‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 103 sur 167 · LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

LA MONTAGNE

J'ai gravi lentement les pentes de la vie, Trouvant la route longue et marchant pas à pas. Mon âme, sans aller ni très haut ni très bas, Vécut à ses devoirs mollement asservie.

J'ai négligé des biens qui ne me trompaient pas, Et recherché des maux qui flattaient mon envie; Épris de la beauté, que l'amour purifie.

J'ai connu les regrets, les larmes, les combats!

Je suis sur le sommet : je n'ai plus qu'à descendre. J'aperçois sous mes yeux le versant qu'il faut prendre. Stérile et dévasté comme l'âpre saison !

Les brumes de la nuit enveloppent la route,

Et je n'ai, pour guider mon pied qui cherche et doute.

Qu'une blanche lueur au bout de l'horizon !

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