LA MONTAGNE
J'ai gravi lentement les pentes de la vie, Trouvant la route longue et marchant pas à pas. Mon âme, sans aller ni très haut ni très bas, Vécut à ses devoirs mollement asservie.
J'ai négligé des biens qui ne me trompaient pas, Et recherché des maux qui flattaient mon envie; Épris de la beauté, que l'amour purifie.
J'ai connu les regrets, les larmes, les combats!
Je suis sur le sommet : je n'ai plus qu'à descendre. J'aperçois sous mes yeux le versant qu'il faut prendre. Stérile et dévasté comme l'âpre saison !
Les brumes de la nuit enveloppent la route,
Et je n'ai, pour guider mon pied qui cherche et doute.
Qu'une blanche lueur au bout de l'horizon !