‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 97 sur 167 · L'AUBE DU MORT · texte numérisé non relu

L'AUBE DU MORT

Le réveil est affreux, quand l'aube matinale Perce la vitre humide et terne qui pâlit; Quand la ville retourne à sa tâche banale, Et qu'un jour inquiet se glisse jusqu'au lit.

Vers les rideaux tirés, qu'un mystère remplit, La vue avec effroi s'attache machinale ; En vain l'oreille attend quelque plainte finale : L'âme a fui : le travail inconnu s'accomplît.

On voudrait croire encor qu'un rêve se prolonge; Que de ces plis obscurs^ où l'œil stupide plonge. Une main va se tendre^ une voix va parler!

Non, ce n'est pas des nuits la lourde somnolence C'est le vide^ dont rien ne peut plus consoler ; C'est le froid du matin, c'est l'éternel silence !

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