblesse sous des artifices de style et des truculences de couleurs. Mais quand l'émotion s'épanouit chez un artiste de race, elle se moule naturellement dans ces formes naturelles du langage qui, sous toutes les latitudes et dans tous les climats du monde, demeurent invariablement les mêmes, avec leur sens, leurs règles et leurs sons, pour exprimer les seules choses qu'il soit en leur pouvoir <le rendre : des sentiments et des pensées.
C'est ce qu'a vu si bien Fromentin, avec un instinct profond. Son orientalisme nous touche, ses paysages d'Afrique nous émeuvent parce qu'ils sont exactement de la même qualité que ses paysages de la Rochelle. Le même regard a contemplé les uns et les autres ; la même réflexion s'est appuyée sur eux. Fromentin est, à notre goût, le plus grand de nos peintres-voyageurs, parce qu'au milieu de ses pérégrinations, son àme de Français de l'Ouest ne s'est pas perdue en chemin. Les Auffhiais, 12 Octobre l'JW.
Jérôme et Jean THARALD.
Frcmaitin pdntrc et critique
Fromentin s ost donné trop tard à la |)ointure — il avait déjà -2:\ ;nis — pour n'avoir pas été condaniné ;i y l'airo figure danni- Ifiir. Celte impression n<' lit i\\n- salliniicr (|uand on le vit à plusieurs reprises el cliaque lois avec plus dé-clat. déposer un temps le pinceau {xuir la plume et donnci' siiccessiN emeni des livres de voyage, un roman et rnlin un livre de (•iiti(|ue (|ui tous ol)tini-enf des sueeès d'excellent aloi : son(eu\r'e littt'raire eut j)lus de retenlissenuMil (jue ses peintures. Quand il moui'ut. il était au seuil de r Académie IVancaise. Ki (ie|uiis ses livres léont cessé de travailler pour sa gloire. Il y a aujoiu'dliui de nomhi'enx admirateurs de ses descriptions du Sahara : il «-si des chapelles discrètes où s'entretient un culte fervent |)our /)()//ti/fi(/i/f et il n'est persomu'. je |)ense. poin- cont«'sler (|ue Jj's M(nlrf'>i (l'inttrt'j'ah ne soient le plus beau livre de criti([ue dart que nous ait d(»nnt'' la langue française.
. Ainsi l'homme de plume a cessé de dominer riiomine du pinceau. Or la peinture est une muse jalouse. I.a plume est un instrument d'homme du monde autant qu'un outil de sp(''cialiste: l'homme de lettres a le droit d'être un amateur. Le pinceau ne nous send)le vraiment à sa place (jue lorsqu'il est manié par un homnn; de nu'tier. Nous pouvons volontiers croire (|u'un peintre écrit l)i«'n: mais (pii nous persuadera jamais (ju'un écrivain peut à la rigueur être un bon |)eintre! La gloire littéraire de Fromentin devait donc fatalement îuiire à la l'enomnu'e de l'artiste. L'opinion liéné-rale est aujourd'luii (|ue Fromentin est un grand écrivain (jui eut aussi un talent de |)eintre très distingué.
