‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portrChapitre 52 sur 121 · A MADAME ALPHONSE DAUDET · texte numérisé non relu

A MADAME ALPHONSE DAUDET

Au fond du parc, près de l'étaDg, Un petit être rose et blanc,

Dans l'herbe joue ; Couvant des yeux son séraphin, La mère de baisers sans fin

Rougit sa joue.

Depuis le matin, sans ennui, Elle est assise auprès de lui.

Rêve et l'admire;

l'eau qui dort. 145

L'étouffé en riant sur son sein, Ou rincline vers le bassin, Pour qu'il s*y mire.

« Regarde, enfant, regarde encor, Dans le miroir de Feau qui dort,

Ce doux visage !

Sais-tu quel est ce front charmant.

Qui prête son rayonnement

Au paysage?

« Vois-tu paraître, en t'approchant, Du clair azur se détachant,

La tête blonde?

Pour ternir ce portrait connu, Il suffirait de ton pied nu

E ffleurant. l'onde .

« N'est-ce point un frère jumeau Qui vient vers toi du fond de l'eau,

En sens contraire?

Tiens, penche-toi sur son chemin; Fais-lui signe, tends-lui la main.

Au petit frère !

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