‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 31 sur 167 · EXIGENCE · texte numérisé non relu

EXIGENCE

Qu'importe ce front pur en sa froide pâleur, Si nul chaste baiser n'y laissa son empreinte ! Et ces yeux, où je lis tant de volupté peinte, Qu'importe, s^ils n'ont pas pleuré sur le malheur !

Et ces doigts, si la main du pauvre, avec ferveur, N'a pas, dans une offrande, adoré leur étreinte 1 Et cette bouche enfin, si la vérité sainte N'a jamais fait parler tes lèvres ni ton cœur!

O femme ! femme belle autant qu'impérieuse !

Pour me faire adorer ta loi capricieuse.

Tes yeux versent la flamme, et ta lèvre le miel :

Mais, moi, je cherche une âme, une âme qui se livre ! Sous la beauté qui meurt, la beauté qui doit vivre ! Une âme pour la terre, — et déjà pour le ciel!

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