Ces jugements géné-raux ne sont jamais entièi'euuMit faux. Si le. motdamateur impli(|uait (|ue l-'iomentin n'a traitf' la |»eintui'e que comme un passe temps et pour se distraire un instant de ses tiavaux litti'-raires. ce tei-nn- ne devrait januiis lui être a|)pli(|ué. Il fut bien un |»eiidre de nu'tier. dans toute la forme du mot. — et même il xcudait sa fieinluic |toin- en vivre. Il s'est doniu' tout entierà son art : il s'est d<''|)aysé pour lui : c'est pour aller chercher des images ensoleillées (|u'il est alh' au fond de l'Algérie et la pai! la plus iuiporlanle de son existence sest bien passée dans son atelier de la place l'igalle ;i chercher sur la toile la solution de quelque.s-uns des pr(d)lèmes piltorescjucs (]ui ont pri'-occupé les
hommes de sou Icmps et, en parlictilicr, celui (]ue [)ose la repiésonlatioii de la (iyure liuinaine en plein aif. Kt il ne faut |)as oul)Iier non plus (jue les livres de Fromenliii — saut" Doz/ti/i/qi/e (jui est la confession d'une jeunesse romanli(iue — son! bien des livres de peintre; ses deux livres sur l'Algérie ne sont guère (jue des transcriptions verbales de couleurs et de formes et tout k^ miracle es! ((u'il ait pu se montrer également peintr'e la [)lume à la main. Quant aux Maflrcs ddut rcfoi^^ ils sont nés d'un voyag't' dans les musées d'Anvers et d'Amsterdam et ils sont aussi et avant tout le résumé de l'expérience d'un [)eintre. 11 n'est pas besoin de chercher bien longtemps pour reconnaître dans telh; dissertation sur les paysagistes hollandais, sur Hais ou sur le clairobscur de Rembrandt, des théories qui avaient dû bien souvent déjii passer dans les brillantes discussions (|ui coupaient dans l'atelier de la place Pigalle les séances de travail; car Fromentin iut, comme il arri\ e parfois aux peintres, undiscoureui'étincelant. Si bien (|ue l'homme de lettres qui accapai'e la gloire de Froment in doit cependanl en reporter au [teintre la meilleui'e part.
Pourtant Fromentin n'est pas venu jeune à la i)einlui"e : quand il s'est mis à peindre, il y avait déjà longtemps que son intelligence (Hait foi'uit'e : il y avait déjà longtemps sans doute (|u'il jug"eail les choses de la peinture. H fut im critique et un esthéli- <^ien avant d'avoir mis lui-même — si l'on peut dire — la main à la pâte. De cette antériorité de la faculté critique sur le tra\ail de création, il lui est toujours resté que, même quand il peignait, un criti(|ue veillait en lui ([ui jugeait son travail. Connue il est trê(|uenl. ce critique rarn''tait parfois dans sa production, car il n'est rien |)0ur tarir la verve comme le temps d'arrêt pendant lequel on se juge. Par les contîdences de son Dominique, il est aisé d'imag^iner que bien des fois Fromentin s'est arrêté, a posé son j)inceau,a examiné son œuvre d'un regard non plus d'auteur mais de critique pour conclure peut-être par un « à quoi bon ? » Quand on analyse son talent de'licat de peintre, on devine la prtsence constante de ce juge qui ne lui laisse jamais commettre une, faute de g-oiit mais qui l'a peut-être aussi empêché de se développer en force. C'est une (jualité charmante que d'être bien élevé. Mais oti peut se demander aussi parfois si en condanniant la franchise et la brutalité, la bonne é'ducation ne nous emprisonne pas dans la crainte de déplaire.
