AVANT-PROPOS LITTÉRAIRE
Le volume que nous offrons aujourd'hui au public constitue le second recueil des Œuvres quériniennes dont nous avons entrepris l'édition. Il fait suite aux deux tomes des Lettres d'Eugénie de Guérin à Louise de Bayne, que nous avons fait paraître en 1924 et 1925 et que le public a daigné accueillir avec tant de bienveillance.
Ce nouveau recueil comprend tout ce qui, à notre connaissance, subsiste des Lettres d'Eugénie de Guérin à son frère Maurice.
Malheureusement, ce reste est loin de représenter la correspondance intégrale de la sœur à son frère. En dehors des 33 lettres ou fragments que nous publions, bien d’autres lettres ont été envoyées par Eugénie à son « bien-aimé » Maurice. Une simple statistique peut en fournir la preuve. En compulsant les nombreux documents guériniens qui sont passés entre nos mains, nous avons trouvé mention, ici ou là, pour les années 1824 à 1831, de vingt-quatre lettres d'Eugénie à Maurice. ‘Or, notre collection, pour la même époque, n’en contient que dix. Il en manque donc quatorze, les trois cinquièmes environ. Si l’on veut bien considérer, de plus, que plusieurs n'ont été l'objet d'aucune allusion, il ne semble pas téméraire d’affirmer que le présent recueil renferme seulement le tiers des lettres d'Eugénie à Maurice.
Pourquoi ces manques ? Comment cette partie de la correspondance guérinienne est-elle si incomplète, alors que dans certaines autres les pièces absentes sont l'exception ? C'est ce qu'il paraît utile de dire tout d'abord.
Serait-ce parce que Maurice n'a pas conservé avec tout Île