CONCLUSION
Eugénie de Guirin est le modèle de la femme catholique. — Il faut opposer son n génie n à ceux qui affirment que l'enseignement chrétien convient aux simples d'esprit. — Opposer son zèle d'apôtre et ses vertus à nos mondaines indifférentes et inactives. — Eugénie est une sainte qui sera cajionisée bientôt. — Demandons lui de régénérer la famille et la femme françaises.
La voici, absolument complète, l'existence de la vierge exquise du Cayla.
Depuis le berceau jusqu'à la tombe, pas une faute, pas une tache à relever dans cette noble vie.
Ah ! Eugénie de Guérin est bien le véritable modèle de la femme catholique dans sa pureté, dans sa simplicité, dans son humilité, dans sa piété et dans sa charité.
Aux détracteurs de ces douces vertus chrétiennes, aux superbes qui osent affirmer
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qu'elles ne peuvent être que l'apanage des simples d'esprit, j'oppose ici ces lettres toujours délicieuses, souvent sublimes et ce journal unique dans sa noble simplicité.
Oui, la chrétienne qui filait la laine et qui étendait son linge, la châtelaine qui priait et soignait les malades fut en même temps une grande artiste, un écrivain génial qu'on met au-dessus de George Sand et de toutes les femmes de son temps. Prouvant, après les primitifs, que la pureté et la foi sont les plus nobles sources des inspirations artistiques.
Pour les femmes de notre triste époque, pour les jeunes filles de notre aristocratie décadente, j'ai voulu surtout mettre en lumière la pêcheuse d'âme, la femme énergique et volontaire dans le bien, qui à force de ténacité dans la prière et dans l'apostolat a ramené à Dieu, a arraché au mal deux belles âmes perdues sans retour sans l'œuvre divine de cette admirable chrétienne.
Le libéralisme, la tolérance religieuse, ces mots pompeux sous lesquels les femmes d'à présent dissimulent leur abstention dans la lutte pour Dieu n'étaient pas connus de l'ardente et passionnée Eugénie.
Il fallait faire voir à cette génération, lui rappeler ce que doit être dans le foyer, une véritable apôtre chrétienne, la montrer uniquement préoccupée de cette autre vie, le seul bien désirable pour qui croit en la parole de Jésus.
La pratique religieuse ne suffit pas à la femme catholique, l'action, l'œuvre d'apostolat, dans le foyer d'abord, et dans le monde ensuite, est indispensable pour plaire à Dieu, pour lui obéir et pour faire son salut.
Ce livre que je désire voir dans les mains de toutes les jeunes chrétiennes tend à faire imiter cette vierge d'exception.
Aussi l'auteur s'est-il volontairement effacé, laissant parler l'éloquente Eugénie par ses lettres, par son journal dont il a cité les plus beaux passages.
En France, on commence à connaître l'Antigone chrétienne, mais dans l'Europe, dans le monde entier son nom est célébré par tous, en Angleterre elle a de fanatiques admirateurs. A Andillac, dans tout le Tarn, on la tient pour bienheureuse et l'on vient de loin prier sur son tombeau. Elle aura, je l'espère, des autels car à Rome elle est de celles que le Souverain Pontife honore profondément et, s'il
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faut des miracles pour mériter la canonisation, la conversion de Maurice et celle de Barbey d'Aurevilly doivent être considérées comme tels.
D'autres miracles se feront, je l'espère, car il n'est pas de livre plus réconfortant que le journal de la pieuse vierge, et, en faisant connaître la vie sans tache d'Eugénie de Guérin, nous avons fait une œuvre de piété, une œuvre d'amour pour cette servante du Christ, qui d'abord nous aura été profitable à nous-même.
Rome, le 25 mars 1907.