‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 75 sur 167 · MYSTICISME · texte numérisé non relu

MYSTICISME

Mon esprit, comme un somnambule.

Haute la crête des grands murs; Mes pas jamais ne sont plus sûrs Qu'au bord des toits où je circule.

Dans les ténèbres je vois clair :

Les yeux sont clos, l'âme est ouverte; Et j'avance à la découverte Dans la molle épaisseur de l'air.

Je ne vois rien que ma pensée, Qui me guide infailliblement, Et me fait poursuivre, en dormant, Ma promenade commencée.

Pour le péril plein de mépris, Je voyage de cime en cime.

Et je me penche surTabime, Et je regarde, — et je souris.

Les lois, les problèmes, les doutes.

Je les résous sans balancer ; Sur les gouffres, pour y passer.

Je me choisis d'étranges routes !

Dans les fentes de la cité, Qui, d'en haut, me sont apparues.

Tous les passants, au fond des rues, Semblent frappés de cécité.

Noyés dans leur ga'Z méphitique, Ils s'acharnent, sur le pavé, A chercher ce que j'ai trouvé Grâce à ma folle gymnastique!

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