Aussi, en admettant que l'on puisse discuter sur la place qui revient à Fromentin comme peintre, comme critique celle qui
luiro\i»Mit incoiitrstabloineiit «'st lii |»r)'mi(M'«\ ( >ii a coutume de lui faii'c un tn»''ril(' d'avoir fait de la criliqu»! d'art »'ii artiste, c'est à dire d'avoir rcyardé la peinture en peintre et poui" jujL'<!r un tableau d'avoir clierclie le p()ur(|uoi et le couuiient «les l'oriues et des couh'Ui'S (|ni le composent. Et certes rien n'est plus juste. Mais entiu d'auti'es criticjues ont apj)ris de la conversation des artistes ou de la contemplation de leurs œuvres quelques uns des redoutables secrets du uu'tier et savent parfaitement s'en sersii' il leur tour jtour bien \<>ii' et jug"er avec autoril»^: ils on! appris aussi le vocabulaire des ateliers (jui leur permet de traiter en t«'cbnit'iens des cboses de la peinture. Mais justement h'romenlin se distinjiue de ces crilicjues (jui font ellbrt pour bien montier que les questions de mi'lier ne leur sont pas étrang"ères ; il regarde en peintre, il juii»' en artiste, mais c'est toujours pour atteindre au sentiment dont celle teclmique est l'expression. On le loue f(U"t d'axoir montr»' qu'un tableau avant d'être appi'eciê. dans ses intentions morales ou senlimentales devait d'abord être considéré comme une (eu\ re de peinture et l'on a certes bien raison : mais tout Fromentin n'est pas là. Sa i^rande oi'iginalité est justenu-nt dans ce (|ue son analyse lecbnique n'est, à un autre j)oint de vue. qu'une analyse morale. Les |)ages admirables où il nous initie aux procédés de Kul)ens ou de F{emi»randt sont de \éi-ilables iK)rti"ails psycbologiques <le ces peintres. ( baque fois (|u'il se trouve en i)résence d'un peinli-e (|ui l'etieiit longuement son attention, l'étude de l'teuvre sacliève toujours |)ar une sorte de syutbèse psycliologi(iue où l'on retrouve, dans leur corr«'spondances morales, toutes les remar(|ues |)ittoresquetS que l'œuvre a suggérées. Et c(da est bien de l-rouientin. Dans nos livres d'bistoire de l'art, les portraits de ce genre ne sont certes pas rares; on ne manque jamais de dresser sous nos yeux. (|uand l'occasion sCn pr('sente. la (ig-ure d'un Micbel Ang-e ou celle d'un Rembrandt. .Mais notez (jue. |)res(jue toujours, le portrait est tracé pai' un bislien (|ui reconstitue son béros avec les circonstances d»; sa biogiapbie. Pour Fromentin ce porliail il le tire principalement Ao
I (puvre ; aussi comme il est plus ricbe. plus \ ivant. plus nuancé' !
II faut louer Fromentin pour* avoir montré' (jue la criti(iue d'art devrait être avant tout une cr-itique tecbni(|ue: mais il faut le louer bien da\antage pour avoir ajoute (|ue celte crilicpie tecbniipie el.iit inie analyse psy<dioIitg^ique. lue manière de [teindre est uni! m.uiièr'e de voir, de sentir et de penseï'. Le (■nli(|ue admirable (|iie l'ut !''romenlin n'a pas seubuncMil bené-licié
do, SOS connaissances (le peintre; il s'est encore enrichi de ses curiositt'S de moraliste et de son art de romancier.
L'écrivain aussi est bien pour étonner. En critique d'art peutêtre la plus grosse difficulté réside-t-elle dans l'expression. C'est faute d'une lang-ue assez souple et assez riche que les critiques d'autrefois nous paraissent d'une sensibilité indigente et d'un jugement étriqué. Il ne suffit pas pour un critique de sentir fortemenl la beauté ; la difficulté commence (|uand il lui faut trouver dans la langue les mots et les tournures capables de traduire des sensations de peintre. Dans ce travail de transposition, l'ingéniosité de Fromentin est vraiment surprenante. Sans efTort visible, avec un bonheur d'expression à peu près constant, il nous suggère avec sa prose les impressions si originales qui nous assaillent quand nous admirons une belle peinture. Mais, comme toujours, il note bien moins les qualitt's pittoresques que leur projection dans notre sensibilité. Son vocabulaire n'a pas les tons intenses, les éclats subits, le brillant, le ciselé d'autres proses descriptives, celles d'un Théophile Gautier, d'un Taine ou d'un Huysmans. Son vocabulaire n'est pas fait de mots rares, d'épithètes somptueuses, de qualificatifs violents. C'est avec la langue de tout le monde qu'il exprime une réalité aussi neuve. Et pourtant sa langue est une invention de tous les instants ; c'est à l'ingéniosité du tour, à l'habile emploi de quelques métaphores musicales, à de fréquentes comparaisons avec les lois de la grammaire et les exigences de la syntaxe qu'on le reconnaît tout d'abord. Son style porte si fortement sa marque que ceux qui l'ont beaucoup lu en gardent longtemps l'empreinte.
