II
27(k pendant la guerre.
C'est la guerre! Partez!... Non, ce n'est pas un jeu!...
Il se lève.
Je vais mieux, je vais bien!... A moi de vous défendre!
II prend soa épée, s'apergoit qu'il est trop faible, et s'appuie sur son lit.
LA JEUNE FEMME
Ami, VOUS seul ici me causez de l'effroi.
Nul ne peut violer ce seuil sans sacrilège ;
Le pavillon qui Hotte au dehors nous protège :
C'est le pavillon neutre, il veillera sur moi!
Couchez-vous... Votre main de sueur est trempée.
Il n'est pas temps encor de reprendre l'épée...
Elle l'oblige à se rasseoir, et reprend sa mante, dont «lie s'enveloppe.
LE BLESSÉ
Ainsi vous me quittez ?
LA JEUr«E FEMME
D'autres veulent mes soins.
Adieu !
LE BLESSÉ
Mais votre nom, laissez-le-moi du moins!
LA JEUNE FEMME
A quoi bon ?
LE BLESSÉ
Je pourrai le redire à ma mère.
Elle VOUS doit son fils et vous lui serez chère... Puis moi-même bien mieux je pourrai vous bénir!
LA JEUNE FEMME
C'est inutile... Adieu! Qu'importe un souvenir,
Qu'importe un nom de plus au fond de la mémoire !
La charité n'a point de noms dans son histoire.
Une simple prière est tout ce que je veux.
Vous souffreZ) je guéris : c'est assez pour tous deux
Le reste ne serait que vaine rêverie !
Des pures régions ne redescendez pas :
Nous n'avons, vous et moi, qu'un seul nom ici-bas :
Vous êtes le Courage, et je suis la patrie !
Elle sort; il la suit des yenx.
Octobre 1810,