‹ Eugénie de Guérin: journal et fragmentsChapitre 27 sur 32 · II · texte numérisé non relu

II

... A propos d'enfants, tu yeux savoir où j'en suis de mes Enfantines. Pas bien loin, mon ami ; les difficultés m'arrêtent, quoique j'aie toujours en moi l'inspiration pour cette œuvre qui me semble bonne. En effet, il n'existe pas de poésie pour les enfants, de cette poésie pure, fraîche, riante, délicate, céleste comme leur âme, une poésie de leur âge. Celle qu'on met entre leurs mains est presque toujours au-dessus de leur portée et n'est même pas sans danger, comme les fables de La Fontaine. J'en retrancherais plusieurs du recueil pour le premier âge, à qui est dû tant de révérence. Les enfants sont les anges de la terre; on ne doit leur parler que leur langue, ne leur créer que des choses pures, peindre pour eux sur l'azur. La religion, l' histoire, la nature offrent de riches tableaux, mais qui sera le "Raphaël?

En attendant, voici un échantillon des Enfantines. Petite fille, je me figurais qu'un ange présidait à nos jeux. Je l'appelais Fange Joujou. Cette idée riante, je l'ai mise en vers.

1. Tout ce qui suit a été extrait d'un cahier rédigé par M 11 * de Gaérin Ttrt 1841, qu'elle avait apporté du Cayla lors de son dernier voyage à Paris, avec l'intention vague de l'insérer peut-être dans le recueil des œuvres posthumes d e Maurice ou de le laisser imprimer séparément, mais toujours en souv enir de lui et pour l'honneur de sa mémoire. Sauf les premières et les dernières p âges, qui paraissent empruntées à des lettres écrites par la sœur à son frère p endant le séjour de celui-ci en Bretagne, ce n'était qu'une reproduction sou v ont littérale, par endroits un peu châtiée, du II* cahier, que nous avons prér éré mettre à son rang dans la suite du Journal et sous sa forme primitive. Nous a vons seulement tenu à reproduire ici les passages qui ne se trouvent point

illeurs, et, à la date du 27 mai et du 21 août 1885, deux variantes qui nous ont

emblé offrir un véritable intérêt littéraire.

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