‹ Eugénie de Guérin intimeChapitre 2 sur 19 · LETTRE -PREFACE · texte numérisé non relu

LETTRE -PREFACE

DB

François COPPÉE

DE l'académie française

Paris, le 19 Mai 1907.

Monsieur,

De la vie d'Eugénie de Guéiin, que vous nous contez avec une touchante piété et des fragments de ses écrits que vous avez su choisir avec un goût délicat, avec un instinct d'abeille, il s'exhale le plus suave des parfums ^ j'oserai presque écrire une odeur de sainteté.

Je lai respirée avec délices. Dans ma jeunesse, quand j'avais le malheur de vivre sans préoccupation religieuse, j'avais mal lu,

VIII LETTRE-PREFACB

mal compris^ Eugénie de Guérin. Grâce à vous, je connais et f admire à présent cette âme exquise^ sa foi profonde et,poiir ainsi dire ^ contagieuse, ses poétiques élans devant la nature et — ce qui m'émeut plus que tout^ ayant vécu auprès d'une excellente sœur aînée qui ne me quitta jamais — son amour infini pour son frère Maurice.

Linfluence si bienfaisante d'Eugénie de Guérin sur Barbey d'Aurevilly m'a aussi tout particulièrement intéressé. Car je fus iniimement lié, pendant la dernière période de sa vie, avec ce mâle penseur^ ce grand écrivain^ ce parfait gentilhomme que ses jeunes amis appelaient le Gonnclable de la littérature. Souvent il a parlé devant moi — avec quel accent de respect et de douce mélancolie — de sa noble amie, de la grande chrétienne qui l'avait transformé, lui, le dandy byronien et impie, en un croyant inébranlable^ en un intrépide défenseur du catholicisme.

Merci donc et grand merci, Monsieur, de m^ avoir communiqué votre admiration pour

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