MYSTICISME
Où les plus braves aiiraient peur, Je ne connais pas le vertige :
L'instinct secret qui me dirige Vient du ciel, et n'est point trompeur.
J'ai mis au feu mon dernier livre :
L'horizon en est trop étroit ; Et je suis monté sur le toit.
Pour respirer enfin, et vivre !
Je vole aux destins qui viendront, Comme un navire à pleines voiles.
Et je crois toucher les étoiles Dont la poussière est sur mon front !
J'entends à peine le murmure De la misère et de l'erreur, -Qui s'agitent avec terreur Sur cette fourmilière obscure.
Calme dans ma sécurité, Je berce ainsi ma vie entière, Rêvant au bord d'une gouttière, Quand le vide est à mon côté.
Mais surtout, dans ma somnolence, Ne m'éveillez pas, mes amis!
Je suis parmi ces endormis Qu'il faut laisser à leur silence ;
Je veux aller je ne sais où :
Mais, si vos voix troublaient mon somme.
Je tomberais comme un pauvre homme.
Et je me casserais le cou !