‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portrChapitre 92 sur 121 · BON JOUR, BON AN · texte numérisé non relu

BON JOUR, BON AN

A nous l'honneur, à toi la honte, Vieille Europe à trembler si prompte, Si lente lorsqu'il faut agir !

Pour ton châtiment, sois muette!

C'est le rôle qu'on te souhaite :

Et rougis, — si tu peux rougir !

Et toi, France, France adorée.

Sois guérie et régénérée.

Pour avoir saintement lutté !

Puisses-tu renaître plus grande.

Toi dont le sang pur est rofiFrande Que tu fais à la liberté !

Tu peux saigner; mais ta blessure Qu'un ennemi cruel pressure.

Est plus noble que son acier :

Tu peux tomber : tu te relèves Plus forte, pour briser les glaives, O peuple, entre tous, justicier!

Tu prolongeais un culte impie :

Mais l'erreur des pères s'expie !

Où sont les coups que tu frappais?

Hélas ! ne parlons plus de gloire !

Il faut recommencer l'histoire Dans la majesté de la paix !

Comme autrefois, éclaire encore; Travaille au droit qui s'élabore ; Et fais un jour pâlir d'horreur Ceux qui reçoivent et qui donnent, Au bruit des obusiers qui tonnent, Des diadèmes d'empereur!

Des empereurs! Quelle démence!

Allemagne, ton tour commence :

C'est la revanche de Sedan !

C'est bien toi qui l'auras voulue !

— Et maintenant, je vous salue.

Et je vous dis : (c Bon jour, bon an ! »

Janvier 1811.

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