JUSTIN MAURICE
C'est Li plus douce chose, la plus de mon goût que j'aie trouvée depuis que je suis ici. Aussi je m'en empare. S'il fait beau, je partirai ce soir. Cette idée
D'EUGÉNIE DE (ÎIÉRIN. 73
m'enchante, je verrai papa, Minrii : la douce chose qu'un retour!
[Sans date.] M'y voici à ce cher Gayla, et depuis plusieurs jours, sans te le dire. C'est que j'avais mis mon cahier sous un tapis en le sortant de mon portemanteau, et qu'il était là depuis. En tripotant, ma main s'est posée dessus; il s'est ouvert, et je continue l'écriture. Ce fut un beau moment que le revoir de la famille, de papa, de Mimi, d'Érembert, qui m'embrassaient si tendrement et me faisaient sentir si profond tout le bonheur d*étre aimée.
Ce fut un beau jour hier; il nous vint quatre lettres et deux amis, M. Bories et l'abbé F. . . , le frère de Cécile. Je ne sais qui des deux nous fit le plus de plaisiret fut plus aimable, l'un par l'esprit, l'autre par le cœur. Nous avons causé beaucoup, nous avons ri, bu à nos santés, et, pour fin, nous sommes mis à jouer au passe-l'âne, comme des endiniSy en nous trichantl'un l'autre. Point de sérieux du tout, c'était un jour de détente où l'àine se met à l'aise en conservant son pli; c'était gaieté de prêtre et d'amis chrétiens.
Comme nous étions au dessert, deux lettres nous sont venues, l'une de Lili, l'aulre de ce pauvre Philibert*, toujours plus malheureux. Sa lettre fend le cœur; j'en ai fait la lecture à table, et j'ai vu des larmes dans les yeux de nos bons curés. M. Bo-