FLEURS D*ORANGE
Lui trouve le front soucieux; ' Elle est la, farouche/ isolée, Et la vue aux glaces collée, Avec un rêve dans les yeux.
On dirait qu'elle a pris racine
Devant l'objet qui la fascine
£t la force à s'humilier !
La foule passe : elle demeure ;
Elle oublie et le froid et l'heure :
Elle voudrait tout oublier! k
Mais ce ne sont pas ces merveilles, Ces bouquets à braver les veilles.
Ces fleurs peintes qu'on croit cueillir, Ni le feuillage, ni la gerbe, Ni la perle sur un brin d'herbe, Qui, tout bas, la font tressaillir!
Elle regarde, elle se penche :
Sur un coussin de moire blanche, Qu'un globe de cristal défend.
Fleurit la couronne sans tache.
Et le bouquet blanc qu'on attache Au sein virginal d'une enfant!
82 POEMES POPULAIItES.
Et la pauvre fille est jalouse ; Elle se mesure à l'épouse :
Et c'est le cœur épouvanté Qu'elle couve, d'uu œil étrange, La couronne de fleurs d'orange, L'auréole de pureté!