EXIGENCE
Qu'importe ce front pur en sa froide pâleur, Si nul chaste baiser n'y laissa son empreinte ! Et ces yeux, où je lis tant de volupté peinte, Qu'importe, s^ils n'ont pas pleuré sur le malheur !
Et ces doigts, si la main du pauvre, avec ferveur, N'a pas, dans une offrande, adoré leur étreinte 1 Et cette bouche enfin, si la vérité sainte N'a jamais fait parler tes lèvres ni ton cœur!
O femme ! femme belle autant qu'impérieuse !
Pour me faire adorer ta loi capricieuse.
Tes yeux versent la flamme, et ta lèvre le miel :
Mais, moi, je cherche une âme, une âme qui se livre ! Sous la beauté qui meurt, la beauté qui doit vivre ! Une âme pour la terre, — et déjà pour le ciel!