AVERTISSEMENT
Le Journal de M"^ de Guérin n'est malheureusement pas complet. Trois cahiers ne nous sont point parvenus : ils ont été égarés sans doute avec toutes les lettres adressées par la sœur à son frère. Nous publions les douze autres cahiers tels qu'ils ont été remis en nos mains par M. Auguste Raynaud au nom de M^^** Marie de Guérin, qui nous permettra de lui témoigner ici notre éternelle reconnaissance pour la haute confiance dont elle nous a honoré. Nous en avons seulement réservé, pour nous conformer au juste désir de la famille, un petit nombre de passages d'ailleurs très-courts et d'un médiocre intérêt littéraire, où des personnes qui vivent encore étaient désignées trop directement, et qu'il sera facile de rétablir dans les éditions postérieures, dès qu'on le pourra sans blesser les convenances.
Le Journal est suivi de quelques lettres également remplies du souvenir de Maurice. C'est pourquoi nous les avons choisies parmi toutes celles qui nous ont été communiquées. Il en existe un nombre considérable. Autour de M^*^ de Guérin, parents, amis, et quelquefois même des étrangers, tout le monde voulait avoir de ses lettres. On y trouvait une joie pour Tesprit, un trésor pour l'âme. Elle ne savait pas se défendre de telles demandes, et ce n'était pas trop de la facilité merveilleuse dont elle était douée pour suffire à l'activité d*une telle