Mais il me paraît utile de noter au moins queli[ues caractères de ce style, parcequ'ils me semblent lui donner son tour tout à fait original et faire immédiatement reconnaître Fromentin. D'abord, par leur rythme, les développements du critique nous donnent l'illusion d'assister au travail même de sa pensée. Par la lenteur ou la brusquerie de la mise en train, par les à coup dans la direction, par l'impatience de la conclusion il nous semble reconnaître une idée qui naît, qui se cherche, qui s'efface. Pour exprimer des idées aussi spéciales que celles qu'exprime un coup de pinceau ou une harmonie de tons, la langue de la conversation courante riscjue, malgré l'habileté qu'on y a|)porte. de paraître un peu morne ; aloi's il cherche, il emploie un mot, i)uis ajoute un mot de sens analogue, et par une succession d'expressions qui s'approchent de plus en plus de ce qu'il veut nous dire, il finit
\v,\v nous faire (*om|)roiitlre oxacleincnl sa pons«H\ iDomo si la langiitMie lui a pas fourni lo mol exact, oi même dans son ardeur à viser cette pensée il nous obligre à la bien voir, beaucoup mieux que s'il l'avait seulement dosifi^née d'un terme unique qui eût vAé le terme pro|)re. El cette chasse à l'expression sug'j^'estive se fait sans elVorl. avec l'élan et la verve d'uue causerie entraînante. La passion de l''i'omentin devient contag"ieuse ; nous nous échaulfons de son ardeur. Et n'est-ce pas le meilleur moyen pour se bien faire comprendre que de faire parta{?er son émotion ?
N'avez vous pas remarcjuo que l'on ne peut ouvrir L^'.9J/r////r.s d'ait/rpfo/s sans èlre entraîné i)ar le mouvement ; dès qu'on aborde un développement, on doit le suivre jusqu'au bout. Fromentin vous prend et vous emporte. Et constamment on entend sa voix ; ses considérations ne sont point d'un discoureur détaché et indifTérenl. 11 se reprend, il insiste ; il se r<''pète;il ponctue son dire d'énerg"iques « n'en doutez pas ». S'il vous suppose rétif, il s'écrie : « je vous mets au défi... » et quand il veut obtenir à tout prix votre assentiment, il s'arrête un peu essoufflé en disant : « je vous jure que c'est inexprimablement beau ! » Et qui resterait froid au contact d'une chaleur aussi comiminicative ? Cela n'est plus de l'art, ou tout au moins cela dépasse les besoins de la critique oi'dinaire. Le métier du critique serait bien difficile s'il lui fallait toujours témoigner unje telle ard<'ur et s'il devait, de toute nécessité, ('mouvoir son lecteur. Mais si Fromentin nous paraît primer parmi les critiques, ce n'est pas seub^nent parce qu'il y apporte la science d'un peintre, ce (jui n'est pas chose commune, mais c'est ainsi parcequ'il y montre ce don de la vie (|ui est celui du romancier. 11 y a dans Les Mfiitrrs ddul rrfois. la mém(^ vie ardente et profonde qui anime lé roman de l>())iii/ii</)i('. Ce li\ ic de ('riti(|ue sm- Hubens et les Hollandais e>l. |)res(|iie au uKMiie titre que Dominique, nn roman aulol)iogr"aplii(|ue. I><)tni/>i(/\u' est le rdinan de l'adolescence. Les Mailrt's <l' <nil rrfois sont le journal de son âge mûr. En lisant ces livres ex(|uis. on sent (|u'ils soiil des livres uni(|ues. j'entends des livres (|ue leur auteui' n'aui'ail pas reconnnenfé's. On ne se raconte pas deux fois. Ces pages ne sorït aussi ardentes, aussi |)assioini<''es. aussi (''mouvantes (|ue parce (|u'elles sont faites de la substance même de celui (jui les a écrites.
Louis IlolJUTICQ.
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