‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portrChapitre 118 sur 121 · LE CODICILLE DE MAITRE MOSER · texte numérisé non relu

LE CODICILLE DE MAITRE MOSER

Et des Vosges au Rhin resplendir sa lumière ! Or, écoutez-moi bien. Je veux que vers la pierre Sous laquelle bientôt vous coucherez mon corps, Ceux que je vois ici, ceux qui vivront alors, Quels que soient la saison, le temps, le jour et l'heure, Sans tarder un moment, laissant là leur demeure, Accourent haletants; puis, l'aîné d'entre vous, — Peut-être il sera seul ! — se mettant à genoux, Sur mon petit tombeau se penchera, s'il m'aime; Et, des lèvres, pressant la terre à l'endroit même Où posera ma tête, et, m'appelant trois fois : « Moser! » de tout son cœur, de sa plus forte voix. Sans me raconter rien, et sans phrase banale, Sans comment ni pourquoi sur la crise finale, Soulevant d'un seul cri le poids qui m'étoufifaît, Me dira simplement : « Moser! Moser! C'est fait! »

Gérardmer, 1880.

LE GRAND OCTOGENAIRE'

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